A Broadway vient d'ouvrir un musical sobrement intitulé 13, décrivant les déboires d'un adolescent de cet âge et interprété entièrement par un cast et des musiciens de moins de 18 ans.
Une chose est sûre, c'est qu'a moins de chercher un boulot de baby-sitter, ce n'est pas à la stage door du Jacobs Theatre que j'irai traîner.

Si je me penche sur mes propres 13 ans - il n'y a pas si longtemps que ça - je me demande vraiment s'il y aurait de la matière à en faire un musical. Mes souvenirs de cette époque me paraissent bien calmes, bien lisses, bien sereins.

Et puis à bien y réfléchir, je me souviens que j'étais une petite ado au physique ingrat, avec d'immenses lunettes, plutôt bonne élève, mais timide et réservée.
J'étais généralement la première à qui on demandait de copier en contrôle de maths, et la dernière qu'on choisissait dans son équipe de volley.
Je me souviens de cours de sport tout à fait humiliants qui ont, par la force des choses, développé des dons d'imagination tout à fait remarquables.
C'est vrai, rétrospectivement, je suis quand même assez fière d'avoir réussi à me planquer régulièrement dans des buissons, au stade, afin d'éviter de faire trop de tours de terrain. En même temps, quand on a des ancêtres qui ont crapahuté dans l'enfer de la jungle indochinoise et creusé les tunnels de Cu Chi à la petite cuillère, ce n'est pas si étonnant que ça.
Je me souviens de séances (ratées) de spiritisme durant lesquelles je tentais de faire bouger un guéridon et faire parler les esprits de Joe Dassin et Claude François.
Et en parlant de ratages, je me souviens d'une boum déguisée (je m'étais enroulée dans un drap pour faire "romaine") où j'ai fini aspergée de sirop de grenadine.

Wait a minute.
La comédie musicale sur mes 13 ans existe déjà. Elle est culte, n'a joué que 5 représentations à Broadway et s'appelle Carrie.



Certes Carrie a un peu plus que 13 ans mais j'ai toujours eu un peu d'avance sur mon âge.
Il me reste maintenant à développer mes pouvoirs télékinétiques.