// mardi 19 août 2008
Août
Par Yvonne, mardi 19 aoĂ»t 2008 à 15:54 :: > Réflexions hautement philosophiques

La bonne nouvelle, c'est que je ne suis pas morte. Encore que je ne suis pas sûre que ce soit une bonne nouvelle pour tout le monde.
La mauvaise, c'est que je ne suis pas certaine d'avoir beaucoup de choses à vous raconter.
C'est vrai que d'un point de vue théùtre musical, il ne se passe pas grand chose, à part que George Furth, auteur des livrets de Company et de Merrily We Roll Along (deux de mes Sondheim fĂ©tiches) est mort.
En dehors de ça, il se passe quand mĂȘme des choses dans le monde.
Madonna a eu 50 ans.
Ma gardienne aussi, mais personne n'en a parlé.
Les Jeux Olympiques battent leur plein et passionnent la planĂšte.
Pour ma part, j'adore regarder les épreuves de plongeon. Catégorie masculine, bien entendu.
Sinon, il y a une guerre somewhere mais tout le monde est parti en vacances.
Paris au mois d'aoĂ»t, c'est à la fois beau et dĂ©sespĂ©rant.
J'ai l'impression de jouer aux hĂ©roĂÂŻnes modianesques, à marcher le long des boulevards dĂ©serts, à ne pas savoir ce que je vais faire de ma vie, et à ressasser quelques souvenirs à peine enfouis.
Je pense à cette phrase extraite du dernier Modiano : "Parfois, le cĂ âur se serre à la pensĂ©e des choses qui auraient pu ĂȘtre et qui n'ont pas Ă©tĂ©, mais je me dis qu'aujourd'hui encore la maison reste vide, à nous attendre. J'Ă©tais heureux ce matin-là. Et j'Ă©prouvais une certaine ivresse. La ligne d'horizon Ă©tait loin devant nous, là-bas, vers l'infini."
Et par association d'idĂ©es, je pense à la collaboration Sondheim - Furth et à cette scĂšne finale de Merrily oĂč les hĂ©ros, jeunes, pleins d'espoirs et de rĂȘves, montent sur le toit de leur immeuble pour observer le passage du satellite Spoutnik : le symbole d'une nouvelle Ăšre, le signe que tout peut ĂȘtre possible, la conviction que l'horizon et l'infini sont en effet bien loin devant nous, qu'on a encore tant de chemin à parcourir, mais que plutĂŽt que de se dĂ©courager, il y a quelque chose d'excitant à courir vers notre avenir.
Alors, j'oublie un peu la nostalgie et la torpeur d'août, et je me dis : "It's our time, breathe it in: worlds to change and worlds to win!".



