// mercredi 19 décembre 2007
Marie-Rose
Par Yvonne, mercredi 19 dĂ©cembre 2007 à 07:34 :: > Réflexions hautement philosophiques
J'ai toujours l'air conne quand dans un dĂźner intello, je glisse que j'ai commencĂ© à m'intĂ©resser au théùtre musical par le biais de Chantal Goya. DĂ©jà "théùtre musical", ça ne passe pas toujours... mais "Chantal Goya" encore moins. MĂȘme le cĂŽtĂ© dĂ©calĂ©-kidult-adulescent(e)-rĂ©gression-totale a du mal à passer quand on discute avec des metteurs en scĂšne qui font du théùtre expĂ©rimental (genre des piĂšces sensorielles dans le noir au Théùtre de l'OpprimĂ© dans le 12e) et des vidĂ©astes qui font des installations dans des galeries Ă©phĂ©mĂšres.
C'est vrai, je prĂ©fĂšrerais dire que j'ai commencĂ© à m'initier au théùtre musical par le biais de Stephen Sondheim, qu'à dix ans, Company n'avait aucun secret pour moi ou que je jouais à incarner Mamma Rose dans mon salon.
Mais ce n'est pas vrai. Mon premier contact avec une "certaine" forme de "théùtre musical" (une histoire racontĂ©e avec des chansons) Ă©tait avec La forĂȘt magique de Chantal Goya. AprĂšs maintes nĂ©gociations, maints chantages, maints pleurs, maints cris, une de mes soeurs m'avait emmenĂ©e voir ce spectacle à l'Olympia, comme cadeau de NoĂ«l.
Je ne dirais pas que ce fut une "rĂ©vĂ©lation", mais ce fut certainement un grand moment de magie pour mes yeux de (toute) petite fille. Pour une raison que j'ignore encore et qui fait dĂ©sormais partie de ces douloureux secrets de famille (au mĂȘme titre que des adultĂšres ou des demi-frĂšres cachĂ©s), je n'ai jamais su pourquoi personne ne m'avait jamais emmenĂ©e voir le spectacle suivant : Le soulier qui vole. Pourtant, Dieu sait que je m'Ă©tais appliquĂ©e, que j'avais alignĂ© les "trĂšs bien" en classe, que je n'avais pas rĂ©pondu impoliment à mes parents et que j'avais fait le lit de ma soeur pendant trois mois d'affilĂ©e. Aujourd'hui, je peux dire que ce sont ces promesses non tenues, ces espoirs vains qui m'ont petit à petit fait passer dans l'Ăąge adulte (non, non, je ne suis pas over dramatic).
Un mal peut parfois ĂȘtre un bien comme me disent souvent mes amis du club privĂ© le Triangle de Sade (dans le 8e). En fantasmant un spectacle que je n'avais pas vu, et en Ă©coutant en boucle l'album, je me suis mise à interprĂ©ter l'histoire de A à Z dans notre petit salon de banlieue, laissant ainsi libre cours à mon imagination quant à l'incarnation de ces chansons. Tour à tour, j'Ă©tais Marie-Rose (le prĂ©nom du personnage interprĂ©tĂ© par Chantal Goya), les enfants du village ou la cigogne Francette.
TrĂšs vite, il me semblait naturel d'accueillir les gens en chantant "Bienvenue mademoiselle ! (...) Comment vous dire que l'on vous aime ? Nous aussi on vous attendaiiiit...."
MalgrĂ© mon pragmatisme grandissant, je n'avais aucun mal à croire qu'il puisse exister un chĂąteau en nougatine, ou une ville qui s'appelle Animauville. Du moins, pendant le temps que durait la chanson.
Mais le plus important, je crois, est que je me suis à mise à croire intimement, que dans une histoire, qu'elle soit sur scĂšne ou à l'Ă©cran, les rĂȘves les plus fous sont toujours rĂ©alisables quand on y croit trĂšs fort. Si on se met dans une chaussure gĂ©ante et qu'on lĂšve les bras au ciel en pensant trĂšs fort que cette chaussure PEUT voler, et bien, elle volera.
