// lundi 17 novembre 2008

Etienne Etienne

Le soir d'aprĂšs CrĂ©atures, je suis allĂ©e à la gĂ©nĂ©rale de presse d'Audimat.
Et sortir deux soirs de suite, à mon grand Ăąge, cela devient difficile. J'aurais dû prendre un vodka Red Bull avant de venir.

Comme son nom l'indique, Audimat se passe dans l'univers impitoyable sur fond de romance entre deux animateurs rivaux qui s'aiment et se déchirent.
Un peu comme Benjamin Castaldi et Flavie Flament.
Ou Laurence Ferrari et Thomas Hugues.
Ou Magloire et .
Non, pas Magloire, pardon.

Dans Audimat, nous avons le délicieux Sinan Bertrand.
Dans ce spectacle, il s'appelle Etienne et pour une fois, il ne porte pas de perruque.
Et je dois dire que ce n'est pas dĂ©sagrĂ©able de voir à quoi il ressemble vraiment.
C'est vrai quoi. Dans Le cabaret des hommes perdus, il était un intéressant croisement entre Amanda Lear et MarlÚne (MarlÚne Duval, du Loft 2) et il était difficile de savoir ce qui se cachait sous toutes ces plumes de zloti.
Et s'il était une femme absolument magnifique, je ne suis pas encore lesbienne (bien que j'aime de plus en plus manger des légumes bio et me coucher tÎt, comme ma copine Béatrice).

Alors, au début du spectacle, Sinan apparaßt trÚs briÚvement en slip, pour faire un clin d'oeil aux pubs Dim.
Pour ma part, j'aurais préféré qu'il joue précisément cette pub DIM :



Mais je suppose qu'il était difficile de faire la mer sur la scÚne du Trianon.
Encore qu'Elie Chouraqui aurait contourné la difficulté en mettant des plaques de plexiglas découpées en forme de vagues.

Pour ceux qui sont restĂ©s au cocktail, (accessible à tous ! du coup, j'ai dû me battre pour quelques chips !), la cĂ©lĂ©britĂ© à lunettes n'Ă©tait pas Josiane Balasko.
C'était Guesch Patti.
Celle qui chantait Etienne, précisément.

// dimanche 16 novembre 2008

It's in your head



Certains d'entre vous ont peut-ĂȘtre vu cette image (postĂ©e notamment sur le forum de Regard en Coulisse) de la version cinĂ©matographique de Nine actuellement en production. RĂ©alisĂ© par Rob Marshall, à qui l'on doit dĂ©jà Chicago, Nine s'annonce comme une des comĂ©dies musicales les plus attendues de l'annĂ©e prochaine, avec un cast impressionnant : Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Nicole Kidman, Penelope Cruz, Judi Dench et Sophia Loren.
Nine faisant partie de mes comédies musicales préférées, autant vous dire que je suis trÚs impatiente.
J'en ai d'ailleurs dĂ©jà parlĂ© et .

Cependant, aussi impatiente que je puisse ĂȘtre, je dois bien vous avouer qu'il y a des petites choses qui me chiffonnent dĂ©jà.
D'abord, ils ont (selon ce que j'ai lu) supprimé deux de mes chansons préférées : "Be On Your Own" et "Simple".
Bon, passe encore.
Mais ce qui me chiffonne le plus, c'est que tous les numĂ©ros musicaux sont censĂ©s se passer "dans la tĂȘte" de Daniel Day-Lewis.
Un peu comme Renée Zellweger dans Chicago, quoi.
Un peu style "je fais une comĂ©die musicale mais c'est pas vraiment une comĂ©die musicale parce que c'est dans la tĂȘte de mon personnage donc ça compte pas"...
Un peu "j'assume pas vraiment que mes personnages se chantent leurs dialogues ou expriment leurs sentiments extérieurs en danse et en musique".
Mais moi, des comĂ©dies musicales "intĂ©rieures dans ma tĂȘte", j'en vis tous les jours.
Si je vais en voir au cinéma ou sur scÚne, c'est justement pour voir des personnages exprimer leurs émotions en musique, parce que, précisément, je ne peux pas le faire dans la vraie vie.
J'ai envie de les voir chanter dans la rue, au travail, à l'Ă©cole, sur une montagne, sous la pluie, dans un train, dans un tram, sur un pont, à leur fenĂȘtre...
Pas dans leur tĂȘte.

Pour la peine, je vais écouter Les parapluies de Cherbourg, tiens.
"Je devrais me maquiller, tu ne trouves pas ?"
"Non, tu es trÚs jolie comme ça..."
"Un peu, ici..."
"OĂč ça ?"
"Là."

(Bon, et puis quand vous voyez la photo au-dessus, là, vous avez pas l'impression que c'est une photo de... Chicago ?)

