// mardi 20 mars 2012

The name on everybody's lips is gonna be... Yo-ne-ku-ra Ry-o-ko

Grande premiĂšre dans l'histoire de Chicago Ă  Broadway, le rĂŽle de Roxie Hart va prochainement ĂȘtre jouĂ© par une actrice japonaise, star dans son pays semble-t-il, rĂ©pondant au doux nom de Ryoko Yonekura (ou peut-ĂȘtre devrait-on le dire dans l'autre sens : Yonekura Ryoko ).
Ce rÎle a déjà été joué par des actrices de diverses origines (comme Michelle T. Williams, une Roxie Black) ou venant d'autres productions internationales de Chicago (comme Bianca Marroquin qui a créé le rÎle à Mexico City) mais c'est la premiÚre fois que Broadway accueille une Roxie asiatique.
Well, congrats, darling-san ! Et peut-ĂȘtre qu'un jour, Lea Salonga pourra jouer Mamma Rose dans Gypsy Ă  Broadway. Sachant comment les mĂšres asiatiques peuvent ĂȘtre exigeantes avec leurs enfants, il y aurait sans doute du vĂ©cu dans son interprĂ©tation.

Pour info, Ryoko a déjà fait ses preuves puisqu'elle a joué le rÎle au Japon de nombreuses fois. Comme vous pouvez le constater ci-dessous, Ryoko a beaucoup de talent(s) : elle sait faire un grand écart et s'asseoir avec élégance pour boire du champagne, comme toute jeune femme asiatique qui se respecte.
De plus, elle a le sens des rĂ©alitĂ©s comme le prouve cette mini-interview : “A certain panic is setting in now, it’s Broadway after all. Maybe I never should have mentioned that I’d like to perform on Broadway. On the other hand, it’s always good to say what you want to do, right?”




Oui, Ryoko a raison, c'est toujours bien de dire ce qu'on veut, par exemple, pour son anniversaire, c'est bien de faire des listes précises, comme ça, on n'est sûr de ne pas se retrouver avec un cadeau qu'on mettra en vente sur Le bon coin le jour suivant.

Moi, du coup, je vais vous dire ce que je veux. Je veux que vous veniez me voir (ou du moins, une de mes incarnations ah ah ah) à l'Auguste Théùtre à partir de dimanche (oui, ça s'appelle en anglais un shameless plug, et je vous assure que ce n'est pas un terme sexuel. Enfin, je crois).
Je veux des macarons Pierre Hermé et je veux un amoureux (de préférence beau, obéissant, et qui aime la comédie musicale et les classements par ordre alphabétique) avant l'arrivée de l'été.

Je crois que je le mérite, non ?
Comme Ryoko, je fais le grand écart (oui, oui, sur scÚne, pas seulement qu'à mon cours de stretching), je bois du champagne et je m'assois sur une chaise dans le spectacle.
Bon, ok, je suis un peu plus habillĂ©e qu'elle (je suis frileuse). Mais est-ce qu’elle sait jongler avec une assiette, elle ? Enfin, bref, vous verrez tout ça si vous venez.
Deal ?
Avec des macarons Pierre Hermé ?
Au caramel ?

// jeudi 15 mars 2012

Femme vietnamienne (suite)

bi n'aie pas peur

Continuant mon exploration de la représentation de la femme vietnamienne dans les arts (un de mes sujets de prédilection, avec le recyclage des déchets, Broadway, les hommes nus et les recettes de cookies au chocolat blanc - pas forcément dans cet ordre), je suis allée à une projection presse d'un film vietnamien intitulé Bi, n'aie pas peur.
Contrairement Ă  ce que sont titre pourrait laisser supposer, il ne s'agit pas d'un film porno sur l'encouragement de l'exploration des deux sexes.
Bi n'est autre que le prénom d'un petit garçon qui ne doit pas avoir peur de la vie.
En vietnamien, Bi signifie "Chemin du petit jour" (Ă  moins que je ne confonde avec les paroles d'"Eve lĂšve-toi" de Julie Pietri).
Enfin, parfois, je suis heureuse de porter un prĂ©nom français mĂȘme si j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© m'appeler Beverley ou Sharon Rose.

