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Gaëlle Pinheiro Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami

Opéra et comédie musicale

Entre deux opérettes, Gaëlle Pinheiro revient à la comédie musicale avec la création du rôle de Pamela Pouète dans Casting, au Théâtre Musical Marsoulan jusqu'au 23 mai 2009.

. A l'affiche : Casting


Gaëlle Pinheiro ©DR
Quel est votre parcours ?
La scène est ma passion. Je fais du théâtre depuis l’âge de 14 ans et j’ai passé un bac Théâtre à Rennes. Dès le départ, mon aspiration était la comédie musicale donc, parallèlement à mes études, je chantais. Mes profs de chant étaient plutôt adeptes du registre lyrique alors j’ai chanté La Traviata et pris goût à l’opéra. Indéniablement, mon oreille s’est formée sur des airs lyriques, ce qui est une richesse. Après les études, j’ai participé à beaucoup de projets et j’ai eu la chance d’entrer dans la troupe Art’ Comedia, spécialisée dans la comédie musicale. Mes premiers cachets ont été les rôles de Mme Thénardier dans Les Misérables et de Ronette dans La petite boutique des horreurs. Je suis « montée » à Paris pour le Conservatoire, mais j’ai eu vraiment du mal à supporter l’esprit de compétition qui y règne donc j’ai recommencé à passer des auditions. J’ai intégré la troupe Opéra Eclaté avec laquelle j’ai joué une quinzaine d’opéras et opérettes en tournée dans toute la France : Orphée aux enfers d’Offenbach, Le barbier de Séville de Beaumarchais et plus récemment Le mariage secret de Cimarosa. Casting est donc mon retour à la comédie musicale.

Comment avez-vous été impliquée dans ce projet ?
Cela peut paraître un comble avec ce titre, mais il n’y a pas eu d’audition formelle pour Casting. J’ai eu la chance d’être repérée par bouche-à-oreille. Avec les auteurs, Guillaume Nozach et Vinh Giang Vovan (l’un à la mise en scène, l’autre au piano), on s’est rencontré, on a parlé et on a chanté. Ce sont des personnes extraordinaires, peu attachées aux conventions et peu prévisibles, comme moi. On s’est bien entendu et ils m’ont offert le rôle. La première représentation a eu lieu au Vingtième Théâtre cet été. Je suis heureuse d’avoir eu l’opportunité de créer le rôle. C’est un immense privilège pour une artiste ! En plus, Guillaume et Vinh Giang ont été d’admirables et très efficaces directeurs scéniques et musicaux.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’interprétation de Pamela Pouète ?
En fait, au départ, c’est une fille contemporaine un peu comme tout le monde… enfin comme moi en tout cas ! Quand je joue, je touche des choses plutôt intimes donc il faut pouvoir entrer dans un rôle de pure composition pour ne pas trop se dévoiler. Ceci nécessite de rester concentrée constamment, alors que les autres autour de moi font un peu les fous, à fond dans la comédie et dans les caractères très prononcés. Pamela doit rester centrée et suivre la ligne de son intrigue par rapport à tout le brouhaha qu’il y a autour du début à la fin de la pièce. Il y a une certaine ambiguïté sur le fait qu’elle soit une victime du système ou réellement calculatrice. On laisse le spectateur se faire sa propre opinion sur ce point. Elle veut certainement réussir, mais ne suit pas forcément un plan diabolique prémédité. Au fur et à mesure de la pièce, elle se découvre elle-même et s’effraie même parfois. De même, elle est touchée par les attentions de Jérémy – le brave gars des coulisses dont elle sait qu’il ne peut rien lui apporter pour sa carrière – mais ne l’ignore pas par calcul, plutôt parce qu’elle a d’autres priorités en tête. C’est ce qui en fait un personnage intéressant, plein de contradictions. Vocalement, les variations de registre sont nombreuses, donc c’est un rôle très complet.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la comédie musicale ?
J’adore le répertoire de Kurt Weill et Bernstein. Et dans un autre registre : Cabaret, Wicked, Rent, The Fantasticks… J’aime à peu près tout dans la comédie musicale, donc ! Ce qui est incroyable, c’est la possibilité de faire passer des émotions par la musique et l’expression corporelle, au-delà de la pure interprétation théâtrale. Quelquefois, il n’y a rien d’autre à ajouter que chanter ou danser. J’ai récemment été bouleversée en revoyant Le dictateur. Faire le clown, ce n’est pas de la comédie musicale, mais cela relève un peu du même principe : utiliser une rupture dans la forme d’expression pour renforcer le message. J’y suis particulièrement sensible. J’aime aussi la manière dont la comédie musicale mêle l’humour et les thèmes plus profonds. C’est aussi vrai pour Casting : sous ses aspects purement divertissants, les spectateurs découvriront matière à réflexion. C’est pour moi la pierre de touche d’un spectacle réussi !
01/03/2009, Thomas Schmidt

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