// mardi 29 janvier 2008

Cabaret, dernière

Dimanche a eu lieu la dernière représentation de Cabaret. Grâce à l'invitation d'un ami généreux, j'ai pu assister à cette soirée et autant dire que l'ambiance était électrique. Avant même le début du spectacle, le public était conquis et dès l'ouverture la troupe s'est donnée avec une énergie rare.
Les aficionados étaient aux aguets mais il n'y a pas eu de blague (visible du public en tout cas) de dernière. Mais est-ce que le spectacle s'y prête ? Peut-on rajouter des blagues sexuelles à une mise en scène qui comporte déjà une simulation de fist-fucking et de zoophlie ? Difficile. Mais qui a besoin de blagues ou de clins d'oeil quant une Claire Pérot à fleur de peau nous offre un "Cabaret" à couper le souffle ?
Comme dirait ma voisine choucroutée : "Wow".

Les saluts étaient, comme on pouvait s'y attendre, chargés d'émotion. Les filles de la troupe sanglotaient tellement que moi-même, je n'ai pu retenir une petite larme, ce qui étonnera sans doute les nombreuses personnes qui pensent que j'ai un coeur de pierre. Non, je n'ai jamais mis les pieds sur scène (si on exclut la fois où j'ai visité le Théâtre du Châtelet, et la fois où j'ai joué "J'ai du bon tabac" à la flûte à bec à la fête de fin d'année du collège, en 6e) et pourtant, j'étais en totale empathie avec les Kit Kat girls qui pleuraient à chaudes larmes. Je n'ai jamais connu d'émotions de première ou de dernière, mais côté relations avortées, j'en connais un sacré rayon.
Cabaret parle de la fin d'une époque, du spectacle comme échappatoire à la réalité, de relations qui se terminent sans pour autant être tranchées, d'individus qui se séparent sans se faire les adieux dont ils auraient rêvé. Et pendant un moment, on pouvait se demander où était la frontière entre la fiction et la réalité.

La soirée continuait ensuite avec une fête dans le foyer des Folies Bergère. Les personnes invitées s'étaient vues remettre un bracelet de plastique noir leur donnant accès à cet after. Et bien, figurez-vous que je n'avais pas le fameux sésame (car invitée par un ami et non par voie officielle). Est-ce que vous croyez que ça m'arrête ?
Certains membres de ma famille ont creusé des kilomètres de tunnels souterrains avec une petite cuillère pour déjouer l'ennemi américain durant la guerre du Vietnam, est-ce que vous pensez sincèrement qu'une petite bande de plastique noire me fait peur ?

Si je peux donner quelques conseils à mes pauvres amis qui sont restés sur le carreau :
- N'affichez jamais une tête de loser, genre "rhooo j'ai trop envie de m'incruster". L'impression que vous devez donner, c'est que votre présence est un privilège pour les organisateurs, pas le contraire. Capito ?
- Evitez de traîner en groupe de plus de deux. Le facteur "lose" est d'autant plus multiplié si vous êtes nombreux, donc vous êtes plus facilement repérable par la sécurité.
- Restez à l'écoute. Des astuces peuvent venir de conversations environnantes, ouvrez grand vos oreilles et prenez vous pour Fantomette ou Alice Roy, détective. Vous verrez, c'est fun quand on se prend au jeu.

Alors, sans vouloir faire de lapalissades, une ambiance de dernière n'a rien à voir avec une ambiance de première : moins d'invités, moins d'alcool, moins le coeur à la fête... Et puis, il n'y avait pas de fontaine de chocolat. Et puis, a-t-on vraiment envie de se trémousser en hurlant "I need some hot stuff baby tonight" alors que c'est la fin d'une aventure et qu'on n'a bu qu'une coupe de champagne ? Moi pas.
A 0.32 : plus de champagne. Signe qu'il est l'heure de rentrer chez moi. Adieu le Kit Kat Klub... A bientôt peut-être ?



Ci-dessus : le fameux bracelet, honteusement mendié à un de mes co-rédacteurs en chef, qui, magnanime, me l'a offert en guise de cadeau de Noël + cadeau d'anniversaire. J'envisage de le mettre autour du cou de mon chat.

