Recherchez

Anthony Rapp : Rent, de New York à Tokyo

Le samedi 15 août 2009 à 14 h 26 min | Par | Rubrique : Rencontre

Anthony Rapp (c) DR

Anthony Rapp (c) DR

Anthony Rapp, vous êtes actuellement à Tokyo pour jouer Rent. Comment ce spectacle est-il accueilli par le public tokyoïte ?
A notre première, les spectateurs nous ont fait une standing ovation avant même que le spectacle ne commence, ce qui apparemment n’arrive pas souvent au Japon ! Ce qui est intéressant avec le public japonais, c’est que c’est le plus silencieux qui soit. Ils sont complètement absorbés et attentifs à tout ce qui se passe. Ils sont extrêmement respectueux. Ils ne crient pas beaucoup, ils ne rient pas fort, ils ont plutôt tendance à rire en se cachant derrière leurs mains, comme s’ils ne voulaient pas faire de bruit. Il nous a fallu deux représentations pour nous habituer à ça, mais c’est très stimulant car ils sont très concentrés et impliqués. Et là, tout est complet, il ne reste plus que des places debout de disponibles.

Vous aviez déjà joué au Japon auparavant ?
En 2002, j’ai fait deux semaines de concerts à Tokyo et Osaka, avec la troupe japonaise de Rent.

Mais vous ne jouiez pas dans le spectacle ?
Non, en fait, c’était une série de concerts où je chantais « La Vie Bohême » en anglais, et eux en japonais, je faisais également des titres personnels avec mon  groupe, puis on chantait tous « Seasons of Love » ensemble. C’était une expérience géniale. Je ne savais pas à l’époque que je reviendrais au Japon, et encore moins pour jouer dans Rent !

Qu’aimez-vous à Tokyo ? Est-ce que ça correspond à l’idée que vous vous faisiez de la ville ?
J’ai toujours pensé que j’aimerais Tokyo. J’aime les villes, la cuisine japonaise, la culture, telle que je me l’imaginais. Je me sens très chanceux d’avoir l’opportunité d’être ici. J’aime l’énergie, le contraste entre les rues bruyantes et animées qui côtoient des rues silencieuses et paisibles, c’est un mélange incroyable.  Et puis c’est une culture qui est construite sur le respect. Je pense que les Américains auraient beaucoup à apprendre du Japon !

Vous avez joué Rent dans tous les Etats-Unis avant d’arriver au Japon, vous aimez être en tournée ?
Oui, j’aime les tournées, j’aime voyager, c’est une façon géniale de voir le monde. Il y a des fois où c’est fatigant, et vos proches vous manquent, mais c’est une opportunité incroyable de jouer un bon spectacle et de découvrir des villes sympas ! J’ai beaucoup de chance.

Comment réagit le public qui vient vous voir ? Y-a-t-il cette même excitation que lors de la création ?
Le public qui vient nous  voir, aux Etats-Unis ou ici, semble avoir une longue et profonde histoire avec Rent. Ce n’est pas le simple fait de revivre des bons souvenirs liés à ce spectacle mais je crois que c’est un lien beaucoup plus ancré. C’est très gratifiant.

Vous faites partie de l’aventure Rent depuis le tout début. Après tout ce temps, est-ce qu’on ne se lasse pas ? Comment fait-on pour garder de la fraîcheur dans l’interprétation ?
Très sincèrement, je ne me lasse pas de ce spectacle. Rent compte énormément pour moi, et il y a tellement de vie dans ce spectacle, de plus, la musique est extrêmement agréable à chanter. Et puis, le spectacle est vraiment basé sur les relations fortes qui existent entre les différents personnages. Or, nous avons ces relations entre nous. Ca se nourrit ainsi. Ca ne demande pas d’effort particulier de rester « frais ».

Durant le tournage de Rent, le film, Chris Columbus, le réalisateur, disait que vous incarniez « l’esprit de Rent« … [lire l’article]
Il a dit ça ?

