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Amélie Munier – Une Rizzo au top !

Le jeudi 1 janvier 2009 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Amélie Munier dans le rôle de Rizzo ©DR

Amélie Munier dans le rôle de Rizzo ©DR

Amélie, comment êtes-vous arrivée à la comédie musicale ?
J’ai une formation de danseuse classique à la base, donc rien à voir avec la comédie musicale. J’ai tout arrêté à 18 ans pour me consacrer à mes études. En 1999, alors que j’étais en plein examen de licence d’histoire à la Sorbonne, ma meilleure amie me parle d’une audition, me dit qu’il faut absolument que je la passe et m’y emmène de force ! Moi qui n’avais encore jamais fait de spectacle professionnel, je me suis retrouvée à auditionner aux Folies Bergère pour la comédie musicale Sept filles pour sept garçons. Pour la danse, je n’ai pas eu trop de difficulté, cela correspondait à ce que je savais faire. Par contre, le lendemain, il fallait venir avec la partition d’une chanson de notre choix. Je chantais juste comme ça sous ma douche. J’ai dû me procurer en catastrophe la partition de « Elle voulait jouer Cabaret » de Patricia Kaas, chanson que je maîtrisais à peu près. C’est comme ça que tout a commencé. Jouer dans Sept filles pour sept garçons a été la révélation, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire et rien d’autre. J’ai arrêté mes études.

Vous parlez de Sept filles pour sept garçons, votre première comédie musicale, avec beaucoup d’enthousiasme…
J’en garde un souvenir extraordinaire. C’était vraiment la comédie musicale dans toute sa splendeur avec de vrais personnages, de la danse, du chant, de la comédie et, comme Grease, c’était un spectacle de bonne humeur, pas sérieux une minute, mais avec un beau livret, une musique superbe, une très belle production avec des costumes et des décors à tomber. Malheureusement, ça n’a pas duré assez longtemps. Après j’ai mis les bouchées doubles pour compléter ma formation : cours de chant, de danse jazz, de claquettes, de théâtre. J’avais un emploi du temps de ministre. En même temps, j’ai eu la chance d’avoir toujours du travail. J’ai continué à jouer dans des petits spectacles, des petites comédies musicales.

Quelques années plus tard, vous vous retrouvez à Londres, ce qui est particulièrement rare pour une artiste française. Racontez-nous comment cela s’est passé…
Un jour, une amie m’envoie l’annonce de casting pour Chicago au Casino de Paris. J’ai passé l’audition et obtenu le rôle de June. Une équipe anglo-saxonne est venue pour nous faire travailler et nous imbriquer dans le cast québécois. Une jeune femme de cette équipe, qui travaillait aussi pour des productions en Angleterre, m’a demandé mon CV et m’a dit que si elle avait des auditions à Londres elle me contacterait. Je n’y croyais pas trop mais elle m’a bien appelée pour le dernier tour de l’audition de Chicago à Londres alors qu’on jouait toujours Chicago à Paris. Je suis allée passer l’audition, j’ai retrouvé l’équipe américaine qui nous avait castés à Paris et ils m’ont proposé le contrat pour le rôle de Hunyak dans la tournée anglaise. Je suis partie un an en tournée, j’ai trouvé un agent sur place, puisque là-bas c’est indispensable pour pouvoir s’en sortir et accéder aux castings. Après, j’ai fait la tournée de Cats pendant un an, puis Cabaret, dans le rôle de Frenchy, à Londres et à nouveau Chicago à Londres.

Comment avez-vous vécu cette expérience anglaise et qu’en avez-vous retiré ?
Ca m’a démythifié un peu la comédie musicale anglo-saxonne ! Là-bas, c’est avant tout un business. Ils montent un spectacle pour qu’il reste des années à l’affiche et le rentabiliser au maximum. Du coup, quand on signe un contrat, c’est pour un an et huit shows par semaine. Ce n’est pas très bien payé mais c’est une garantie de travail pour un an, ce qui est rare en France dans notre métier. Beaucoup de rigueur dans le travail, une très bonne organisation, une prise en charge totale, de ce côté-là c’est plutôt très agréable. Le côté moins agréable, c’est de ne pas pouvoir faire évoluer un personnage, c’est très cadré, on n’a pas le droit de changer une respiration. Et puis ce qui m’a choquée en Angleterre, c’est d’entendre mes collègues parler de leur contrat uniquement comme d’un job. On ne ressent pas chez eux la passion artistique. Mais c’est vrai que le rythme est tellement intense qu’on a parfois un peu le sentiment d’être à l’usine, il manque un peu de flamme et d’envie. C’est chacun pour soi, il n’y a pas cette ambiance de troupe comme on peut l’avoir sur Grease et en France en général. Ce qui est sûr, c’est que cette expérience de quatre ans en Angleterre m’a fait grandir et m’a endurcie.

