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A l'affiche du Théâtre de Ménilmontant à partir du 17 octobre, Coups de Foudre est un spectacle musical décalé et frais, utilisant de manière cocasse un répertoire de chansons françaises, tantôt émouvantes, tantôt insolites. Rencontre avec le metteur en scène, co-auteur et interprète du spectacle.
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| Jean-Baptiste Arnal ©DR |
Quelle est votre formation ?
Dès le départ, j’ai suivi une formation parallèle entre le métier de comédien et celui de metteur en scène. Après deux ans dans une école de théâtre, j'ai réalisé que cette approche trop théorique du métier ne correspondait pas du tout à mes envies. C'est à cette période que j'ai découvert la commedia dell'arte qui, selon moi, rassemble les fondements essentiels du théâtre. C'est donc plutôt sur le plateau, grâce à l'enseignement de Carlo Boso et des différents metteurs en scène avec qui j'ai pu travailler par la suite, que je pense m'être réellement formé, en tant que comédien et en tant que metteur en scène : en les observant surtout, en les harcelant de questions aussi, en traînant dans les amphis, et en me penchant sur les travaux de scénographie, de mise en espace, de direction d'acteur. J’ai donc plutôt eu une formation empirique qu'académique.
Comment en êtes-vous arrivé au théâtre musical ?
C'est peut-être un signe mais mon premier engagement en tant que comédien était sur une production du Songe d'une Nuit d'Eté très musicale. La musique de scène était celle de Mendelssohn, il y avait sur scène dix danseurs, trente chanteurs, un orchestre complet, bref, une centaine de personnes au total ! Je crois que ce fut mon premier déclic.
Depuis, j'ai du mal à être totalement heureux en tant qu'artiste lorsque je suis engagé sur un spectacle qui ne fait pas intervenir la musique, le chant ou la danse. C'est à ce moment que l'on m'a proposé la mise en scène de Coups de Foudre. J’étais déjà amoureux du théâtre musical mais je connaissais très peu le genre. Je me suis donc abreuvé du meilleur, et du pire, pour m'en faire mon idée, et je suis tombé totalement sous le charme.
Quelles sont vos références en matière de théâtre musical ?
Elles sont larges. Elles vont du théâtre classique français avec musiques de scène type Le Bourgeois Gentilhomme aux musicals rocks type Rent ou Hedwig and The Angry Inch. Mais ce sont finalement des spectacles comme Créatures, ou plus récemment Le Cabaret des Hommes Perdus ou Une partie de cache-cache qui me donnent envie de persister ici. Je suis friand d'univers très différents voire opposés, mais ceux qui retiennent mon attention ont toujours en commun une vraie dimension théâtrale.
Comment est née l'idée de Coups de Foudre ?
Gabrielle Laurens a eu cette bonne idée de construire un vrai récit original à partir de reprises de chansons francophones appartenant à des registres variés, ce qui permet à Coups de Foudre de trouver immédiatement une résonance dans l'inconscient collectif du public. En effet, en utilisant des textes et des mélodies connus de tous, l'intérêt de ce concept consiste à rassembler les spectateurs grâce à un contenu familier, mais dans un contexte original. C'est là qu'est intervenu le travail d'écriture à travers le choix des extraits de chansons qui composent le livret actuel. A partir de la première version élaborée par Gabrielle Laurens et Catherine Robert, je suis intervenu dans ce travail afin de trouver davantage de cohérence avec mon univers artistique.
Avez-vous rencontré des difficultés à le monter ?
Evidemment ! Onze personnes en scène sans tête d'affiche ! De plus, même si ce sont des reprises et qu'il n'y a pas de texte parlé, c'est une pièce de théâtre musical donc encore aujourd'hui un OVNI pour le système de production ou de subventionnement français. Nous avons cependant la chance d'être très entourés et soutenus, que ce soit par notre premier public ou par des personnalités du monde artistique en général, et du théâtre musical en particulier. Enfin, nous espérons que cette série de dates au Théâtre de Ménilmontant nous permettra de faire les meilleures rencontres pour nous permettre de continuer à faire vivre Coups de Foudre.
Comment décririez-vous ce spectacle ?
Dans un univers gothique, quatre humains sortis tout droit d'une production d'Hairspray vont se faire malmener par une déesse maléfique ayant pris les traits de la marquise de Merteuil… Tous les dialogues sont chantés. Les mots et les mélodies sont empruntés à des tubes des années quarante à nos jours et piochés dans des répertoires aussi variés que ceux de Gainsbourg, Lio, Diam's, Juliette ou Dave. Peut-être un cartoon burtonien on stage, avec une pincée de Jean-Luc Lahaye.
Que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle version ?
Tout simplement des coups de foudre, des coups de foudre et encore des coups de foudre pour Coups de Foudre… et toute sa troupe !
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