Oui, je crois bien !
C’est possible alors ! (rires)

D’après vous, que voulait-il dire par là ?
Je pense que c’est à cause de la nature de mon rôle [NDLR : Le personnage de Mark Cohen est en quelque sorte un narrateur], du fait que je suis sur le spectacle depuis sa création, et que j’ai toujours été une sorte de porte-parole non officiel de la troupe. Beaucoup de fans s’identifient très fortement à moi et à mon personnage. Donc, Chris doit sans doute penser que les fans m’aiment bien ! Mais franchement, je n’en sais rien ! (rires)

Vous avez eu plusieurs expériences dans la mise en scène récemment : assistant sur Next To Normal, lors de la création off-Broadway, mise en scène de la production sud-africaine de Rent. Est-ce que c’est un domaine dans lequel vous souhaitez travailler plus souvent dans le futur ?
Oh oui, j’aimerais vraiment faire plus de mises en scène. J’espère avoir d’autres opportunités.

Qu’est-ce qui vous plaît ?
J’aime notamment le fait de collaborer avec une équipe de gens talentueux et de participer ensemble à la création d’une histoire. J’aime mettre en application des choses que j’ai apprises au fil des années avec des grands metteurs en scène avec qui j’ai eu la chance de travailler. En tant que comédien, j’aime la possibilité de proposer une approche différente du travail . Enfin, j’aime la responsabilité du metteur en scène.

Vous avez joué Rent dans de nombreux pays. Pensez-vous que ça marcherait en France ?
Le spectacle a marché dans le monde entier, je ne vois pas pourquoi il ne marcherait pas si la production est bonne mais je ne sais pas ce que les spectateurs français attendent et recherchent… Je me suis toujours demandé comment certaines cultures pouvaient réagir par rapport à l’émotion, et en particulier avec ce spectacle. Rent a parfois des moments ironiques, mais de façon générale, il ne joue pas sur le second degré, il est au contraire ancré dans une émotion sincère. Je ne sais pas si les Français aimeraient ce type de sincérité ou bien seraient rebutés. Ce qui est certain, c’est que la musique est fantastique et peut transgresser les barrières culturelles.

Après Tokyo, vous jouerez à Séoul où l’industrie du musical se développe énormément.
Oui, en effet. Etrangement, je crois qu’en Corée, tick… tick… BOOM ! [NDLR : le premier musical de Larson, écrit avant Rent, mais créé après sa mort] a marché avant Rent.

Ce sera votre première fois en Corée ?
Oui et je suis très excité mais je suis aussi un peu inquiet au niveau de la nourriture vu que je suis végétarien ! (rires) J’ai dit à l’organisateur « Je vous en supplie, aidez-moi à trouver quelque chose à manger ! » (rires)

Vous pourrez toujours manger du riz et du kimchi !
Et je m’évanouirai pendant le spectacle…

Quels sont vos projets après la tournée ?
J’ai adapté mon livre Without You pour la scène, et je l’ai joué à Pittsburgh. J’aimerais le jouer à New York et ailleurs. J’aimerais aussi prendre quelques vacances !

Vous seriez intéressé pour jouer dans une grosse production à Broadway par exemple ou bien préférez-vous travailler sur des œuvres plus personnelles ?
Oui, je serais intéressé si c’est un bon spectacle ! Mais je ne veux pas faire n’importe quoi juste pour travailler… et j’aimerais pouvoir me prendre un break !

Vous trouverez toutes les infos sur Rent sur le site officiel.

* Anthony Rapp et le cast original de Rent, aux Tonys 2008 :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=NyWalwte2LQ[/youtube]

* Anthony Rapp interprète « Seasons of Love » aux côtés d’artistes français (Jérôme Pradon
Sinan Bertrand, Dennis Astorga, Mark Marian, Olivier Ruidavet, Jessy Roussel, Anandha Seethanen, Christine Kandel, Fabienne Elkoubi, Ann’So, Laurent Bàn, Cyril Romoli, Alyssa Landry, Patrick Laviosa) :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=eXdA0XPTEYM[/youtube]

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : , , ,

Laisser un commentaire