// vendredi 30 novembre 2007

Moments de solitude

Avez-vous parfois l'impression d'être seul(e) au monde avec votre passion de la comédie musicale ? Avez-vous le sentiment de passer pour un(e) con(ne) quand vous vous écriez : "J'adore Hairspray !!!!!" devant vos collègues de bureau ? Etes-vous las(se) de devoir expliquer en permanence qui est Stephen Sondheim ? Moi oui.

Dernier exemple en date : j'étais à mon cours d'aérobic favori (le jeudi avec Julian) en train de remuer mes petites fesses quand soudain, le mix enchaîne sur "One Night Only" de Dreamgirls. Ok, la version Beyoncé, mais tout de même. Soudain, l'énergie revient et la chanson m'électrise. Je remue deux fois plus, histoire de sculpter mon corps et ne pas ressembler à Jennifer Hudson (super efficace comme motivation). J'avais envie de crier à tout le monde : "Hey les filles, c'est Dreamgirls !" avec la joie de quelqu'un qui retrouve un visage familier au milieu d'une foule d'inconnus. Et quand les paroles démarrent, je me mets à chanter tout fort : "You want all my love and my devo-tiooonnnn !"
Et bien je me suis sentie très seule. Et très conne. C'est vraiment pas facile de ne pas avoir les mêmes goûts que tout le monde.

// mercredi 28 novembre 2007

Le vrai problème du couple

Y-a-t-il une vie après la comédie musicale ? Les artistes employés par les grosses productions de type Notre-Dame de Paris ont il un avenir après avoir chanté de tous leurs poumons sur les scènes des Palais des Sports ou des Congrès ? A priori oui. Garou (Notre-Dame de Paris) sort aujourdhui avec Lorie et quant à Laura Presgurvic (Autant en emporte le vent), et bien... euh, ben, elle, on s'en fout, en fait.

Quelqu'un dont on se fout beaucoup moins, c'est le partenaire de scène de Laura Presgurvic : Vincent Niclot, qui désormais s'appelle Vincent Niclo (essayez donc d'enlever la dernière lettre de votre nom de famille, personnellement, pour moi, ça le fait pas). Dans Autant en emporte le vent, on avait déjà remarqué son séduisant visage et son regard ténébreux, ce qui est déjà plutôt pas mal compte tenu du fait qu'il était entouré des plus beaux danseurs de Kamel Ouali à moitié nus. Ben oui, les esclaves, ça ne danse pas tout habillés.

Aujourd'hui, Vincent se lance dans une carrière solo avec un single plutôt pertinent puisqu'il parle d'un problème crucial (non, Alex', pas la situation au Darfour) : les gens qui prennent toute la place dans un lit. Et vu les nanas hyper bien foutues dont il s'entoure dans son clip, il ne s'agit pas d'un problème de surcharge pondérale.

Personnellement, je trouve que Vincent a touché un point sensible. Je n'ai pas souvent été en couple, mais je dois reconnaître que le majeur problème de la vie à deux, ce ne sont pas les mecs qui pressent le tube de dentifrice par le milieu, mais ceux qui prennent toute la place dans le lit (depuis quand on dort en diagonale ?). Rien que pour ça, parfois, je me dis que c'est bon d'être célibataire. Mon chat Grominou, lui, n'a pas l'indélicatesse de prendre toute la place et de tirer sur la couette.

Je vous laisse donc découvrir le clip et je me permets de vous poser une question... Que signifient les lumières à la fin du clip ? Vincent s'est-il fait phagocyter le pubis par un mini vaisseau spatial ? Si, c'est le cas, moi j'appelle maison direct.


Merci à Seb d'avoir attiré mon attention sur ce clip. Comme quoi ça sert de regarder TF1 "par hasard".

// jeudi 22 novembre 2007

Got a rocket in your pocket ?

xavier canoQuand je repense à la production de West Side Story qui se joue actuellement au Châtelet, je me dis qu'effectivement la fiction est plus belle que la réalité.
Vous en connaissez beaucoup des gangs des cités dont tous les membres sont hyper-méga-canons et super stylés avec leurs costumes violets ? Et qui en plus dansent ultra bien les chorégraphies de Jerome Robbins ?
En photo, Chino (Xavier Cano). Si Maria n'en veut pas, je prends !
Message personnel à Chino-Xavier : je ne chante peut-être pas aussi bien que Maria, mais je fais de superbes fajitas au poulet.

// mardi 20 novembre 2007

Something's coming

west side story paris Je sais, c'est complètement banal de dire que West Side Story fait partie de mes films cultes. Et quand on sait que c'est le film préféré de Chantal Goya et Jean-Jacques Debout, il n'y pas vraiment de quoi se vanter. La première fois que je l'ai vu, je devais avoir 6 ou 7 ans. Le film passait à la télé durant les vacances de Noël, et ma soeur le regardait, affalée sur la canapé marron du salon. J'en avais aperçu quelques bribes, me souvenant surtout de couleurs très marquées, et d'une cruche qui faisait la fofolle avec des chiffons en chantant "la la la la la la" (vous aurez bien évidemment reconnu "I Feel Pretty"). Mais à l'époque, j'étais bien trop occupée à martyriser des insectes qu'à regarder un film en entier à la télé.

