La comédie Musicale "Roméo et Juliette"
- Nouvelle Version - est de retour à Paris du 2 Février au 4 Avril 2010
  La troupe "Roméo et Juliette"
est de retour à Paris
du 2 Février au 4 Avril 2010
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Critique : Alexandra David-Néel, Mon Tibet

Le Mercredi 3 février 2010 à 11 h 11 min | Par Stéphane Ly-Cuong | Rubrique : Critique, Spectacles divers

Lieu : Petit Montparnasse, 31 rue de la Gaité, 75014 Paris, M° Gaité
Dates : Depuis 19 janvier 2010
Horaires : Du mardi au samedi à 21 h, le dimanche à 15 h
Tarifs : 36 €
Informations supplémentaires : 01 43 22 77 74

mon-tibetUne pièce de Michel Lengliney
Avec Hélène Vincent et Emilie Dequenne
Mise en scène de Didier Long

Personnage culte et pourtant relativement peu connu du grand public, Alexandra David-Néel (1868-1969) fut une femme hors du commun. Exploratrice, chanteuse lyrique, féministe, auteur, orientaliste, elle se rendit particulièrement célèbre dans les années 20 en étant la première femme blanche à avoir pénétré dans la ville de Lhassa, au Tibet.
Quarante ans après sa mort, l’auteur Michel Lengliney se penche sur les dernières années de David-Néel, lorsque celle-ci, installée dans sa maison de Digne, n’a plus la force physique de voyager. C’est alors que Marie-Madeleine Peyronnet, de soixante ans sa cadette, devient sa secrétaire, dame de compagnie et confidente.

Si le concept peut sembler classique et rappelle tous ces face-à-face théâtraux opposant deux personnages de caractère très différent finissant par s’apprivoiser (on pense par exemple à Quelque part dans cette vie, Miss Daisy et son chauffeur ou encore Visites à Mr Green), la pièce de ne se contente pas d’aligner des scènes de conflits et des joutes verbales. Ici, la passionnante personnalité de David-Néel, son charisme, sa sagesse, imprègnent le texte et y ajoutent une dimension humaine et philosophique, ainsi qu’une réelle originalité. De fait, on apprend énormément sur la vie de cette femme – ses périlleux voyages, ses combats précurseurs – sans jamais tomber dans une lourdeur didactique.

Hélène Vincent habite complètement son personnage, donnant vie à ses convictions et ses fêlures avec une incroyable force et une touchante sincérité. Qu’elle soit odieuse ou vulnérable, ironique ou nostalgique, elle fascine.
Face à elle, Emilie Dequenne apporte fraîcheur, légèreté et innocence en interprétant une Mlle Peyronnet, tout droit débarquée d’Algérie, et happée dans l’univers dense de l’exploratrice. Drôle, charmante, mais également piquante et obstinée, elle est un délicieux contrepoint à l’austérité de David-Néel.
D’affrontements en complicité, les deux femmes tissent le fil d’une relation riche et unique, basée sur une entente tacite. Didier Long a dirigé ses comédiennes avec finesse et l’alchimie fonctionne parfaitement.
Ce joli moment de théâtre est à la fois un voyage géographique et philosophique, ainsi qu’une leçon de sagesse.

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