Si on m'invite à voir une pièce où il y a de la nudité masculine sur scène, il est fort possible que j'accepte. Parce que j'adore le théâtre.
C'est donc avec une certaine curiosité que je me suis rendue à la générale de presse de Equus, lundi dernier.
Equus, c'est précisément la pièce qui se joue actuellement à Broadway avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), et qui défraie la chronique parce que le jeune comédien apparaît nu. La presse en a fait de gorges chaudes. Pour ma part, je vous épargnerai les diverses allusions aux baguettes magiques, d'autant plus que dans la version parisienne, il n'y a ni Gérard Majax, ni Garcimore dans la distribution.

La pièce débute quand Alan, un adolescent perturbé, commence des séances avec un psychiatre spécialisé. Refusant de communiquer au départ, il se contente de chanter (ou de hurler) un slogan publicitaire pour Coca Cola.
Pour ma part, si je devais ne m'exprimer qu'avec des rengaines publicitaires, ma palette serait bien plus grande. Je chanterai par exemple :
"La langouste de Cuba, on en mange tout là bas."
"Il y a des fruits, il y a de l'eau."
"Qui rend ma machine si simple à utiliser ?"
Et enfin : "En espadrille, on fait du vélo, on danse disco."
Ce qui suffirait amplement car cela me permettrait déjà d'exprimer les quatre activités les plus importantes de ma vie : la nourriture, la boisson, le ménage et le sport.

Mais je m'égare.
Si Alan est obligé de voir un psy, c'est parce qu'il a crevé les yeux de six chevaux. Pas pour une broutille du style, il est déprimé parce que la vie est dure. Les chevaux sont ici incarnés par des danseurs.
Alors, oui, je vous épargnerai aussi les blagues à deux balles sur les étalons et sur mes copines de cheval. Promis.
L'avantage d'avoir un homme à la place d'un cheval, c'est qu'on ne prend pas le risque qu'il fasse caca sur scène.
Et puis, ça prend moins de place.
Et puis, ça peut vous apporter votre petit déjeuner au lit.
Enfin, vous l'aurez compris : pour mon anniversaire, je veux un homme pas un cheval.

Alors, venons en aux faits. Oui, il y a de la nudité dans Equus, et plutôt deux fois qu'une.
Ce n'est pas dans mon habitude, mais là, j'aimerais faire ma baronne de Rothschild.
Quand un homme apparaît nu sur scène, aussi parfaite que soit son anatomie, aussi délicieux que puisse paraître le grain de sa peau, on ne laisse pas échapper un : "Ooooh !"... de bonheur... de satisfaction... d'envie... de convoitise... de whatever.
On se tait, du moins, on essaie.
Franchement, si j'étais le monsieur assis en premier de rang de corbeille côté cour, j'aurais eu trop honte de me faire remarquer ainsi un soir de générale.
Bah, au moins, il y a des gens qui expriment leurs sentiments. Pour ma part, j'étais bien trop cramponnée à mes jumelles pour laisser échapper un quelconque son.

Sinon, on apprend beaucoup de choses sur les chevaux : le brossage du poil, les outils qu'on utilise pour les sabots, etc.
C'est passionnant.
Un peu comme quand ma nièce me raconte sa série préférée "de tous les temps" "Grand Galop" qu'elle regarde sur Gulli.
Equus, ça vaut au moins le coup pour ça. Vous pourrez toujours frimer plus tard en parlant de cure-pieds avec votre nièce.
Car, rassurez-moi, vous n'êtes pas désespéré(e)s au point d'aller au théâtre pour juste quelques minutes de nudité artsy ?
Si ?