Ce n'est qu'au lycée que j'ai ressenti l'effet West Side Story de plein fouet. A l'époque, mon frère s'était procuré un décodeur pirate Canal Plus (ne le dénoncez pas, il est obsolète depuis longtemps) et j'avais profité d'une rediffusion dans le cadre d'un cycle quelconque pour enregistrer le film sur une cassette VHS. Oui, une VHS, le truc rectangulaire en plastique noir.
J'étais jeune, boutonneuse, je portais des lunettes rondes, j'étais super bonne en français et en biologie, et j'étais souvent toute seule dans mon coin. Vous voyez Ugly Betty ? Bon, vous enlevez quelques kilos, vous rajoutez des yeux bridés, et c'était à peu près moi. Oui, oui, j'avais une frange. Bref.

Dès la première vision du film, le processus d'identification fut total. Elevée dans une famille vietnamienne plutôt traditionnelle, je me suis tout d'abord identifiée à Maria, jeune première ingénue, partagée entre son envie de respecter un schéma familial et un désir d'inconnu, de romanesque, d'inédit. Bien sûr, pour moi, à l'époque, l'inconnu se limitait aux interros surprises et aux nouvelles entrées dans le Top 50. C'est là que j'ai compris que la fiction était définitivement plus belle que la réalité.
En 1e, j'ai découvert le plaisir d'être méchante, non, pas "méchante", disons plutôt cassante, et dès lors, je me suis prise pour Anita. L'ironie comme protection contre un mal-être personnel ? Mon mode de vie pour les prochaines décennies à venir était enfin trouvé. Je ponctuais mes phrases de "ah !" ou de "ay ! ay ! ay !" pour montrer aux autres qu'il en fallait pas mal pour m'impressionner. Quand mes amies (oui, j'en avais quand même quelques unes) disaient quelque chose de stupide, je leur répondais : "Very smart, Maria, very smart". Mais au bout d'un moment, j'ai réalisé que mon accent portoricain était un peu ridicule et je me suis juste contentée d'être cassante, sans ajouter de "ay ! ay ! ay!", ni de mouvements saccadés de la tête.
J'ai fini par me focaliser sur Tony. Ce personnage, qui me semblait un poil fade au départ, a fini par incarner tout mes espoirs. "Something's coming" est devenu une sorte d'hymne personnel. Comme Tony, j'étais persuadée que quelque chose d'extraordinaire allait m'arriver. Avant de comprendre qu'il me fallait agir plutôt que d'attendre.

A 18 ans, West Side Story faisait donc partie intégrante de ma vie. Et mes parents ont longtemps maudit le jour où je me suis procuré le 33 tours. Oui, oui, un 33 tours. Le truc rond en vinyle noir.

Pourtant, c'est sans attente particulière que je me suis rendue à la générale de presse de West Side Story dimanche dernier. La première fois que j'ai vu cette oeuvre sur scène, c'était précisément au Châtelet, au début des années 90. J'étais encore dans la période où je connaissais le film par coeur et le découpage quelque peu différent de la version scène m'avait déconcertée (le ballet "Somewhere", "America" chanté uniquement par les filles, par exemple). Quelques années plus tard, la version au Palais des Sports (avec un délicieux Max Von Essen dans le rôle de Tony) ne m'avait pas complètement convaincue non plus et l'horrible configuration du lieu y était pour beaucoup. Laissons donc le Palais des Sports à Obispo et Florence.

Autant le dire tout de suite, dès les premières notes, j'ai eu l'impression de retrouver mes 18 ans. Enveloppée dans la somptueuse musique de Bernstein, j'ai commencé à pleurer (moi qu'on surnomme parfois Mme Mao pour signifier que j'ai un coeur de pierre). D'un coup sont revenues toutes ces émotions d'une autre époque : cette envie d'inconnu, cette délicieuse peur mêlée d'excitation de s'aventurer sur des sentiers interdits, cette soif de romanesque, ce besoin d'amour passionné, entier, sans compromis et cette conviction naïve qu'on pourrait mourir par amour. J'ai réalisé que les mêmes scènes me bouleversaient toujours autant (la première rencontre de Tony et Maria) et que les mêmes personnages me touchaient toujours autant (magnifique Anita).
Alors, bien sûr, on a tous pris des rides depuis notre première vision de West Side Story, mais il est des choses qui ne vieillissent pas, cette œuvre par exemple, tout comme certains sentiments qui continuent à nous animer et à nous faire avancer. Et finalement, ça a quelque chose de réconfortant, voire d'émouvant.

(Photo : Alexander Wulz)

// dimanche 18 novembre 2007

Sleep well

Promis, dès demain (ou après-demain), je mets en ligne un nouveau billet à propos de West Side Story dont la générale de presse a eu lieu ce soir.

En attendant, j'ai juste envie de vous laisser avec cette charmante phrase :
"Good night... good night... Sleep well and when you dream, dream of me..."
Profitez-en, c'est pas si souvent que je dis des choses gentilles.

Moi, je crois que je vais bien dormir. Et plutôt que de compter les moutons, je vais égrener les prénoms portoricains :
Bernardo...
Chino...
Pepe...
Indio...

// vendredi 16 novembre 2007

Quand je serai grande...

... je serai habilleuse pour Le Roi Lion.
Ou déshabilleuse pour Cabaret.

© 2007 regardencoulisse.com | Propulsé par DotClear | Design Hito
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.