Une des premiÚres scÚnes du film est trÚs révélatrice de la culture vietnamienne.
Bi demande quelque chose Ă  sa mĂšre avec un peu d'insistance (mais bon, rien Ă  voir avec les enfants de mes copines, hein...).
La mÚre répond avec un demi-sourire : "Veux-tu que j'aille aussi chercher le fouet ?".
Voilà, tout est dit : demi-sourire + (petite) méchanceté made who I am today.

L'autre personnage féminin (la tante, la trentaine, toujours célibataire) fantasme sur un jeune étudiant (elle se cache pour l'observer jouer torse nu au foot dans la boue avec ses amis éphÚbes - oui, oui, il s'agit bien d'un film vietnamien et non pas d'un clip de Lady Gaga) tout en se tapant un ouvrier un peu rustre mais avec un cul trÚs musclé.
Who would blame her ?
Décidément, le Vietnam a bien changé par rapport aux histoires dont me parlaient ma mÚre, des histoires de jeunes filles portant des chapeaux coniques, se promenant au bord du Lac en déclamant des poÚmes.

Pour conclure, le rĂ©alisateur, Phang Dang Di, dit dans le dossier de presse que "Les femmes vietnamiennes, en gĂ©nĂ©ral, ont cette qualitĂ©, cette force, de toujours savoir oĂč se situe l'essentiel. Les hommes, eux, sont dans un doute permanent, dans la fuite, ils changent d'avis et manquent de courage intellectuel."
Mais, là, en fait, il parle des femmes et des hommes, en général.
Les civilisations se valent bien toutes sur ce point.

// lundi 27 février 2012

Age et beauté : la fin d'un tabou

Alors que je m’approche bientĂŽt d'un Ăąge symboliquement fatidique (indice : en novembre, mes copines vont pouvoir me fabriquer un chapeau vert et jaune), je me suis mise Ă  chercher des secrets de beautĂ© pour ne pas vieillir.
Bien sûr, nous les Asiatiques, nous sommes trÚs fort(e)s en maths et nous ne faisons jamais notre ùge.
D'ailleurs, je crois que les deux sont plus ou moins liés. Nous faisons tellement d'efforts pour mentir annoncer intelligemment notre ùge (re-calcul incessant de la date de naissance "Je suis née en 1987 donc j'aurais 25 ans en 2012, enfin je crois, 1987 + 25 = 2012, c'est bien ça, hein ?", connaissance parfaite des années zodiacales chinoises depuis 1910 "Je suis née l'année du Chat... oui, celle de 1987, pas celle de 1975, ni celle de 1963 - les années revenant tous les 12 ans, vous l'aurez compris", mémorisation des évÚnements historiques "Le 11 septembre 2001 ? Oui, j'étais en 6e cette année là... Si, si, en 6e, au collÚge, pas en 6e année de fac...") que forcément, on devient trÚs bon en calcul mental et donc en maths.
Un peu comme Arielle Dombasle qui dit que Madonna lui rappelle son "adolescence".

Bref, mĂȘme si je parais plus jeune que mon Ăąge, j'ai nĂ©anmoins cherchĂ© des conseils du cĂŽtĂ© de quelques icĂŽnes de la comĂ©die musicale, essayant ainsi de relier ainsi mes deux passions dans la vie (enfin, deux de mes passions) : la beautĂ© et Broadway (ou accessoirement Hollywood).
Prenons Leslie Caron par exemple.
Note à mes plus jeunes lecteurs, je parle bien de Leslie CARON (celle qui a dansé avec Gene Kelly...).



...et non pas de Leslie tout court (celle qui a fait un duo avec Amine...)



Dans un article, Leslie Caron révÚle quelques secrets pour défier les outrages du temps.
D'abord, elle n'utilise pas de savon sur son visage, ni sur son corps, Ă  part "Ă  certains endroits".
Donc, Leslie, si j'ai bien compris, si on veut te faire des petits cadeaux cosméto pour ton anniv, on évite les savons HermÚs ou Diptyque et on fait une razzia chez Doussintim ?
Pour mes plus jeunes lectrices, Doussintim (qui n'existe plus car personne n'osait prononcer ce nom Ă  la pharmacie) est l'ancĂȘtre de Vaginax Aginax ou Lactacyd Femina.

