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Anandha Seethanen : swinging life !

Le jeudi 2 juillet 2009 à 11 h 26 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Anandha Seethanen

Anandha Seethanen

Parlez-nous de votre parcours ?
Si je veux remonter loin, allons vers mes onze ans. Mon père m’a offert un clavier et, à partir de là, j’ai reproduit les chansons qui me plaisaient, à l’oreille (j’ai toujours été un peu fâchée avec le solfège). Je me suis mise également à composer des petites choses. J’ai pris des cours de théâtre au Centre Culturel. Très rapidement, j’ai eu tendance à prendre les choses en main. Lectrice assidue des albums de Tintin, je les transposais pour la scène. Je m’étais attribué le rôle du professeur Tournesol… Au lycée nous avons monté avec les copains une sorte de compilation de pièces du répertoire sous la formule : La jalousie à travers les siècles. Ensuite je suis venue à Paris, toute timide. Les choses se sont mises en place. Je ne vais pas jouer les bravaches : en fait je poursuivais une thèse en littérature derrière laquelle je me dissimulais. Bien entendu je souhaitais secrètement être appelée pour jouer au théâtre afin d’abandonner ce cursus sans regret !

Que conservez-vous comme souvenir de vos débuts ?
Une rencontre : Olivier Ruidavet. Nous avons joué ensemble dans Boulevard du musical à Bordeaux, mis en scène par Oscar Sisto. Par l’intermédiaire d’Olivier, j’ai rejoint l’équipe du court-métrage Paradisco, réalisé par Stéphane Ly-Cuong. Pour moi c’était extraordinaire : je pouvais rencontrer et discuter avec la plupart des interprètes de comédie musicale de Paris ! J’étais encore dans ma thèse en littérature. La bonne excuse. J’ai retrouvé Olivier et Stéphane pour Les nouveaux romantiques. Là : grand saut dans le vide, j’ai abandonné l’université ! J’étais très familière de la variété anglo-saxonne des années 80, en revanche la chanson française… Ce fut une découverte. J’adore ça, explorer de nouveaux territoires. Mark Marian, qui faisait partie de la troupe,  a créé le quatuor vocal  Parisian Way et m’a embarquée pour une série de concerts a capella au Japon, sur un répertoire de reprises qui va du chant de Noël au gospel en passant par la chanson française ! Expérience nouvelle, extrêmement enrichissante dans un pays aux codes culturels très différents de ceux que nous connaissons… Ce travail à quatre voix a été une excellente école pour l’apprentissage des innombrables choeurs du Roi Lion où je chante aussi bien les parties alto que soprano. Parisian Way, c’est mon « quatuor de coeur » !

Arrive ensuite Le Roi Lion.
Oui, j’ai intégré l’équipe de ce spectacle imposant. En termes techniques, je suis « swing cover ». Traduction : je peux remplacer au pied levé n’importe quel rôle de l’ensemble. En outre, j’ai appris deux rôles pour lesquels je suis doublure. Autant le dire, au début c’est un peu ingrat de se retrouver dans les loges sans savoir si oui ou non on va jouer et, le cas échéant, quel rôle… Mentalement, il faut s’y préparer. Finalement, c’est une discipline et j’y trouve mon compte : c’est intéressant de ne jamais jouer le même rôle. Après deux saisons, je serai de nouveau à Mogador à la rentrée.

Et Swinging Life ?
Le Roi Lion m’a permis de rencontrer des personnes formidables. Avec plusieurs d’entre elles, nous jouons Swinging Life. En résumé, sous l’impulsion de Valery Rodriguez qui a rédigé le livret du spectacle,  nous revisitons les meilleures pages des musicals noirs américains en suivant la chronologie, de Duke Ellington aux années 70. La forme est celle d’une revue qui procède par touches impressionnistes, avec des personnages qui possèdent chacun une caractéristique particulière. Nous avons créé le spectacle en mai et sommes ravis de pouvoir le jouer tout le mois de juillet ! Avec les chorégraphies, les nombreux changements de costumes au cours des trois actes, c’est très physique. Six musiciens nous accompagnent et font sonner les numéros, c’est un régal.
En outre, je ne quitte plus les planches puisque vous pourrez également me voir dans Another Road, le spectacle de Barbara Scaff programmé dans le festival des Musicals à l’Européen. Je suis ravie d’en faire partie. Si je connaissais les principaux titres des Beatles, groupe sur lequel le spectacle se base, j’ai découvert nombre de leurs compositions et ne m’en lasse pas. Venez nous voir, vous aurez une toute nouvelle vision des Beatles !

En plus de votre actualité chargée, vous avez des désirs pour la suite ?
Si j’ai quelques minutes, je retournerai à mes compositions, j’aime écrire des chansons, paroles et musiques. En faire un récital me plairait. Je me verrais bien aussi monter un spectacle musical avec du jazz dedans ! J’adore cette musique riche, qui donne une large place à l’improvisation. A bien réfléchir, ce que j’éprouve sur une scène n’a jamais changé depuis mes premiers pas jusqu’à aujourd’hui. Même si le terme est galvaudé, je parlerais d’instants magiques puisque la sensation que vous éprouvez, confrontée au public, est le fruit d’un travail très réel et de ce retour impalpable. Recevoir l’approbation du public par ses applaudissements est une gratification hors norme. Enfin j’aimerais tirer mon chapeau à toutes celles et tous ceux qui persistent à faire ce métier malgré les aléas, malgré tous les écueils. Leur combativité, leur passion mérite votre curiosité. Allez voir des spectacles !

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