// vendredi 25 janvier 2008

Espoir


Photo : © Thibault Grabherr/TFM

Cette semaine ont été annoncées les nominations pour les Oscars (avec un s) et les César (sans s).
Du côté américain, très peu de films musicaux ont été nommés.
Sweeney Todd, pourtant gagnant d'un Golden Globe, ne reçoit que trois nominations dont deux techniques.
Déception : Hairspray ne reçoit pas la moindre citation. Alors que le maquillage de Cotillard est remarqué, celui de Travolta est ignoré.
Visage émacié = in.
Visage joufflu = out.
Et moi qui viens de m'enfiler un paquet entier de Délichoc, je suis mal barrée pour Hollywood.

Côté français, La Môme récolte onze nominations. Et moi j'essuie les verrrrrres au fond du café. C'est reparti pour un an de "r" roulés.
Personnellement, ce que je préfère dans les César, c'est la catégorie meilleur espoir masculin : une sélection idéale de maris potentiels. Cette année, deux de mes chouchous sont nominés : le mignonnet Grégoire Leprince-Ringuet et le trop hottttt Nicolas Cazalé (voir photo). Hmmm. Que choisir ? Il paraît que la vie est faite de choix. La vie est vraiment trop dure.

Les César seront remis le 23 février, les Oscars le 24.
C'est Marion Cotillard qui va être contente d'aller à Hollywood avec un jetlag sous les yeux. Heureusement, elle sera sans doute accompagnée de ses amis maquilleurs nominés. La classe.
Et nous, pendant ce temps-là, on regardera la cérémonie, en pyjama, dans notre canapé, avec un masque Yves Rocher sur la tronche.
Et des Délichoc.

// mardi 22 janvier 2008

Adieu à Berlin

Et bien voilà, dimanche aura lieu la dernière de Cabaret aux Folies Bergère et ne sachant pas encore si j'aurais la possibilité d'y assister, je profite de ce blog pour remercier toutes les personnes impliquées sur ce spectacle pour nous avoir fait passer une année et demie riche en émotions en tout genre. (Là, normalement, je crie un prénom masculin, mais pour ne pas faire de jaloux, je me tairais exceptionnellement).

Aux artistes présents sur scène (comédiens et musiciens) : merci de nous avoir fait rêver (si j'utilise le verbe "fantasmer", je vais encore passer pour une frustrée sexuelle) et merci de me lire quand vous êtes dans vos loges à moitié nus.

Merci également au staff en coulisses.
Question aux habilleuses : est-ce vraiment un dream job ? Arrivez-vous à faire la part des choses entre votre vie privée et votre boulot ? Profitez-vous de votre statut ? Prenez-vous des photos en cachette avec votre téléphone pendant les changements de costume ?
J'envisage une reconversion professionnelle et tout conseil est bienvenu.

Merci à l'équipe de communication de Stage Entertainment de m'avoir invitée et de m'avoir si bien traitée. Merci de m'avoir fait découvrir le principe de la fontaine de chocolat. Le jour où je gagne au loto, j'en achète une pour les jours de déprime.

Enfin, merci à Sam Mendes pour sa mise en scène. Un merci tout particulier pour avoir remis au goût du jour la pilosité féminine sous les aisselles. Quand je suis en panne de cire, et que mes soi-disant amies me le font remarquer, il me suffit de répondre avec aplomb : "Ein ! Zwei ! Drei ! Je suis une Kit Kat girl, ça te pose un problème ?" pour que tout de suite, ça passe mieux.

Oui, vraiment, le Kit Kat va me manquer.

// lundi 21 janvier 2008

En haut ! En bas !



Certains d'entre vous ont sans doute entendu parler de la comédie musicale Jersey Boys. Créée à Broadway en novembre 2005, elle retrace le parcours de Frankie Valli et des Four Seasons, un "célèbre" groupe américain des années 60, dont au moins deux tubes ont traversé l'Atlantique : "Oh What A Night" (que l'on connait par Claude François sous le titre "Cette année-là") et "Can't Take My Eyes Off of You" (que l'on connaît surtout dans la version disco des Boys Town Gang). Si vous êtes gay et/ou que vous avez plus de soixante ans, vous connaissez peut-être également la version française qu'en a fait Line Renaud.