Bon, l'autre secret de Leslie : elle ne mange que trĂšs peu et ne boit pas d'alcool.
OK, mais on lui rajoutera quand mĂȘme un peu de magnĂ©sium (0 calorie) pour bien se souvenir de son texte si elle doit remonter sur scĂšne un jour.
C'est un régime un peu booooo-ringggg mais il est vrai que Leslie Caron ne fait pas ses 81 ans. Elle en fait à peine 77.

Passons alors à un exemple plus frappant, j'ai nommé Bernadette Peters qui à64 ans en paraßt 42 (64 - 42 = 22 si mes calculs sont bons).


(Je précise que Bernadette Peters est à droite).

Dans cette interview accordée au New York Times à l'époque de la reprise de A Little Night Music, Bernadette Peters parle de Sondheim, d'Elaine Stritch et de la chanson "Send In The Clowns".
Mais franchement, ça on s'en fout un peu. Le plus important, c'est que le journaliste rĂ©vĂšle ce qu'il pense ĂȘtre son secret de beautĂ©.
"Perhaps her secret is this: Lunch consisted of precisely two glasses of Pellegrino."
Bernie ne déjeune que de deux verres de San Pe.

Alors lĂ , tout de suite, la tartiflette que j'ai mangĂ©e hier midi me semble ĂȘtre une infamie.
En mĂȘme temps, je suis encore loin des 64 ans de Bernie.
64 - 25 = 50
Oh oui, j'ai bien un demi-siĂšcle avant d'atteindre son Ăąge.
Sur ce, fuck la San Pe, give me a Cosmo Mandarine.

// jeudi 23 février 2012

Les deux infos du jour

La premiÚre info du jour, c'est mon amie Miss Bad qui me l'a communiquée (elle se fait appeler comme ça, mais elle n'est pas si mauvaise dans le fond).
PremiĂšre vient de dĂ©voiler les premiĂšres images (des croquis et des maquettes, en fait) du prochain spectacle de Kamel Ouali, un opĂ©ra de Haydn qu'il mettra en scĂšne au Théùtre du ChĂątelet (oui, je sais, il y a beaucoup de termes contradictoires juxtaposĂ©s dans la mĂȘme phrase que ça en donne mal Ă  la tĂȘte, l'association la plus dĂ©tonante Ă©tant sans doute "Kamel Ouali + mise en scĂšne").

En voici donc un aperçu

(c) Nicolas Buffe

Et si vous regardez bien la galerie photo que j'ai mise en lien, vous remarquerez que personne n'a Ă©tĂ© oubliĂ©, pas mĂȘme Force Jaune.

L'autre info du jour, qui n'a absolument rien à voir hormis le fait qu'elle a elle aussi marqué ma journée, c'est que Didier Barbelivien est en visite à Nice et qu'il a déclaré au quotidien Nice-Matin que le piratage lui aurait coûté 70 % de ses revenus.
Je jure sur la tĂȘte de Stephen Sondheim et Lea Salonga (qui vient de fĂȘter ses 41 ans hier, well, no one is forever young) que je n'ai jamais tĂ©lĂ©chargĂ© illĂ©galement de titre de Didier Barbelivien.
Ni mĂȘme lĂ©galement d'ailleurs.
Pour une fois, vous pouvez me croire.

// lundi 20 février 2012

Marga Mia!

Quand on a proposé à Phyllida Lloyd (metteure en scÚne et réalisatrice de Mamma Mia!) de réaliser un film sur Margaret Thatcher, que s'est-elle dit ?
1 - Chouette, je vais travailler à nouveau avec Meryl. Elle était juste trop cool sur Mamma Mia!. On va bien s'éclater.
2 - Chouette, on va pouvoir recycler toutes les robes bleues de Mamma Mia! et les mettre dans le dressing de Maggie. J'adore le bleu.

Peut-ĂȘtre s'est elle aussi dit : "Chouette, je vais pouvoir REALISER un autre film, proposer des IDEES ORIGINALES de mise en scĂšne, offrir ma VISION DES CHOSES, explorer le LANGAGE CINEMATOGRAPHIQUE." Mais, je ne crois pas, en fait.

Phyllida a au moins su mettre en application des une choses qu'elle a apprises sur Mamma Mia!, comme par exemple le fait de mettre de la musique quand on ne sait pas quoi faire avec l'histoire et la réalisation pour exacerber les émotions.

