Recherchez

Alyssa Landry – Jusqu’aux dents

Le samedi 1 novembre 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Alyssa Landry dans Jusqu aux dents ©Olivier Vadrot

Alyssa Landry dans Jusqu

L’idée originale de Jusqu’aux dents vient d’Emanuel Lenormand. Racontez-nous comment tout a commencé…
Je connais Emanuel depuis très longtemps. Nous nous sommes rencontrés chez Disney, où il est l’un des directeurs artistiques. Je jouais dans un spectacle de théâtre de rue qu’il avait mis en scène. C’est quelqu’un de très créatif et j’avais envie d’écrire avec lui. Pendant quelque temps, nous avons cherché un bon sujet, puis je suis tombée enceinte et il a alors eu l’idée de la grossesse. Je lui ai raconté toutes les anecdotes liées à la grossesse, la mienne comme celles de mes amies… Et nous nous sommes lancés. Nous sommes très complémentaires : il lançait des idées et moi je creusais chaque chose. La co-écriture s’est imposée d’elle-même.

Où avez-vous trouvé l’inspiration ?
Nous avions avant tout envie d’aborder la grossesse plutôt à travers un angle « deuxième degré ». Notre but premier était de créer un spectacle de divertissement drôle. Je pense que le public a vraiment besoin de rire et de sortir de son quotidien. Emanuel est parti des expériences de ses frères et soeurs et moi, je me suis inspirée de ma propre expérience. Ma fille Anna avait trois mois lorsque nous avons commencé à écrire. Mes souvenirs étaient frais…

En combien de temps le spectacle a-t-il pris forme au niveau de son écriture ?
C’est assez drôle car l’écriture de ce spectacle a pris environ neuf mois ! En fait, tout a commencé (ou presque) grâce à une interview que j’ai donnée sur Regard en coulisse au moment où je jouais dans la comédie de Serge Valletti, Tentative d’opérette en Dingochine. J’ai cité Jusqu’aux dents dans les projets que j’avais en cours, et Matthieu Gallou m’a contactée, après avoir lu l’interview, pour me proposer de participer au prix SACD du festival Les Musicals de février 2007. Il fallait rendre notre copie en décembre pour les pré-sélections et nous étions déjà en novembre ! Nous nous sommes attelés à écrire le premier jet du livret, et nous avons enregistré les quinze minutes de musique en studio le jour-même où nous avons déposé le dossier !
Ensuite, nous avons continué à écrire la première demi-heure du spectacle pour le mois de février. Là, nous avons remporté le prix SACD et nous avons décidé de rester dans cette énergie pour finir le spectacle et le présenter en juillet. Les Musicals ont été un vrai moteur pour l’écriture de ce spectacle. Il a fallu respecter des échéances et nous avons pu nous appuyer sur les réactions du public pour le peaufiner. Un vrai luxe !

Thierry Boulanger a écrit les musiques. Comment avez-vous travaillé ensemble ?
Je pourrais décrire notre façon de travailler comme du ping-pong. Nous remettions le texte à Thierry et nos échanges commençaient. Il nous disait ce qui devait changer, comme le nombre de pieds ou les accents toniques des paroles, bref toutes les exigences musicales. Thierry a un don que j’adore. Il a l’art non seulement de mettre en musique les mots mais en plus d’en faire ressortir le sens. Quand il jouait sa musique sur le texte, le poids des paroles s’en trouvait immédiatement renforcé. Pour la chanson « Neuf mois », j’avais en tête le « Cell Block Tango » de Chicago. J’avais écrit : « coupable, non coupable, mea culpa ». Je lui avais expliqué mon intention et le rythme répétitif que j’imaginais, et quand j’ai écouté sa proposition, celle-ci allait bien au-delà de mon imagination.

Alyssa Landry, Angélique Rivoux et Amanda Fahey ©Olivier Vadrot

Alyssa Landry, Angélique Rivoux et Amanda Fahey ©Olivier Vadrot

Comment avez-vous choisi les comédiennes ?
Je n’ai pas organisé de casting. Nous avons pensé à elles dès que nous avons eu l’idée du spectacle. Angélique Rivoux, qui venait d’accoucher, et Amanda travaillaient également chez Disney. Je pense que ce choix a sûrement influencé notre façon d’écrire, car nous avons vraiment fait du sur-mesure selon leurs personnalités.

Après le prix SACD des Musicals, quel a été le parcours de ce spectacle ?
C’est toujours valorisant de recevoir ce genre de prix. Si aujourd’hui, nous reprenons le spectacle, c’est grâce au festival. En effet, Pascal Martinet, directeur du Vingtième Théâtre, avait vu la pièce lors des Musicals et nous a ainsi proposé de rejouer par la suite. Fleur Houdinière va mettre sur pied une tournée et nous allons profiter de rejouer pour inviter d’autres directeurs de théâtre à découvrir la pièce. Je reconnais que nous avons beaucoup de chance car tout s’enchaîne naturellement…

Avez-vous d’autres projets en tête pour 2009 ?
En dehors de la tournée de Jusqu’aux dents qui doit encore se préciser, je travaille beaucoup à l’écriture. J’écris actuellement les paroles d’une adaptation d’un classique en comédie musicale, et je viens de terminer l’adaptation en anglais de Panique à bord dans la perspective de le voir se monter aux USA. Du coup, je vais aussi m’atteler à traduire et adapter en anglais Jusqu’aux dents !

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : , ,

Laisser un commentaire