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Alexis Loizon, un Français chez la Belle

Le mardi 21 mars 2017 à 16 h 33 min | Par | Rubrique : Rencontre

Alexis Loizon (c) DR

Alexis Loizon (c) DR

Alexis Loizon, comment un comédien français se retrouve dans La Belle et la Bête ? Avez-vous auditionné ?
C’est un peu particulier parce que je n’ai pas eu à auditionner. Bill Condon, le réalisateur est venu voir le spectacle, La Belle et la Bête, à Mogador. Il a tenu à me voir à la fin du spectacle, il m’a félicité pour mon travail et m’a proposé un rôle dans le film, donc je n’ai pas eu tout le processus d’auditions… Lorsque j’étais chanteur sur la tournée de Holiday on Ice, l’agence de casting m’a appelé pour me dire que Bill voulait que je sois dans le film et que les répétitions commencaient la semaine suivante. Stage Entertainment [qui produit Holiday On Ice] a été formidable et a aménagé mon calendrier pour que je puisse assister à toute la période de répétitions. J’étais très excité mais aussi très pris pas mes problèmes d’emploi du temps. Puis, petit à petit, quand j’ai réalisé que j’allais vraiment participer au film, j’ai été très intimidé. A ce stade là, je connaissais déjà tout le casting et j’étais impressionné à l’idée de travailler avec ces gens là. De plus, on ne savait pas à quelle allait être la place de l’ensemble mais tout s’est fait naturellement et j’étais vraiment ravi.

Pouvez-vous nous parler du processus de répétitions ?
Ça a été extrêmement précis… et long. Il y avait deux mois de répétitions, ce qui est énorme pour un film. Pour le spectacle, par exemple, on savait qui faisait quoi, on recréait quelque chose qui avait déjà été fait dans d’autres pays. Là, c’était différent, il y avait un travail de création et chaque personne devait faire quelque chose de très précis à l’écran. Le réalisateur venait régulièrement regarder ce que le chorégraphe avait mis en place avec nous et il pouvait dire : « ça j’aime bien, on garde, ça je n’aime pas, etc ». Il y a aussi le fait qu’Alan Menken réécrivait la partition. Il coupait des choses, en rajoutait d’autres, et jusqu’à la fin, on ne savait pas combien de temps allait durer les numéros.

Ce n’était pas votre premier tournage ?
Non, mais c’était mon premier tournage de comédie musicale, mon premier gros film, mon premier en langue étrangère. Tout était nouveau pour moi !

Vous souvenez-vous de vos impressions lors du premier jour de tournage ?
Une fois les répétitions finies, les essais costumes effectués, il y a eu une pause de deux semaines. Puis, je suis revenu à Londres pour le tournage et là, les choses sérieuses ont commencé. On a commencé par la bataille dans le château, avec l’arrivée des villageois. Et c’était fantastique… On entrait dans cet immense hangar, les Studios Shepperton, avec plein de couloirs, puis on traversait un passage et on arrivait dans le château : on avait vraiment l’impression d’être dans un vieux château ! J’adore regarder les making of des très grandes productions comme Le Seigneur des anneaux ou les films Marvel pour voir l’envers du décor. Et là je le vivais pour de vrai, c’était assez émouvant.

Comment travaille Bill Condon ? Quel type de réalisateur est-il ?
Bill Condon est extrêmement patient. Je ne l’ai jamais vu s’énerver. Il laisse place à l’instinct de l’acteur, il n’est pas dictatorial. On peut proposer des choses et s’il est un peu sceptique, on tourne plusieurs versions. En tout cas, il a gardé pas mal de choses qu’on avait proposées durant les répétitions de la scène de la taverne. Je l’ai trouvé très ouvert et à l’écoute. Il instaure une relation de confiance.

Est-ce que c’était troublant de jouer dans la version film d’un spectacle que vous avez joué ?
C’était troublant et nostalgique à la fois car ça ne faisait pas si longtemps qu’on avait arrêté le spectacle à Mogador. Quand j’ai commencé, c’étaient les répétitions musicales pour le numéro « Gaston ». Ca a ravivé beaucoup de souvenirs en moi. Ca m’a permis aussi de ne pas être à la traîne car je connaissais déjà toutes les voix. Quand Luke Evans est arrivé, il savait que j’avais fait Gaston et tout de suite, il est venu vers moi et on a parlé du rôle. Je n’ai pas du tout cherché à comparer nos interprétations car ce sont deux supports différents, deux écritures différentes. Mais ça m’a fait quelque chose de le voir en costume. A ce moment là, j’ai oublié que j’avais joué dans le spectacle ; j’étais le petit garçon qui connaît le dessin animé par cœur et voit Gaston en vrai ! J’étais très ému.

Aujourd’hui, quel souvenir gardez-vous du tournage ?
Sur le moment, c’était dur d’avoir du recul. On était dans une telle frénésie de travail, les journées étaient très longues, on essayait surtout de tenir le coup, d’être rigoureux… Je me rendais compte que j’étais avec la crème de la crème du West End : tous les villageois sont des premiers rôles de Wicked, Les Misérables, Chicago… Ce sont des gens que j’admire et tout ce que j’espérais était d’être à la hauteur et je me poussais au maximum chaque jour. Avec le recul, je me dis que si c’était à refaire, je ne changerais rien car tout s’est passé de façon formidable. Le souvenir que j’en garde est que tout le monde était très heureux, avec une belle synergie.
Mon rêve quand j’étais gamin, c’était de tourner dans des films qui me faisaient rêver. J’ai accompli ça avec La Belle et la Bête. Quand j’ai vu le film à Los Angeles ou à Paris, j’étais comme un gamin. J’avais complètement oublié que j’avais joué dedans. Il y a des chansons, les acteurs sont magnifiques, les effets spéciaux, les décors sont superbes… c’est un film qui fait rêver !

La Belle et la Bête de Bill Condon. Sortie le 22 mars 2017.
Lire notre critique du film.

 

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