Depuis, j'ai développé une addiction aux chaussures.
Ainsi qu'un penchant certain pour la fiction et le rĂȘve, tout en continuant à croire que parfois, et malgrĂ© tout ce qu'il peut nous arriver de triste, la rĂ©alitĂ© est plus belle que la fiction.

"Les enfants, levez tous les bras au ciel comme moi !"
C'est vrai, je prĂ©fĂšrerais dire que j'ai commencĂ© à m'initier au théùtre musical par le biais de Stephen Sondheim, qu'à dix ans, Company n'avait aucun secret pour moi ou que je jouais à incarner Mamma Rose dans mon salon.
Mais ce n'est pas vrai. Mon premier contact avec une "certaine" forme de "théùtre musical" (une histoire racontĂ©e avec des chansons) Ă©tait avec La forĂȘt magique de Chantal Goya. AprĂšs maintes nĂ©gociations, maints chantages, maints pleurs, maints cris, une de mes soeurs m'avait emmenĂ©e voir ce spectacle à l'Olympia, comme cadeau de NoĂ«l.
Je ne dirais pas que ce fut une "rĂ©vĂ©lation", mais ce fut certainement un grand moment de magie pour mes yeux de (toute) petite fille. Pour une raison que j'ignore encore et qui fait dĂ©sormais partie de ces douloureux secrets de famille (au mĂȘme titre que des adultĂšres ou des demi-frĂšres cachĂ©s), je n'ai jamais su pourquoi personne ne m'avait jamais emmenĂ©e voir le spectacle suivant : Le soulier qui vole. Pourtant, Dieu sait que je m'Ă©tais appliquĂ©e, que j'avais alignĂ© les "trĂšs bien" en classe, que je n'avais pas rĂ©pondu impoliment à mes parents et que j'avais fait le lit de ma soeur pendant trois mois d'affilĂ©e. Aujourd'hui, je peux dire que ce sont ces promesses non tenues, ces espoirs vains qui m'ont petit à petit fait passer dans l'Ăąge adulte (non, non, je ne suis pas over dramatic).
Un mal peut parfois ĂȘtre un bien comme me disent souvent mes amis du club privĂ© le Triangle de Sade (dans le 8e). En fantasmant un spectacle que je n'avais pas vu, et en Ă©coutant en boucle l'album, je me suis mise à interprĂ©ter l'histoire de A à Z dans notre petit salon de banlieue, laissant ainsi libre cours à mon imagination quant à l'incarnation de ces chansons. Tour à tour, j'Ă©tais Marie-Rose (le prĂ©nom du personnage interprĂ©tĂ© par Chantal Goya), les enfants du village ou la cigogne Francette.
TrĂšs vite, il me semblait naturel d'accueillir les gens en chantant "Bienvenue mademoiselle ! (...) Comment vous dire que l'on vous aime ? Nous aussi on vous attendaiiiit...."
MalgrĂ© mon pragmatisme grandissant, je n'avais aucun mal à croire qu'il puisse exister un chĂąteau en nougatine, ou une ville qui s'appelle Animauville. Du moins, pendant le temps que durait la chanson.
Mais le plus important, je crois, est que je me suis à mise à croire intimement, que dans une histoire, qu'elle soit sur scĂšne ou à l'Ă©cran, les rĂȘves les plus fous sont toujours rĂ©alisables quand on y croit trĂšs fort. Si on se met dans une chaussure gĂ©ante et qu'on lĂšve les bras au ciel en pensant trĂšs fort que cette chaussure PEUT voler, et bien, elle volera.
Depuis, j'ai développé une addiction aux chaussures.
Ainsi qu'un penchant certain pour la fiction et le rĂȘve, tout en continuant à croire que parfois, et malgrĂ© tout ce qu'il peut nous arriver de triste, la rĂ©alitĂ© est plus belle que la fiction.



