// vendredi 29 août 2008

Juste un doigt

Je précise que, contrairement à ce qu'on pourrait penser, la vidéo précédente n'est PAS une vidéo de prévention contre les effets nocifs de l'alcool dans le milieu du théâtre musical parisien.

// jeudi 28 août 2008

Moi, moi, moi

Moi, si j'étais narcissique, plutôt que d'écrire un blog, j'aurais une chaîne sur Youtube et je m'enregistrerais devant ma webcam.
Je ferais des playbacks de chansons de comédies musicales hyper cultes ("And I Am Telling You", "The Ladies Who Lunch", "Good Morning Baltimore" ainsi que - dans un autre genre - "La Macarena" parce que franchement, c'est hyper virtuose dans le débit - un peu comme "Getting Married Today" - vous avez déjà essayé de chanter les paroles, vous ? Essayez un peu avant de vous moquer).

Néanmoins, pour une fois, je vais mettre ma timidité maladive et ma modestie légendaire de côté pour vous montrer une vidéo relative à la soirée que j'ai présentée le 6 juin dernier. Pour info (car vous n'y étiez pas tous, hein, bande de lâcheurs), la soirée s'appelait "La vie est une comédie musicale (Carte blanche à Stéphane Ly-Cuong)".
Elle est devenue (pour cette vidéo) : "Soirée d'Yvonne".
Je n'aurai qu'une réaction : "Hi hi hi hi".
(Ouais, nous, les filles asiates, on est super fortes en gloussements et on peut faire passer 51 émotions différentes dans un gloussement).

Une seule réflexion me vient à la vision de ce document.
Pourquoi Haô Ting, mon futur potentiel mari finit-il la soirée au bras de deux blondasses plutôt que de me masser les pieds avec un petit ustensile en bois comme dans Epouses et Concubines ?
Là, je me dis que je pourrais avoir une attitude bouddhiste et que je devrais me détacher du sentiment de désir pour réduire mes souffrances.
Mais non. Même pas.

// lundi 25 août 2008

Friendship

Puisqu'on est dans la série Muppet / Broadway, je vous propose cette vidéo d'Ethel Merman, légende de Broadway, dans un de-lovely medley /duo avec les différentes créatures du show.
Les mauvaises langues remarqueront que Miss Merman reste assise durant tout le numéro. Le privilège d'être une diva vieillissante, I guess.



Pour ma part, plutôt que de chanter "Friendship, friendship, just the perfect friendship", je suis plus dans une phase "Feng shui, feng shui, just the perfect feng shui".
En effet, lors de sa visite récente, mon amie Tracie Chang en a profité pour me faire une analyse feng shui de mon appartement, et je suis persuadée que le miroir octogonal qui j'ai placé dans la zone "amour" va changer radicalement ma vie.
Tiens, d'ailleurs mon téléphone sonne, là.
Ah, non, c'est un faux numéro.

// jeudi 21 août 2008

Développement personnel

Aux quelques lecteurs qui s'inquiètent de ma de santé morale suite au billet précédent, je précise que je vais très bien.
Tout d'abord, il faut savoir que la nostalgie est quelque chose de très ancré chez les Asiatiques et que ce n'est pas forcément négatif. Pour certains, c'est même un art de vivre, une philosophie.
Comme pour Ozu, par exemple.
Ou pour ma mère, qui à chaque fois qu'elle me voit, me dit qu'elle regrette l'époque où j'avais six mois (à savoir quand je ne pouvais ni marcher, ni parler, et que donc je ne pouvais ni lui échapper, ni lui dire des choses désagréables).

Bref, je pète la forme et je rappelle que j'ai conclu mon précédent billet par :
"Worlds to change and worlds to win!"

Et non pas par :
"J'avais rêvé d'une autre vie mais la vie a tué mes rêves."

Ou encore :
"J'ai la tête qui éclate,
J'voudrais seulement dormir,
M'étendre sur l'asphalte
Et me laisser mourir."

