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A Little Night Music – Les sourires de la nuit

Le dimanche 1 avril 2001 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

A Little Night Music ©DR

A Little Night Music ©DR

Une comédie musicale américaine de Stephen Sondheim (paroles et musique) et Hugh Wheeler (livret) d’après le film d’Ingmar Bergman Sourires d’une nuit d’été.

Création

A Broadway le 25 février 1973 au Shubert Theater (601 représentations).

A Londres le 15 avril 1973 à l’Adelphi Theatre (406 représentations).
Jeremy Irons a repris, du 7 au 29 mars 2003, le rôle de l’avocat Fredrik Egerman dans une production du New York City Opera.

Principales chansons
Overture – Night waltz – Now, later, soon – The glamorous life – Remember ? – You must meet my wife – Liaisons – In praise of woman – Every day a little death – A weekend in the country – The sun won’t set – It would have been wonderful – Perpetual anticipation – Send in the clowns – The Miller’s son – Finale (reprise of Send in the clowns et Night walltz)

Synopsis
Durant un week-end dans la superbe propriété suédoise de Mme Armfeldt, des couples vont se défaire, se réunir, dans une comédie romantique acerbe. Désirée, l’actrice, désire faire sa vie avec son ancien amant, l’avocat Fredrik Egerman, actuellement l’époux d’une jeune vierge Anne. Cette dernière est éprise, sans le savoir, de Henrik, le fils de son mari. Henrik, austère, désire connaître les plaisirs de la chair avec la bonne Petra, qui tombe amoureuse d’un maître d’hôtel. Enfin, Charlotte, amie d’Anne et épouse de Carl-Magnus, un militaire actuel amant de Désirée, veut reconquérir son époux. Tout se remettra en place grâce aux stratagèmes conjugués des uns et des autres, et avec l’aide des sourires magiques d’une nuit d’été…

Le thème
La vie qui passe, les passions qui s’émoussent ou qui s’éveillent en fonction des générations, le tout en suivant une carte du tendre accidentée (mais dans laquelle le hasard n’a que peu sa place), répondant aux différents sourires d’une nuit d’été. Le premier sourire est destiné aux jeunes insouciants, le second aux inconscients, qui savent trop peu, et le troisième aux anciens, qui en savent trop. Une oeuvre d’un grand raffinement, écrite par ses auteurs dans un style volontairement européen.

L’histoire derrière l’histoire
Après Follies, échec commercial mais succès critique, Stephen Sondheim cherche une oeuvre à adapter, avec son complice Harold Prince. Comme il avoue ne pas lire beaucoup, il voit des films et pense à un moment à La règle du jeu de Jean Renoir. Mais son attention se focalise sur une comédie romantique d’Ingmar Bergman : Sourires d’une nuit d’été, qui obtint en 1956 le prix de « l’humour poétique » au Festival de Cannes. Ce film est lui-même inspiré de la pièce de Shakespeare Songe d’une nuit d’été. Notons, pour la petite histoire, que la sublime Eva Dahlbeck, interprète de Désirée, chante à deux reprises dans le film. Bergman accepte de céder les droits de l’oeuvre (à l’exception de son titre). Hugh Wheeler, d’origine britannique, se colle à l’intrigue. Il étoffe le personnage de la mère de Désirée et ajoute un personnage féminin : l’enfant de la diva n’est plus un bambin du nom de Fredrik, mais une adolescente : Frédérika. Le livret s’articulera autour de ce trio féminin, à trois âges de la vie. Le chiffre trois revient à plusieurs reprises puisque les trois temps de la valse sont favorisés par le compositeur, et que la nuit sourit trois fois… Un quintet, sorte de choeur antique, illustrera la satire en permettant au spectateur de bénéficier d’un certain recul.

Séduit par le travail de Sondheim, Bergman développera un temps un projet avec lui : l’adaptation de la Veuve joyeuse avec Barbra Streisand. Hélas, ce film ne verra jamais le jour.

A Little Night Music a remporté, en 1973, des Tony Awards pour la meilleure comédie musicale, la meilleure musique, la meilleure actrice (Glynis Johns), la meilleure actrice dans un second rôle (Patricia Elliott), le meilleur livret et les meilleurs costumes (Florence Klotz).

Harold Prince tirera un film avec Elisabeth Taylor et Diana Rigg. Hélas, malgré le faste déployé, l’alchimie ne prend pas et le film est raté.

« Send in the clowns » est devenue la chanson de référence de Broadway. Ses paroles mélancoliques (Désirée pense que ses manigances pour reconquérir Fredrik échouent), permettent de libérer toute une palette de sentiments contrastés. La chanson se termine par ailleurs par un hommage aux acteurs, présentés ici comme des clowns (mais tristes) « Applause for the clowns, they’re finally here », rappelant que tout n’est que comédie (musicale), le reste n’a guère d’importance… Tous les grands artistes ont interprété ce titre, ou l’interprèteront un jour. Un emblème.

Versions de référence
Le casting original de Broadway (1973)(Sony SK 65284). Un must.

Le casting londonien original (1975) (RCA Victor 5090-2-RG)
L’anglaise Hermione Gingold, que l’on a vue dans Gigi de Minnelli, campe la mère de Désirée tout comme à la création à Broadway, d’une manière magistrale.

Version londonienne du Royal National Theatre (Tring 001, 1996) avec Judi Dench, splendide dans le rôle de Désirée, Siân Phillips dans le rôle de sa mère, et Lambert Wilson dans celui du comte Carl-Magnus Malcolm. Une mise en scène inventive et un enregistrement captivant.

Enregistrement studio (TER CDTER 1179), avec des participants comme Siân Phillips et Elisabeth Welch.

Version jazz pour piano seul. Terry Trotter (Varèse Sarabande, VSD 5819). Une nouvelle lecture de l’oeuvre très réussie.

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