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Andromaque, fantaisie barock’ (Critique)

Le samedi 12 novembre 2011 à 17 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Vingtième Théâtre - 7 rue des Platrières - 75020 Paris - M° Ménilmontant.
Dates : Du 09 novembre 2011 au 15 janvier 2012.
Horaires : Du mercredi au samedi à 19h30. Le dimanche à 15h.
Tarifs : 24 €.

De Pierre Lericq.
Mise en scène : Pierre Lericq.
Avec Les Épis Noirs : Anaïs Ancel, Muriel Gaudin, Fabrice Lebert & Pierre Lericq.

Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector… qui est mort.

Après l’Odyssée, la Genèse et Antigone, Les Epis Noirs déracinent Andromaque ! Une fantaisie barock’ où se mêlent et s’entremêlent burlesque et tragédie, chant et danse… avec La Mort comme maîtresse de cérémonie. Inracontable et enthousiasmant, inclassable mais indispensable, ils déroulent leur farce épique avec une folie savoureuse et une énergie débridée.

Notre avis :

Les Epis Noirs reviennent avec leur nouveau spectacle pour notre plus grand plaisir. Déjà très inspiré par la mythologie grecque (Ulysse, Antigone) dans ses précédentes productions, Pierre Lericq, créateur des Epis Noirs, « déracine » cette fois Andromaque et une fois de plus il en fait un instant de théâtre musical magique et unique. Sur la scène transformée en piste de cirque, le troupe des Epis Noirs revisite la tragédie de Racine avec une rafraîchissante liberté où loufoquerie et burlesque alternent avec des moments d’une intensité poignante. Ponctué de jeux de mots, certains volontairement un peu lourds d’autres beaucoup plus subtils, le texte est tantôt décalé, léger, absurde, délirant, tantôt poétique, lyrique et bien évidemment…tragique. Pierre Lericq parvient à nous faire rire en plein drame sans rien enlever à l’émotion de la situation. Les chansons, bien qu’on ne comprenne pas pourquoi trois d’entre elles sont en anglais, s’intègrent parfaitement et apportent une force supplémentaire à l’histoire en illustrant le plus souvent les sentiments tourmentés intériorisés des protagonistes. La musique est jouée par les comédiens qui passent naturellement de leur personnage à leur instrument et ne quittent ainsi jamais la scène. Pierre Lericq, impayable dans le rôle de Pyrrhus et de la Mort en maîtresse de Cérémonie (idée géniale), a su s’entourer de trois comédiens-chanteurs au talent fou qui savent jouer toute la palette des sentiments tant par le texte qu‘avec leur corps, aussi à l’aise dans le comique boulevardier que dans la tragédie. Anaïs Ancel interprète une piquante Hermione en femme fatale, Muriel Gaudin une belle et touchante Andromaque et Fabrice Lebert un incroyable Oreste, naïf, fou et attachant. Dans une mise en scène tournoyante (piste de cirque oblige), décalée et énergique, ces artistes généreux se donnent à fond pour nous faire vivre un bien beau moment. Un spectacle emballant !

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