Auriez-vous aimé rester plus longtemps en Angleterre ?
C’est complètement un choix de ma part d’être rentrée en France. D’abord parce que le rythme me pesait un peu, que justement la négation de l’artiste à certains moments me pesait aussi beaucoup. Et comme je suis française et que j’ai un petit accent, j’ai vu que je ne pourrais pas obtenir de rôles plus importants. Pour que ma carrière prenne un autre tournant, il fallait que je rentre en France.

Et Grease est arrivé rapidement ?
Oui j’ai eu beaucoup de chance. Je suis revenue début avril et Serge Tapierman m’a appelée peu de temps après. J’avais déjà auditionné pour lui un petit nombre de fois, mais j’étais toujours en Angleterre. Je n’avais pas coupé les ponts avec Paris, je revenais régulièrement pour des auditions même si je prévenais que je n’étais pas disponible dans l’immédiat, mais c’était surtout pour qu’on me voie. Dans ce métier, on se fait oublier très vite. Quand Serge a su que j’étais rentrée à Paris, il m’a proposé le rôle de Rizzo dans Grease. J’étais très heureuse. Après quatre ans de spectacles sérieux en Angleterre, j’avais besoin de rire et de légèreté. Grease me fait du bien. J’adore l’époque et les musiques.

Vous avez l’air de prendre beaucoup de plaisir dans votre rôle de Rizzo…
Absolument. Ce rôle de Rizzo est un vrai cadeau. Je me sens assez proche de son côté ‘j’ai l’air forte parce que la vie n’est pas facile et qu’il faut se battre mais ça n’empêche pas que je peux être fragile même si je ne le montre pas’. En revanche, je n’ai pas du tout son côté chef de bande, grande gueule qui mène tout le monde à la baguette mais c’est très drôle à jouer.

Pour vous, quels sont les moments et les points forts du spectacle ?
Je n’ai pas de moment préféré, à tous les moments où je suis sur scène je prends un plaisir fou. Ce que je trouve super c’est que chacun est parfaitement bien dans son rôle. Tout le monde se donne à 100 %. Vocalement, le niveau est plutôt excellent, dès qu’une chanson démarre, c’est du bonheur pour les oreilles d’autant plus qu’on est merveilleusement bien accompagnés par Franck Sitbon et ses musiciens. Je dirais que le meilleur moment c’est quand on a fait un bon spectacle et qu’on voit les gens applaudir avec le sourire. Grease, c’est un spectacle qui respire la bonne humeur. Par les temps qui courent, ça fait du bien ; c’est aussi le rôle de l’artiste de donner du plaisir.

Avez-vous déjà d’autres projets ?
Pas pour le moment. J’ai surtout des envies. De la comédie musicale toujours parce que je pense que ce sera quelque chose qui ne me quittera pas. Je suis intéressée aussi par toute forme d’expression : musique, théâtre, cinéma. Tout m’amuse et je pense que dans ce métier c’est beaucoup de travail mais il faut aussi s’amuser.

Et retourner à Londres ?
Je serais prête à y retourner s’il y a une évolution dans ce qu’on me propose, mais pas pour refaire ce que j’ai déjà fait. Par exemple, je rêverais de jouer Eponine dans Les Misérables. Comme c’est un rôle entièrement chanté, mon accent ne poserait pas de problème puisque je n’en ai pas quand je chante !

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Un commentaire
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  1. un gros kiss à ma kikounett que je félicite d ‘avoir traversé vents et marrais…. je t aime kikounnett t ‘es la meilleure … dans ce monde de brut…
    QUEL TALENT !!!!

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