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Casting team
Prix Découverte de la dernière édition des Musicals, Casting a bénéficié d'un très bon bouche-à-oreille dès ses premières représentations. Guillaume Nozach et Vinh Giang Vovan, responsables, ensemble, du livret, de la musique et des lyrics, nous parlent de leur spectacle à découvrir au Marsoulan.
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| Guillaume Nozach © Jean-Michel G. |
Quel sont vos parcours respectifs et comment êtes-vous venus à la comédie musicale ?
Vinh Giang Vovan : J'ai découvert la comédie musicale pendant mes études d'ingénieur à Telecom Paris, dans le cadre du cours de comédie musicale anglaise de Deborah Dunn. Nous avons monté Fiddler On The Roof, City of Angels, Guys and Dolls et The Fantasticks, mis en scène par Deborah, et sous la direction musicale de Paul Leavitt et Richard Bachand. J'ai aussi séjourné six mois à New York, où j'ai passé des journées entières à faire la queue au TKTS [NDLR : kiosque vendant des places à tarif réduit pour les spectacles de Broadway et off-Broadway] ! A Paris, j'ai participé à la création de l'ensemble vocal All That Jazz, qui reprend des standards de jazz et de comédie musicale, dans des arrangements pour chœurs mixtes.
Guillaume Nozach : J’ai étudié le chant et le violoncelle au Conservatoire National de Grenoble. J’ai découvert la comédie musicale tout petit en voyant Les Misérables à Mogador, ou encore Porgy and Bess et Hello Dolly au Châtelet. Plus tard, j'ai rencontré Vinh Giang et sa troupe de comédie musicale à Telecom Paris. Puis Julien Salvia et Ludovic-Alexandre Vidal m’ont fait monter sur scène dans Les Misérables - School Edition au Trianon, et dans leurs créations, Révolution et L’Homme qui rit.
Quelles sont vos références en matière de comédie musicale ?
VGV : Broadway bien sûr, les Off-Broadway, les vieux films musicaux... J'ai des goûts sincèrement éclectiques, de South Pacific à Hedwig and The Angry Inch ! S'il fallait en choisir une, The Fantasticks est pour moi un modèle de finesse, de variété et d'innovation !
GN : Et nous puisons aussi dans l'opéra et l'opérette, la musique de film, ou encore la variété française. Par exemple, j'aime beaucoup l'écriture très théâtrale de Juliette Noureddine. On retrouve d'ailleurs différents styles dans Casting, parfois sous forme de clins d'oeil.
Comment est née l'idée de Casting ? Quel en est l'état d'esprit ?
VGV : Tout est parti d'un questionnement personnel – comment trouver sa place en entrant dans la vie adulte ? Comment vivre la vie qu'on a choisie, et au prix de quels compromis ?
GN : Pamela Pouète aborde notre rapport aux rêves d'enfance, et la place du libre arbitre dans le chemin balisé entre études, travail, amours, etc. Pamela incarne aussi la peur d'avoir des regrets, de se rendre compte qu'on a été trop raisonnable et qu'on est passé à côté de sa vie.
VGV : Dans la forme, nous avions envie de raconter une histoire autour du théâtre, avec une unité de lieu et peu de personnages, dans la tradition du backstage musical. Nous voulions une atmosphère intime, chaleureuse, en suivant une jeune fille simple et moderne, qui veut juste réussir dans le métier qu'elle a choisi. Le cadre était aussi pour nous propice aux jeux sur les codes du théâtre, sur les limites entre réel et imaginaire, avec par exemple les clowns Pim et Poum – qui sont à la fois dans l'histoire et en dehors.
Comment travaillez-vous ensemble ?
GN : Notre duo est un peu atypique car il n’y a pas de domaine réservé de l’un ou de l’autre. Nous intervenons tous les deux sur le livret, les paroles et les musiques. C'est vrai, cela crée parfois des débats houleux, mais cela nous permet d'échanger sur chaque aspect et d'obtenir le meilleur de nous-mêmes, sans compromis.
VGV : Je dirais que Guillaume est plus instinctif, travaille davantage avec des images, des ambiances ; alors que je suis plus analytique – j'essaie de tout mesurer et tout rationaliser !
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| Vinh Giang Vovan © Jean-Michel G. |
En tant que jeunes auteurs, quelles ont été les plus grandes difficultés qui se sont présentées à vous quand vous avez commencé à monter votre projet ?
GN : Elles sont innombrables ! Il y a les difficultés liées à la création en elle-même et celles liées à la production. Côté création, nous nous demandons sans cesse comment gagner en profondeur, en cohérence, en rythme... Loin d'être figée, la pièce a sensiblement évolué de lecture en lecture, lors du travail avec les comédiens et au contact du public.
VGV : Côté production, il s'agit bien sûr de trouver les moyens de faire vivre le spectacle. Le festival des Musicals a été un sérieux coup de pouce, en nous permettant de jouer au Vingtième Théâtre, une scène parfaite pour un spectacle comme le nôtre, et aussi de rencontrer les programmateurs du Théâtre Musical Marsoulan, qui nous accueille aujourd'hui. Nous avons la chance d'être entourés d'une équipe totalement engagée dans le spectacle. Mais cela reste le parcours du combattant, et il faut accepter de casser sa tirelire et passer quelques nuits blanches pour faire naître un tel projet !
Que peut-on vous souhaiter pour ces représentations de Casting au Marsoulan ?
VGV : On peut raisonnablement espérer que nous refuserons du monde ! (rires)
GN : Nous souhaitons aussi que ces représentations permettent à la troupe de Casting de montrer sa singularité et son talent. Nous avons des interprètes « différents » qui ont beaucoup à apporter au théâtre musical français.
Travaillez-vous déjà sur d'autres projets ?
VGV : Nous avons plusieurs idées de création et d'adaptation, et de nombreux matériaux, textes et musiques, déjà prêts !
GN : Oui, mais pour l'heure notre priorité est de mettre Casting sur les rails avant de nous lancer dans un nouveau projet.
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