Recherchez

Alyssa Landry – Une Française de coeur

Le dimanche 1 juin 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Alyssa Landry ©DR

Alyssa Landry ©DR

Si le coeur d’Alyssa Landry est aujourd¹hui en France, cette talentueuse Américaine a parcouru le monde avant de se poser dans notre capitale. « Je suis née à Chicago, nous explique-t-elle. J’ai beaucoup voyagé parce que mon père était professeur de pensée politique chinoise. J’ai donc vécu à Taïwan et dans plusieurs villes des Etats-Unis avant d’atterrir dans la région de Boston. » Son amour pour la musique remonte à aussi loin qu’elle s’en souvienne. « J’ai toujours adoré chanter mais je n’ai pas du tout été baignée dans l’univers des comédies musicales. A la maison, on n’écoutait que de l’opéra. J’ai découvert la comédie musicale grâce à un professeur de musique qui nous a fait écouter Godspell. Ce fut mon premier disque. Puis, pendant toute ma scolarité, j’ai joué dans les comédies musicales de l’école, y compris à l’université. Mais comme je venais d’une famille intellectuelle, il était hors de question que la musique devienne un métier. J’ai donc commencé par étudier les langues pour devenir interprète mais je passais autant de temps à participer à des comédies musicales et à prendre des cours de danse qu’à mes véritables études. Je me suis dit alors que les langues ne me garantiraient pas un métier plus stable que la musique et j’ai donc décidé de changer de voie. »

Alyssa intègre alors le prestigieux Berklee College of Music à Boston. « Berklee apprend à gagner sa vie en tant que musicien, explique-t-elle. On travaille beaucoup en studio, on déchiffre, on apprend le répertoire pour les mariages, les bar-mitsva, on dirige des musiciens et quand on sort de là, on a tous les outils pour travailler tout de suite en tant qu’interprète ou musicien. »

Après avoir empoché son diplôme, Alyssa s’envole pour Paris, par amour, et commence à travailler dans le milieu musical. « Je faisais beaucoup de publicités et des choeurs pour des disques, se souvient-elle. J’étais également soliste à la Cathédrale Américaine de Paris. Grâce à ça, on m’a appelée pour faire une version concert de Porgy and Bess, puis le chef d’orchestre de ce concert m’a recommandée au chef d’orchestre de Cats qui cherchait des choristes. Et voilà comment je me suis retrouvée au Théâtre de Paris à faire des choeurs dans un bocal ! Ce fut ma première expérience en comédie musicale professionnelle, j’ai adoré mais ça s’est fini trop tôt ! »

Alyssa enchaîne alors avec une autre comédie musicale mythique : Les Misérables au Théâtre Mogador. « La dernière représentation reste un souvenir unique. On était tous sur scène pour la chanson finale, et partout à l’orchestre, il y avait des spectateurs avec des drapeaux rouges qui ont chanté avec nous. A la fin, on était tellement émus qu’on n’avait plus de voix et c’est le public qui a chanté pour nous. »

Alyssa retrouve ensuite des partenaires de Cats et des Misérables lorsqu’elle intègre la troupe de Roger Louret pour Les Années Tubes, à la télévision, et pour La Vie Parisienne à Bercy, où elle interprète le rôle de la Baronne. « C’était une expérience unique de jouer sur un plateau de 2500 m2 devant 15.000 personnes, dit-elle en parlant de Bercy. C’était tellement grand que ça me paraissait irréel. Même aujourd’hui, je n’arrive pas encore à réaliser ! »

Alyssa enchaîne alors avec une salle mythique aux dimensions plus humaines : les Folies Bergère, pour interpréter le rôle de Notre Dame des Lunes dans Nine de Maury Yeston. « C’est un des plus beaux spectacles que j’aie jamais faits, se souvient-elle. Rétrospectivement, en regardant des films de Fellini, j’ai été frappée par le nombre d’images felliniennes, et pas uniquement celles extraites de 8 et demi, que Saverio Marconi, le metteur en scène, avait intégrées dans le spectacle. C’était très agréable de jouer ce personnage fellinien, très stylisé, très extravagant parce que ça ne ressemblait vraiment à rien d’autre. »

Alyssa découvre ensuite un autre univers, celui de Laurent Pelly, pour C’est pas la vie ? créé au Festival d’Avignon en 2000. « Laurent a une vision tri-dimensionnelle qui m’a toujours épatée, explique-t-elle. On expérimentait des choses qui semblaient un peu étranges au départ, et qui au final, se révélaient évidentes, parce que Laurent a ce don de voir le tout dans son ensemble et d’y arriver par le détail. Le personnage que je jouais dans « Conservatoire », le tableau écrit par Agathe Mélinand avec une musique de Thierry Boulanger, est un des plus beaux cadeaux qu’on m’ait jamais faits. C’était un challenge de le chanter et de le jouer, car ce personnage était franchement antipathique, mais la façon dont Thierry a écrit la musique m’a indiqué comment le jouer. »
Alyssa incarne ensuite un autre personnage atypique, celui d’une femme très libérée dans Paradisco, le court métrage musical de Stéphane Ly-Cuong. « Quand Stéphane m’a dit que j’allais jouer une nymphomane, je n’étais pas très convaincue parce qu’on ne m’a jamais proposé de tels rôles. Mais je me suis tellement amusée sur le tournage que je suis presque arrivée à oublier ma petite robe léopard et ma culotte à paillettes. J’espère avoir d’autres opportunités de tourner dans des films musicaux, confie-t-elle. »
Aujourd’hui, Alyssa s’apprête à chanter ­ en français ­ le répertoire d’un auteur-compositeur qu’elle admire particulièrement : Stephen Sondheim. « J’aime l’adéquation parfaite entre les paroles et la musique, cette intelligence rare, explique-t-elle. Ca fait longtemps que je rêve de chanter du Sondheim en France et je suis ravie que cette occasion se présente enfin, surtout avec les brillantes adaptations d¹Alain Marcel et Stéphane Laporte. »

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : ,

Laisser un commentaire