Je n'ai jamais eu l'occasion de voir ce spectacle à New York. D'une part, il se joue à guichets fermés, et d'autre part, quitte à voir des garçons américains chanter en faisant des harmonies, je préfère aller voir Naked Boys Singing. Cependant, j'ai récemment écouté le CD de Jersey Boys et j'ai été étrangement surprise par l'ouverture. Je sais, l'époque des majestueuses ouvertures orchestrales est loin derrière nous, et certains oseront même dire que c'est démodé. Oubliés les Cole Porter et autres Irving Berlin qui nous plongeaient totalement dans leur partition dès les premières notes... Aujourd'hui, l'un des plus grands succès de Broadway débute avec... Yannick.

Oui, vous avez bien lu. Yannick. Yannick tout court. Pas Yannick Noah, l'homme préféré des Français. Ni Yannick Noblet qui était dans ma classe en 6e. Yannick, le chanteur qui a fait un tube : une reprise "adaptée" de "Cette année-là" qui nous a valu pendant des années d'endurer de pitoyables chorégraphies lors des mariages des copines. "En haut ! En bas ! A droite ! A gauche !" Et "Au secours !", on a le droit de le chanter aussi ?

Je suppose que cette reprise a été choisie pour illustrer la renommée "internationale" des Four Seasons, mais c'est étrange d'entendre un cast recording démarrer de cette manière. Certes, l'accent à couper au couteau de l'interprète lui rajoute un certain charme mais tout de même ! What's next ? Larusso en ouverture du prochain Sondheim ?

// lundi 14 janvier 2008

Bui Doi



Ceux qui ont eu l'occasion de voir Miss Saigon sur scène se souviennent sans doute de l'ouverture du deuxième acte, avec la chanson "Bui Doi" ("poussière de vie" en vietnamien) durant laquelle sont projetées des images d'enfants eurasiens, nés de soldats américains et de femmes vietnamiennes, et généralement rejetés par la société. Aujourd'hui, grâce à Johnny Hallyday et Angelina Jolie, les enfants vietnamiens sont devenus à la mode. C'est vrai que c'est mignon, ça prend pas de place et que ça fait classe et exotique sur une couverture de Paris-Match. Et c'est moins cher qu'une robe Vera Wang.

J'ai lu récemment qu'Angelina Jolie avait envoyé un rapport aux autorités vietnamiennes pour les informer des progrès réalisés par Pax Thien, le fils qu'elle a adopté là-bas avec Brad Pitt. "Pax se sent parfaitement bien dans sa famille d'accueil. Il arrive désormais à débiter des phrases complètes en anglais. Il chante, rit, et adore raconter les histoires drôles."

Bon.
Mon anglais est pas trop mal.
Je chante, je ris, et j'aime raconter des histoires drôles. Enfin, drôles, ça dépend pour qui.
Est-ce que Brad Pitt peut m'adopter ?

// jeudi 10 janvier 2008

Quel personnage de comédie musicale êtes-vous ?

Ne mentez pas, vous avez tous fait au moins une fois dans votre vie des tests à la con du genre : Quel personnage de Sex & the City ou de Desperate Housewives êtes-vous ? (Pour info, moi : Carrie et Edie. Pourtant je n'ai jamais porté de Blahnik et je n'ai jamais lavé de voiture pour allumer un voisin. Enfin, je n'ai jamais lavé de voiture de toute façon.)

C'est dommage qu'il n'existe pas un test pour savoir à quel personnage de comédie musicale on ressemble le plus. En même temps, je crois que je serais trop angoisée. Moi qui me vois comme un savoureux mélange entre Eponine, Kim et Maria (les jeunes premières tragiques, ethniques, amoureuses et passionnées), j'aurai trop peur de voir la vérité éclater et de n'être finalement qu'un odieux mix d'Evita, Mme Thénardier et Sandy (non, pas Sandy de Grease, Sandy le chien dans Annie). Quoiqu'à choisir, je préfère ressembler à Sandy qu'à Annie.

annie sandy
Au secours !

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