C'est avec joie et apprĂ©hension que je me suis rendue hier soir à Mogador pour la soirĂ©e spĂ©ciale "blogueurs".
Joie parce que c'est toujours une joie inouïe quand je vois sur un carton : cocktail dßnatoire.
Appréhension parce que j'avais peur de me retrouver avec des geeks-nerds férus d'informatique.
Pour ma part, je n'ai pas le dernier Mac à la mode comme Carrie Bradshaw.
Je n'ai pas de Palm Pilot et j'Ă©prouve toujours un certain plaisir à caresser le vieux cuir de mon Filofax.
Enfin, je n'ai pas un mĂ©ga iPhone qui me permettrait de changer de statut Facebook mĂȘme dans le mĂ©tro (genre : Yvonne est à Montparnasse, Yvonne est à Duroc, Yvonne est à Saint François Xavier...).
En mĂȘme temps, je ne suis pas obligĂ©e de parler aux autres invitĂ©s.

La soirée commençait donc par une visite de certaines parties du théùtre.
Nous avons eu la chance de voir la cafĂ©tĂ©ria, moins grande et moins colorĂ©e que celle d'HĂ©lĂšne et les garçons, mais nettement plus sexy. C'est ainsi que j'ai dĂ©couvert que Thibault Durand (un de mes futurs maris, mais il ne le sait pas encore) mangeait du poulet et soudain, dans ma tĂȘte jaillirent 40.000 recettes : salade de poulet à la vietnamienne, brochettes de poulet au satĂ©, cuisses de poulet marinĂ©es, poulet au curry vert, amok de poulet à la cambodgienne, poulet au barbecue façon Isaan, ailes de poulet au miel et au piment...
Thibault, je peux combler TOUS tes désirs gastronomiques.

Vint ensuite la visite du studio qui sert de salle de répétitions, d'échauffement et de détente.
Pour ma part, j'ai toujours envie de me dĂ©tendre quand je tombe nez à nez avec une crĂ©ature noire et musclĂ©e et torse nu, s'Ă©tirant dans tous les sens (mention spĂ©ciale pour la souplesse...) pour nous offrir une vue imprenable sur son postĂ©rieur bombĂ©.
Ca aurait été fait exprÚs que ça n'aurait pas été mieux.
Le bonheur est fait de petits plaisirs simples.

Malheureusement, nous n'avons pas visité la salle de fitness.
Mais n'est-ce pas mieux ainsi ?
Ne vaut-il pas mieux que les fantasmes restent des fantasmes ?
Ne serais-je pas déçue, par exemple, si je faisais connaissance avec Gael Garcia Bernal et découvrait qu'il porte des chaussettes Simpsons ?
Parfois, il vaut mieux entretenir le mystĂšre.

Néanmoins, il m'a fallu oublier ma (petite) déception avec une coupe de champagne.
Et comme il ne faut jamais boire l'estomac vide, j'ai Ă©tĂ© obligĂ©e de manger du foie gras sous toutes les formes : abricots au foie gras, mille-feuilles de foie gras, foie gras à la confiture de figue, pain d'Ă©pices au foie gras...
Mazette ! Il me suffisait de fermer les yeux et j'entendais ma copine Alex me parler de ses vacances à Sarlat.
Pour Ă©quilibrer mon repas, j'ai tout de mĂȘme mangĂ© une tomate cerise, avant de rejoindre la salle, le cÅ“ur pĂ©tillant et lĂ©ger.

Résumé du premier acte :
Plus d'un an aprĂšs ma derniĂšre visite à Mogador, la naissance de l'herbe me fait toujours un effet bÅ“uf.
A tel point que j'ai presque envie de renoncer au saucisson et de devenir végétarienne, voire végétalienne.
Surtout si l'herbe arbore des poitrines musclées et viriles et bien charnues.

A l'entracte, nous avons eu droit à une nouvelle coupe de champagne (enfin, ceux qui le souhaitaient pouvaient boire du Perrier) et à des petits fours sucrĂ©s (mais pas assez selon mon collĂšgue qui m'accompagnait).

Résumé du deuxiÚme acte :
L'an dernier, j'avais qualifié les pectoraux de Jeremy Fontanet d'oreiller idéal. Cette année, je devrais les qualifier d'oreillers idéaux, car il y a largement de la place pour deux. Qui partage avec moi ?
Ce qu'il y a de rassurant, c'est que dans notre pays en berne, il y a au moins un domaine - en dehors du chĂŽmage - qui observe une forte croissance.

AprÚs le spectacle, nous avons visité quelques salles backstage.
Celle des costumes m'a particuliÚrement marquée.
Il y avait par exemple des caisses avec écrit : "Stock strings hommes", "Réserve Slips".
C'est fou comme quelques mots griffonnés au marqueur sur une étiquette adhésive peuvent avoir un fort pouvoir évocateur.

Ensuite, dans la salle maquillage, nous avons appris que la production utilisait des pinceaux à cinq tĂȘtes, spĂ©cialement créés pour Le Roi Lion et leur permettant de faire de beaux (et rapides) effets de stries.
Spécialement créés ?
Mon œil !
Que Julie Taymor reconnaisse enfin que Kimera l'a inspirĂ©e pour toute son esthĂ©tique du Roi Lion plutĂŽt que de nous raconter sans cesse les mĂȘmes balivernes sur l'IndonĂ©sie et l'Afrique du Sud.


Si je vous dis que c'est une photo extraite du programme, vous y croyez, non ?
Genre : "Kimera : Ladybird et doublure Zazu".

La soirĂ©e s'est terminĂ©e autour d'un dernier buffet et à la vue de la charcuterie, mes vellĂ©itĂ©s de devenir vĂ©gĂ©tarienne ont fondu comme neige au soleil.
C'est là que je dois rendre hommage à Jee-L car un homme qui vient passer du temps à discuter avec vous alors qu'il vous a vue vous empiffrer de saucisson à l'ail est un homme classe.
Moi je dis, Jee-L = big respect.

Je suis donc repartie la tĂȘte pleine de rĂȘves, le ventre plein, et le coeur plein de perspectives quant à mon avenir sentimental.
Ce qui fait dĂ©jà trois raisons pour passer une bonne nuit.

Alors, ne croyez pas que je sois snob et que je ne vous parle que de soirées inaccessibles au commun des mortels.
Non, pas du tout.
Le Roi Lion organise justement des portes ouvertes ce dimanche de 11 h à 17 h.
Vous ne visiterez peut-ĂȘtre pas la cafĂ©tĂ©ria et vous n'aurez sans doute pas de saucisson à l'ail. Cependant, vous pourrez notamment participer à l'atelier maquillage ("Kimera, s'il vous plaĂźt ! Bon, ok, Nala... Pffff...") et vous pourrez entendre des contes africains racontĂ©s par des artistes du spectacle ("Matthieu, raconte-moi l'histoire du petit grain de riz amoureux de la racine de manioc...").

A choisir entre un aprĂšs-midi exotique à Mogador ou comater devant Drucker, le choix est facile, non ?