Enfin, n'hésitez pas à revoir le making of de Mamma Mia! ou Phyllida parle de sa façon de travailler (l'intégration est désactivée donc il faut cliquer sur le lien).
Elle y dit notamment : "Can everybody stay where they can see the camera, please ? It's the first rule of film."
Oops, c'est une parodie, pas un making of ?

Enfin, puisque l'on a eu droit récemment aux biopics de Aung San Suu Kyi (The Lady) et Margaret Thatcher (The IRON Lady), je suggÚre aux studios de produire un biopic sur la vie d'Imelda Marcos que l'on surnommait "The Iron Butterfly".
Avec un peu de chance, Phyllida Lloyd ne sera pas disponible.

Je vous laisse avec une vidéo d'Imelda Marcos dont le titre seul ("Imelda Marcos talks about getting old and wanting more shoes)" promet déjà plus d'enjeu dramatique qu'une heure cinquante de Iron Lady.

// mercredi 15 février 2012

Monstrueux

shrek paris

Figurez-vous que je suis allée voir Shrek, le soir de la Saint-Valentin.
Quitte Ă  ĂȘtre cĂ©libataire, autant passer la soirĂ©e avec un monstre (et mes autres copines cĂ©libataires, accessoirement), ça ne me changera pas tellement des 23 hommes que j'ai rencontrĂ©s la semaine derniĂšre.

Shrek (je parle bien du personnage, pas du spectacle) est censé faire peur.
Et il fait peur.
Surtout autour de la bouche, qui n'est pas complĂštement verte. Elle m'a fait penser Ă  cet Ă©pisode des X-Files oĂč une douve du foie prend une forme semi-humaine, semi-monstrueuse suite Ă  des radiations nuclĂ©aires.
Ca donnait ça.

douve foie
(Attention : ne pas confondre avec un Voca People fatigué)

Quand j'ai évoqué cet épisode à l'entracte, le petit frÚre de mon amie Mawie a dit : "Ah oui, je l'ai vu quand j'étais petit, je devais avoir 6 ans. Ca m'a fait tellement peur !"
PlutÎt que de sourire en lui disant "Tu es mignon", j'ai trÚs vite répliqué : "Ah oui, moi, j'étais en CE 2, qu'est-ce que j'ai eu peur aussi !"
Note to myself : ne jamais évoquer de séries télés des années 90 si on ne veut pas donner des indications sur son ùge. (Et pourquoi pas parler de Twin Peaks pendant qu'on y est ?)

Puisque l'on parle des années 90, Shrek vous fait retomber en enfance (notamment à cause du public) mais aussi parce qu'il fait appel à un imaginaire que seuls les enfants peuvent comprendre. Enfin, je crois.
Il y a des apiculteurs en noir qui font voler des papillons.
Il y a des apiculteurs en noir qui animent un dragon.
Il y a des apiculteurs en noir qui portent des branches d'arbre.
Il y a un concours de rots et de pets en guise de duo d'amour renvoyant "Aimer, c'est ce qu'il y a de plus beau" au rang de... au rang de quoi d'ailleurs ?
Et puis il y a cet objectif : Fiona souhaite briser la malédiction afin que son visage retrouve pour de bon la forme de l'amour.
Pour ma part, je ne voudrais jamais qu'un tel vƓu se rĂ©alise.
J'aurais trop peur que ma tĂȘte devienne un iPhone.

AprÚs deux heures trente de spectacle, mes amies Shangri-La (oui, elle a été conçue dans un hÎtel Shangri-La et ses parents lui ont donné ce prénom, thank God it wasn't in a Formule 1) et Mawie ont fait leur debrief autour d'une tisane, au 71 rue de Clichy.
Un debrief bref.
"Ah, vous avez entendu Ă  la fin de sa chanson, quand Lord Farquaad fait la vibe d'Elphaba, de "Defying Gravity", les quatre notes de fin... ? Ah - ah - ah - ah ? "
"Et vous avez remarqué la citation de "Rose's Turn" de Gypsy dans la chanson des personnages de contes de fées ?"
(Que pouvez-vous répondre à part "Evidemment, banane ! Maintenant, donne-moi ton speculoos si tu le manges pas.")
C'est ça le problÚme quand on va voir des comédies musicales avec des fans, ils ne s'intéressent qu'aux détails.
Mais Dieu n'est-il pas dans les détails ?

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