Je dois cependant préciser que je vais particulièrement bien depuis la visite récente de mon amie taïwanaise Tracie Chang.
La dernière fois que j'ai vu Tracie, il y a deux ans, elle était molle et déprimée. Aujourd'hui, c'est une battante qui a réussi dans tous les domaines : elle a un job de rêve, un appart' fabuleux dont elle est propriétaire, il ne lui manque plus que l'amour mais elle y travaille férocement.

L'incroyable changement qui s'est produit chez Tracie est dû selon elle à sa pratique intensive de méthodes de développement personnel du type "Changez de vie en sept jours".
Personnellement, je pense que le fait d'avoir changé sa coiffure de merde y est pour beaucoup mais je me suis dit : "Pourquoi ne pas essayer ?". Après tout, ça ne me coûte rien, et Tracie m'a fait un résumé qui m'évite d'avoir à me taper cette littérature.

Bon, en gros, il faut toujours avoir des pensées positives, avoir confiance en soi, être persuadé qu'on va réussir tout ce qu'on entreprend et se répéter des phrases hyper fortes tous les soirs avant de se coucher.
Comme je m'imagine mal dire à haute voix des phrases du type "I am a winner" "I am the best" "I rule" "I can eat like a pig and feel great", je préfère utiliser ma propre méthode et puiser dans le répertoire des comédies musicales.
Du coup, je braille dans tout l'appartement "Some people ain't me!", "Everything's coming up roses for you and for me!", "Hey Mr Producer! I'm talking to you, sir!", "The name on everybody's lips is gonna be: Vonnie!" (ainsi que "Don't want no short dick man!" mais ça, c'est uniquement parce que c'est passé à la radio l'autre matin).

Hier, alors que je cherchais sur Youtube des vidéos pour mon lecteur favori un des mes lecteurs favoris, je suis tombée sur cet extrait de Bernadette Peters au Muppet Show, chantant une chanson à Robin, le neveu de Kermit, afin de lui donner confiance.
Autant vous dire que cette vidéo tombe au moment idéal et que je me suis identifiée à fond.
A Robin, bien entendu, mon développement n'étant pas non plus si fulgurant.
D'abord parce que après avoir beaucoup bu, il m'arrive de faire des rêves délirants dans lesquels Bernadette m'apparaît et me chante des chansons (bien que plus récemment, c'est le plongeur Alexandre Despatie qui m'apparaissait, mais ce n'était pas exactement le même genre de rêves).
Ensuite, parce que lorsque j'étais au lycée, mon amie Sarah me surnommait Froggy car elle trouvait que je ressemblais à une grenouille.
Je n'ai jamais su si c'était à cause de mon visage ou de mes cuisses et si c'était affectueux ou juste cruel.
Enfin, parce que même petite et verte, cette grenouille est franchement mignonne comme tout.

Du coups, j'ai décidé de créer mon propre exercice de développement personnel que je vous propose aujourd'hui. Vous me remercierez plus tard.

- Vous vous réunissez entre amis autour d'une bonne bouteille. Si vous arrivez à cette étape, c'est déjà pas mal, ça veut dire que vous avez quand même des amis.
- Vous vous mettez devant votre écran et vous chantez en même temps que Bernadette Peters.
- Au bout de la cinquième fois, votre moral, votre optimisme et votre confiance devraient être au top.
- Répétez cet exercice autant de fois que nécessaire.

C'est gratuit, c'est fun, et surtout, ça vous épargnera l'immense humiliation d'aller à la FNAC Saint-Lazare et de demander à une vendeuse le rayon du développement personnel.
Et de vous entendre répondre d'un air compatissant : "C'est par là, madame."



Allez, tous ensemble !

"If just one person believes in you,
Deep enough, and strong enough, believes in you...
Hard enough, and long enough,
It stands to reason, that someone else will think
"If he can do it, I can do it."
Making it: two whole people, who believe in you
Deep enough, and strong enough,
Believe in you.
Hard enough and long enough
There's bound to be some other person who
Believes in making it a threesome,
Making it three.....
People you can say: believe in me.....
And if three whole people,
Why not -- four?
And if four whole people,
Why not--more, and
more, and
more....
And when all those people,
Believe in you,
Deep enough, and strong enough,
Believe in you...
Hard enough, and long enough
It stands to reason that you yourself will
Start to see what everybody sees in
You...
And maybe even you,
Can believe in you... too!"

