- Qu'est-ce que tu as ?
- Je suis triste et je m'ennuie. (...) Et tu sais, à quoi je pense ?
- Oui, à l'homme de ta vie.
- Comment as-tu deviné ?
- Mais mon petit chou, c'est simple. Tu as toujours cet air-là lorsque tu penses à l'homme de ta vie...

Voilà ce qui arrive quand on se retrouve seule à Paris durant un grand pont.
On a beau avoir 52 amis sur Facebook (dĂ©jà, c'est pas terrible), on se retrouve à faire des poupouyous à son chat en se demandant ce qu'on va bien pouvoir faire pour tromper sa solitude
Il fait beau, alors on écoute des chansons joyeuses, du jazz qui swingue, des airs qui donnent envie de danser.
Sur son iPod, on joue sa liste de lecture "Songs for a sunny day".
On se retient d'écouter "Il pleut sur Nantes" ou "Téléphone-moi" ou sa liste de lecture "Déprim' music".
On joue la B.O. des Demoiselles de Rochefort parce qu'on garde en tĂȘte le souvenir de ces images pimpantes et colorĂ©es du film de Jacques Demy, de cette kermesse baignĂ©e par le soleil, de ces rues lumineuses oĂč les passants dansent plutĂŽt qu'ils ne marchent.

Et puis, à bien Ă©couter, on se souvient qu'en dĂ©pit d'un dĂ©nouement a priori heureux, le film est baignĂ© de mĂ©lancolie, de regrets des histoires passĂ©es ou ratĂ©es, d'incertitude et d'apprĂ©hension quant au futur.
On repense à cette pĂ©riode de son adolescence (il n'y a pas si longtemps que ça) durant laquelle on a Ă©coutĂ© le CD mille fois.
Les annĂ©es ont passĂ©, les supports ont changĂ©, l'Ipod a remplacĂ© le CD, mais certaines choses restent immuables : on a toujours cet air-là quand on pense à l'homme de sa vie.

Notes additionnelles :

- Oui, dans mon billet précédent, j'ai parlé de mon futur mari. Mais, bon, j'ai un peu extrapolé. C'est un futur mari potentiel et idéal. Et il n'est pas encore au courant.

- Pour ceux qui s'inquiÚteraient éventuellement de ma santé mentale, je les rassure. Je suis un peu mélancolique, pas suicidaire, ni dépressive. Si c'était le cas, j'écouterais Les Demoiselles de Rochefort, version Palais des CongrÚs 2003.