Mardi dernier, ma copine Isabelle m'a invitĂ©e à aller voir
Je m'voyais dĂ©jà, une comĂ©die musicale construite autour des chansons de Charles Aznavour.
Elle avait eu des invitations par sa gardienne, qui elle-mĂȘme les avait eues par son coiffeur, qui lui-mĂȘme les avait eues par sa voisine.
Pour ceux qui pensent que
Je m'voyais dĂ©jà est une comĂ©die musicale avec une histoire abracadabrante vite ficelĂ©e afin de pouvoir caser des chansons aussi diffĂ©rentes que "Comme ils disent", "La BohĂȘme" ou "La plus belle pour aller danser", je les rassure tout de suite : ce n'est pas le cas. Ici, pas d'intrigue farfelue à la
Mamma Mia.
Non, non, non.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Le concept de
Je m'voyais dĂ©jà est d'une rare Ă©vidence : des jeunes se retrouvent chez Diane Tell avec le projet de monter une comĂ©die musicale autour des chansons de Charles Aznavour.
Du coup, ils chantent tout ce qu'ils connaissent, genre "ah ouais, moi, je connais celle-là", "ah ouais, et moi celle-là !".
Un peu comme lors de ma derniÚre soirée avec mes copines de la danse.
On est parties sur un trip Desireless et on s'est mises à chanter ses trois chansons ("Voyage voyage", bien sĂ»r, ainsi que "John" et "Qui sommes nous ?").
C'est intĂ©ressant aussi comme projet de spectacle, non ? C'est moins porteur que Aznavour mais ça a la mĂ©rite d'ĂȘtre moins long.
On appellerait ça
Chez les blacks chez les Sikhs chez les jaunes (extrait des paroles de "Voyage voyage" of course).
Félicité ferait la black, Nandita la Sikh et moi, bien sûr, la Jaune.

(Le macaron jaune en haut à droite prouve que les chansons citĂ©es ci-dessus ont bien existĂ©.)
Bon, j'exagÚre un peu quand je dis qu'ils enchaßnent des chansons comme ça. Certaines sont mises en situation. Par exemple, dans le spectacle, Diane Tell s'appelle Francesca Lavi (et non pas Lévy, ça, c'est dans
Rabbi Jacob). Ce qui tombe sacrément bien. Ainsi, les protagonistes peuvent lui chanter "Merci Mme La Vie", genre, quand elle leur apporte un café.
Alors, il paraßt qu'au départ, Marie-Paule Belle était prévue sur le spectacle. Mais pourquoi donc s'est-elle désistée ?
Est-ce quand elle a appris qu'elle devrait porter la chemise de Patrick Rocca dans
La Cage aux Folles ?

(Nota : que tout le monde se rassure, si le crĂ©ateur de cette chemise est - contre toute attente - bien en libertĂ©, en revanche, le maquilleur de Patrick Rocca est toujours en prison à l'heure actuelle.)
En ce qui concerne la distribution, je ne connaissais aucun des petits jeunes. Apparemment, ils viennent tous de la télé-réalité (bon, ok, j'avais entendu parler de Jonatan Cerrada).
Le fait est que je ne regarde plus d'Ă©missions de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©, à part les premiĂšres de
L'Ile de la Tentation, parce que j'adore voir comment les tentatrices se présentent.
"Salut, moi, c'est Pamela. On dit que je suis mi-ange, mi-démon. Messieurs, avec moi vous allez monter au septiÚme cielllll. Mesdames, je vais vous faire connaßtre l'enferrrrrr."
Je me suis prĂ©sentĂ©e comme ça rĂ©cemment, à une crĂ©maillĂšre d'amis d'amis, mais ça a jetĂ© un froid. Ca marche mieux à la tĂ©lĂ©.
Ceci dit, Diane Tell, bien que n'apparaissant jamais en bikini, parvient nĂ©anmoins à avoir des rĂ©pliques de tentatrice.
"Je vais m'occuper de ton noeud" dit-elle à son partenaire.
Ca, comme phrase d'approche, je n'ai encore jamais essayé.
N'allez pas croire que
Je m'voyais dĂ©jà est un spectacle nostalgique tournĂ© vers le passĂ©.
Au contraire, il est trĂšs actuel puisqu'on y voit des Velib.
D'ailleurs, c'est là qu'on voit que Bertrand DelanoĂ« a bien fait son boulot de communication.
La maison de retraite "Le temps qui court", de Chinon, qui occupait le rang derriÚre moi, s'est écriée comme un seul homme : "Oh, un Vélib !", dÚs la premiÚre apparition du moyen de transport en question.
Chapeau, Bertrand.

("Oh, un Vélib !")
En tout cas,
Je m'voyais dĂ©jà a le mĂ©rite d'ĂȘtre original. En gĂ©nĂ©ral, dans une comĂ©die musicale, le deuxiĂšme acte est plus court que le premier.
Et bien là, pas du tout. Le deuxiĂšme acte est quasiment aussi long qu'un week-end de TĂ©lĂ©thon, mais sans les dons.
Remarquez, aprĂšs, vous ĂȘtes prĂȘts à aller voir un spectacle d'Olivier Py, par exemple.
ICI : ATTENTION SPOILER !!!
NE PAS LIRE CE QUI SUIT SI VOUS AVEZ L'INTENTION DE VOIR LE SPECTACLE !!!
Je m'voyais dĂ©jà a Ă©galement une fin sacrĂ©ment culottĂ©e. Non, ils ne meurent pas tous comme dans
Les MisĂ©rables, mais ils finissent quasiment tous en couple. Et merci de ne pas dire que c'est la mĂȘme chose. Il y a encore quelques personnes parmi mes lecteurs qui croient encore à l'amour (hein Alexia ?).
Ils sont donc tous en couple... sauf le personnage gay. Ce qui, à mon avis, est loin d'ĂȘtre conforme à la rĂ©alitĂ©. Actuellement, autour de moi, tous mes amis hĂ©tĂ©rosexuels sont en train de divorcer aprĂšs trois ans de mariage, tandis que mes amis gays sont tous en couples (de longue durĂ©e) et consolident leur union en adoptant des minous (je parle bien entendu du fĂ©lin, pas d'un organe fĂ©minin ou d'un petit mec mignon).
Malheureusement, je n'ai pas d'exemple lesbien à vous donner. Je suis sans nouvelles de mon amie BĂ©atrice depuis qu'elle s'est retirĂ©e dans le Lot afin de produire des fromages de chĂšvres bio.
Enfin, pour conclure, je dois dire que c'est tout à fait rafraichissant de voir des comĂ©dies musicales oĂč il n'y a pas des danseurs magnifiques à moitiĂ© nus, comme dans les spectacles de Kamel Ouali.
Ou des excitants éphÚbes blacks bien musclés, comme dans
Le Roi Lion.
Ou bien des moines shaolin sexys et athlétiques comme dans
Tristan et Yseult.
Au moins, là, on n'essaie pas de nous distraire avec du eye candy et on peut se concentrer sur le spectacle en lui-mĂȘme.
C'est agrĂ©able tout de mĂȘme d'ĂȘtre pris pour des spectateurs adultes et concernĂ©s.