// mardi 19 août 2008

Août



La bonne nouvelle, c'est que je ne suis pas morte. Encore que je ne suis pas sûre que ce soit une bonne nouvelle pour tout le monde.
La mauvaise, c'est que je ne suis pas certaine d'avoir beaucoup de choses à vous raconter.
C'est vrai que d'un point de vue théâtre musical, il ne se passe pas grand chose, à part que George Furth, auteur des livrets de Company et de Merrily We Roll Along (deux de mes Sondheim fétiches) est mort.

En dehors de ça, il se passe quand même des choses dans le monde.
Madonna a eu 50 ans.
Ma gardienne aussi, mais personne n'en a parlé.
Les Jeux Olympiques battent leur plein et passionnent la planète.
Pour ma part, j'adore regarder les épreuves de plongeon. Catégorie masculine, bien entendu.
Sinon, il y a une guerre somewhere mais tout le monde est parti en vacances.

Paris au mois d'août, c'est à la fois beau et désespérant.
J'ai l'impression de jouer aux héroïnes modianesques, à marcher le long des boulevards déserts, à ne pas savoir ce que je vais faire de ma vie, et à ressasser quelques souvenirs à peine enfouis.
Je pense à cette phrase extraite du dernier Modiano : "Parfois, le cœur se serre à la pensée des choses qui auraient pu être et qui n'ont pas été, mais je me dis qu'aujourd'hui encore la maison reste vide, à nous attendre. J'étais heureux ce matin-là. Et j'éprouvais une certaine ivresse. La ligne d'horizon était loin devant nous, là-bas, vers l'infini."
Et par association d'idées, je pense à la collaboration Sondheim - Furth et à cette scène finale de Merrily où les héros, jeunes, pleins d'espoirs et de rêves, montent sur le toit de leur immeuble pour observer le passage du satellite Spoutnik : le symbole d'une nouvelle ère, le signe que tout peut être possible, la conviction que l'horizon et l'infini sont en effet bien loin devant nous, qu'on a encore tant de chemin à parcourir, mais que plutôt que de se décourager, il y a quelque chose d'excitant à courir vers notre avenir.
Alors, j'oublie un peu la nostalgie et la torpeur d'août, et je me dis : "It's our time, breathe it in: worlds to change and worlds to win!".

// samedi 2 août 2008

La haine, la haine

Bon, ce blog n'a pas vocation de rapporter les faits divers, mais une fois n'est pas coutume.
La semaine dernière, un homme a fait irruption dans une église d'Atlanta et a ouvert le feu, tuant deux personnes.
"Un fait divers et rien de plus" me direz-vous, citant ainsi la célèbre chanson du groupe Le Club (1983).
Mais cette histoire est d'autant plus tragique qu'une représentation était en cours dans l'église, et qu'il s'agissait d'une comédie musicale... une version d'Annie, entièrement jouée par des enfants (Annie, Jr).

Il semblerait que l'homme ait été motivé par la haine. Non pas la haine de la comédie musicale, non pas la haine de devoir supporter d'insupportables gamines brailler "Tomorrow ! Tomorrow !", ni même la haine des perruques rousses synthétiques à 3 $.
Non, il semblerait que cet homme ait été animé d'une fièvre homophobe et voulait le montrer à cette église particulièrement tolérante envers la communauté gay et lesbienne.
Oui, tout cela est bien triste.
Sans parler du spectacle qui ne s'est pas joué jusqu'au bout et de la pauvre Annie qui n'aura pas pu trouver son big Daddy.

Pour ma part, c'est vrai que, parfois, quand j'assiste à un spectacle de mauvaise qualité, j'ai parfois envie de tuer quelqu'un ou de me tuer moi-même (Les Demoiselles de Rochefort, 27/09/2003, Gladiateur, 13/10/2004, Danse Sing, 08/11/2004, sans oublier ce spectacle de fin de stage de comédie musicale dont j'ai occulté la date et le lieu de ma mémoire, je me souviens juste que c'était long, qu'il faisait chaud et qu'en comparaison, la mort me semblait une option plus agréable).

Mais bon, de là à passer à l'acte...

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