Bravant le froid et la flemme, je me suis décidée hier à sortir de chez moi pour aller au cinéma voir Il était une fois (Enchanted). Certes, on peut considérer que c'est un film pour petites filles, mais je crois avoir gardé une (certaine) âme d'enfant en dépit des années qui passent. Et puis je dois dire qu'une certaine curiosité m'animait. A quoi ressemble une garce femme (Idina Menzel) qui a la chance de se réveiller tous les jours aux côtés de Taye Diggs ? Et bien, elle ressemble à une fucking lucky bitch personne très épanouie.

Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, Il était une fois est un film de Disney dans lequel une princesse de dessin animé se fait pièger par une méchante reine, qui, dans un excès de cruauté, l'envoie dans un monde où les gens "ne vivent jamais heureux". Elle est donc envoyée en plein Manhattan, de nos jours.
Personnellement, je ne trouve pas cette malédiction particulièrement douloureuse.
Si j'étais une méchante reine, je condamnerais mes victimes :
- à aller voir des mauvais spectacles musicaux pour enfants en périphérie de Paris
- à regarder en boucle le DVD de Roméo & Juliette live
- à apprendre par coeur une chanson de Lorie
- à nettoyer les toilettes du château de Dammarie-les-Lys
- non pire, je les condamnerais à faire des debriefs aux staracademyciens.

Mais bon, à chacune son idée du sadisme. Comme vous le savez peut-être, durant la guerre, les Vietnamiens ont élaboré des pièges redoutables, sans moyens, certes, mais avec beaucoup d'idées (des bambous aiguisés par exemple). Voilà le genre de conte de fées que ma mère me racontait avant de me coucher. Mais je m'égare. En tout cas, maintenant, vous connaissez mon background.

Giselle, la pauvre princesse perdue en plein New York, est donc complètement désemparée mais elle trouve Patrick Dempsey sur son chemin. Non seulement elle le voit portant un peignoir entrouvert, mais en plus, il lui donne de l'argent ! La dernière fois que j'ai entendu parler de ce genre de pratiques, ce n'était pas dans un film de Disney mais dans Moi, Christiane F.. Les temps ont bien changé.

Giselle a plusieurs particularités. Certes, elle parle aux animaux, ce qui est bien pratique quand vous voulez vous débarrasser d'un chien amoureux de votre jambe. Mais surtout, elle a une chanson pour chaque circonstance. Et bien moi, c'est pareil.

Je me réveille : "Hello And Goodbye"
J'ai mal au ventre : "Whatever Happened To Class ?"
Je rencontre un homme : "One Night Only"
Je pense à ma vie sentimentale : "Another Hundred People"
Un homme me quitte : "I Hate Men"
Je fais une dépression nerveuse : "Feed Me"

Ce n'est pas pareil pour vous ? N'avez-vous pas envie de chanter à chaque grand moment de votre vie ? N'est-ce pas propre à tous les amoureux de la comédie musicale ?

Si j'ai bien suivi l'histoire, c'est particulièrement pour déclarer sa flamme qu'il est important de pousser la chansonnette. Et là, les exemples sont pléthore.
"I Get A Kick Out of You", "If I Loved You", "Love Changes Everything", "Loving You", "Sweet Transvestite", "One Hand, One Heart", etc.

Personnellement, j'ai souvent envie de chanter une chanson d'amour à quelqu'un que j'aime, mais évidemment, ça ne se fait pas. Encore moins dans le métro. Du coup, je me tais.
Mais au final, n'est-ce pas une excuse facile ? Doit-on sans cesse se cacher derrière notre frustration que notre vie n'est PAS une comédie musicale ? A défaut de pouvoir chanter "je t'aime", ne devrait-on pas tout simplement le dire ?
Alors, je sais, ça paraît simple comme ça, et des milliers de personnes se disent "je t'aime" tous les jours. Pour ma part, je n'y suis pas encore arrivée. Ca semble tellement plus facile de le chanter.


James Marsden dans Il était une fois (Tiens, vous avez reconnu l'affiche derrière ?)