zac efron

Cherchant un bon prétexte pour aller voir High School Musical 3, j'ai décidé de jouer à la gentille tata en emmenant ma nièce Chloé, huit ans, et mon neveu Mathieu, six ans, voir le dernier opus des aventures de Zac et Vanessa.

Après Grease (sur scène), je me suis donc replongée dans l'univers des high schools.
Ce qui est bien avec les films américains qui se passent dans des lycées, c'est que c'est plutôt léger.
On s'y amuse beaucoup (sauf dans Elephant, où là, c'est un autre genre de distraction), on parle de "prom nights", de spectacles de fin d'année, de "dates", d'élèves "popular", de "nerds", de "losers", on flirte, on fait les cheerleaders, on a le droit de porter du rose. En résumé, la vie est un peu comme une petite bulle de savon. C'est mignon et c'est creux, c'est fun et c'est joli à voir.

En ce qui concerne les films français, c'est une autre paire de manches.
On parle beaucoup (Entre les murs), on couche avec son prof (Noce Blanche), on se prend pas mal la tête (tous les films avec Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle d'un lycéen) : hors de question de se répandre en futilités sur ce qu'on va porter à la prom night et avec qui on va y aller.

En même temps, c'est un peu normal.
En France, il n'y a pas de prom night. Ce n'est pas dans notre tradition.
En revanche, dans mon lycée de banlieue, il y avait une tradition assez improbable, mais plutôt amusante.
En effet, chaque année était organisé un "bal folk".
Pas un bal où Keren Ann viendrait chanter avec sa guitare, mais un bal sur des airs folkloriques traditionnels.
Et oui, that's what you get quand on grandit dans un lycée au management soixante-huitard.
Malgré ma dégaine d'asiate, j'étais une pro du cercle circassien par exemple.

Nous n'avions pas non plus de spectacle de fin d'année où on jouerait Bye Bye Birdie ou Oklahoma!.
Chez moi, il y avait un "gala du lycée" mais les différents numéros présentés n'avaient rien à voir avec la légèreté d'une comédie musicale : de la danse contemporaine sur un air de Klaus Nomi, un groupe de rock alternatif chantant une chanson sur la grève, Les Fourberies de Scapin en langue des signes, et un extrait de Huis Clos de Sartre, entièrement joué par les filles de la section G3...
La seule fois où le gala a osé frôlé le "divertissement", c'est quand Blandine Goncalves a fait un extrait de Cabaret.
Et même là, il y avait quelque chose d'expérimental, de revendicatif, de militant.
Surtout quand on arbore avec autant de fierté une décoloration très blonde avec des racines très noires.

Bref, mes années lycée (dont j'ai aussi parlé à l'occasion de Grease), n'ont pas grand-chose à voir avec les années lycée de Zac Efron. Question de génération, certes, mais aussi de pays et de culture.
Et puis finalement, ce n'est pas plus mal.
Si les prom nights avaient existé, j'aurais sûrement eu du mal à trouver un cavalier, effacée comme j'étais.
Ou pire encore, ma mère m'aurait forcé à y aller vêtue d'une robe traditionnelle vietnamienne.

Bon, voilà ce que m'a inspiré HSM3.
En même temps, mon avis, tout le monde s'en fout.
Il serait plus intéressant de savoir ce qu'en a pensé le cÅ“ur de cible concerné.
Et bien, Chloé a adoré Zac Efron.
Et Mathieu a aaaaaaaaadoré Zac Efron.