// mercredi 05 décembre 2007
Moments de gratitude
Par Yvonne, mercredi 05 décembre 2007 à 09:11 :: > Réflexions hautement philosophiques
Alors, certes, j'ai parlé un peu plus bas de ces moments de solitude où on a l'impression d'être seul(e) au monde avec sa passion de la comédie musicale. A l'inverse, vous remarquerez depuis ces dernières années, le succès phénoménal des séries américaines. Qui n'en regarde pas ?
Pas un dîner en ville où on ne parle de la problématique de Heroes ("Mais si on retourne dans l'espace temps plusieurs fois, on pourrait faire une méga soirée avec que des versions de soi-même ?" "Oui, mais ce serait chiant."), du générique de Dexter ("Depuis que je regarde Dexter, je n'oublie jamais de me passer du fil dentaire" "Pas aujourd'hui visiblement, tu as de la salade coincée, là.") ou des exploits de Jack Bauer dans 24 ("Mais il mange et il fait pipi juste pendant les pauses publicitaires ?" "Ah, je ne sais pas, j'ai arrêté à la saison 3.").
Et bien curieusement, ce sont dans ces exemples de culture "populaire" que notre goût si spécifique de la comédie musicale peut parfois s'épanouir. Certes, ces séries sont écrites par des scénaristes américains pour qui la comédie musicale fait justement partie de la culture populaire. Mais pour une fois, personne ne songera à se plaindre de ce type d'impérialisme.
Exemples :
N'éprouvez-vous pas un étrange jouissance intérieure quand vous vous rendez compte que vous reconnaissez parfaitement de quelles comédies musicales de Stephen Sondheim sont extraites les chansons qui donnent leur titre aux épisodes de Desperate Housewives ?
Ne vous dites-vous pas "Yeees !" (voire "Mazel Tov !") quand Bree et Lynette font des références au Violon sur le Toit plusieurs fois dans la même saison ?
Ne ressentez-vous pas une certaine supériorité quand les personnages de Sex & The City glissent (glissaient) ici et là des références à Broadway qui sont quasiment des private jokes ("I love Betty Buckley, she is sooooo intense !") ("Oh, you're still in Miss Saigon ?") et que vous comprenez tout de suite... et que votre copine à côté vous demande "Mais pourquoi c'est drôle ?" ?
Ne jubilez-vous pas quand le neveu d'Ugly Betty chante "Good Morning Baltimore" dans le métro (qui n'a pas rêvé de faire ça ?) ou que son père parle de Chita Rivera sans que personne ne lui dise "Cheetah ? de Tarzan ?".
Bon, ok, on n'a pas encore entendu Scoffield et Lincoln de Prison Break avoir une conversation sur Cats ou La Cage aux Folles ("Mais puisque je te dis que La Cage a gagné le Tony au détriment de Sunday In The Park !" "Tais-toi et creuse.") mais avec la grève des scénaristes à Hollywood, ça ne saurait tarder.
Bref, c'est dans ces moments là qu'on a la certitude, au cas où on avait le moindre doute, que nos goûts parfois un peu différents, sont finalement une précieuse richesse.