// vendredi 14 novembre 2008

Creatures

J'Ă©tais mardi soir (comme beaucoup d'entre vous, chers lecteurs) à la gĂ©nĂ©rale de presse de CrĂ©atures, la comĂ©die musicale d'Alexandre Bonstein et Lee Maddeford.
Pour ceux d'entre vous qui n'en auraient jamais entendu parler, Créatures nous plonge dans l'imaginaire de William, un homme a priori normal, mais qui chaque soir libÚre les monstres qui sommeillent en lui.
S'ensuit donc un dĂ©filĂ© apocalyptique oĂč se croisent la Mort, le Diable, Dieu, une femme araignĂ©e, un vampire, une sorciĂšre, un loup-garou... You name it...
Comme dirait ma copine Pamela : "Eeeek, scary !" (Pamela est Américaine).

Il est vrai que nous avons tous en nous des nĂ©vroses, des angoisses, des peurs qui ne demandent qu'à se libĂ©rer.
J'avais, il y a quelque temps, commencé un travail d'analyse pour, justement, mieux connaßtre mes traumatismes afin de pouvoir ensuite les confronter.
Mais, j'ai vite arrĂȘtĂ©.
D'abord, parce que mon psy Ă©tait trop loin, et d'autre part, parce qu'il y avait une superbe pĂątisserie juste à cĂŽtĂ© du cabinet.
Je n'ai jamais été aussi grosse.

Et puis, ai-je vraiment envie de connaßtre mes monstres intérieurs ?
Je n'ai pas besoin d'un psy pour les identifier, je les connais finalement trĂšs bien.
Je vous ai dĂ©jà dit que mon cerveau Ă©tait totalement "musical-theatre-oriented" et bien mes monstres aussi.
A l'intĂ©rieur de ma petite tĂȘte cohabitent les crĂ©atures les plus effrayantes qui soient.
Il y a d'abord la Mona Lisa de la comĂ©die musicale Da Vinci, une sorte de fantĂŽme en patins à roulettes qui chante trĂšs fort avec beaucoup de vibes.
Il y a toute la troupe des Demoiselles de Rochefort.
Il y a les moines shaolin de Tristan et Yseut.
Il y a Lùùm dans Cindy 2002.
Il y a la scÚne des Dix Commandements avec Moïse chantant "Celui qui va" puis les femmes chantant "Et tu t'en vas". Le truc interminable que les soldats américains doivent faire écouter aux prisonniers de Guantanamo pour les faire parler.
Il y a le dentier géant de Rabbi Jacob.
Il y a le colon géant du Roi Soleil.
Il y a L'Ombre d'un géant.
Il y a Patrick Fiori.
Et quand tout ce petit monde se rebelle, ça fait un sacré barouf dans mon crùne.
Si j'en faisais une comédie musicale, ce n'est pas le Casino de Paris qu'il me faudrait. C'est le Zénith.

Comme on parle de "crĂ©atures", on peut extrapoler et avoir aussi des "crĂ©atures de rĂȘve".
Dans mon cast, je prendrais Hugh Jackman, Gael Garcia Bernal, Antonio Banderas jeune et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
Et Eddie Cibrian.
(Ce sera un spectacle onirique, il a donc le droit d'ĂȘtre clonĂ©).

Mais revenons-en à Eddie Cibrian CrĂ©atures.
La reprĂ©sentation a Ă©tĂ© suivie d'un cocktail auquel on accĂ©dait grĂące à un bracelet orange.
Je dois avouer que j'ai vraiment eu mal au cÅ“ur à passer le cordon qui menait au bar tandis que la plupart de mes amis Ă©taient contraints par un Ă©norme black à rester de l'autre cĂŽtĂ©.
Mais comme vous le savez dĂ©sormais, il y a beaucoup de monde qui vit à l'intĂ©rieur de moi. Et si mon cÅ“ur me disait de rester avec mes pauvres amis de l'autre cĂŽtĂ© du cordon, mes mille et une crĂ©atures criaient comme un seul homme : "Il y a du saucisson à l'ail !!!".
C'est bien là la morale de cette soirĂ©e et de ce spectacle : il est difficile de lutter contre ses dĂ©mons.

Pour finir, je vous livre mes deux pires cauchemars.

1 : "Elle nous casse les oreilles !" (Tu m'étonnes !)


2 : "Dur dur dur de vivre contre un mur" (Tu m'étonnes !)


"Eeeek ! very very very scary !" comme dirait Pamela.

// jeudi 13 novembre 2008

Prom Night

zac efron

Cherchant un bon prĂ©texte pour aller voir High School Musical 3, j'ai dĂ©cidĂ© de jouer à la gentille tata en emmenant ma niĂšce ChloĂ©, huit ans, et mon neveu Mathieu, six ans, voir le dernier opus des aventures de Zac et Vanessa.

AprÚs Grease (sur scÚne), je me suis donc replongée dans l'univers des high schools.
Ce qui est bien avec les films américains qui se passent dans des lycées, c'est que c'est plutÎt léger.
On s'y amuse beaucoup (sauf dans Elephant, oĂč là, c'est un autre genre de distraction), on parle de "prom nights", de spectacles de fin d'annĂ©e, de "dates", d'Ă©lĂšves "popular", de "nerds", de "losers", on flirte, on fait les cheerleaders, on a le droit de porter du rose. En rĂ©sumĂ©, la vie est un peu comme une petite bulle de savon. C'est mignon et c'est creux, c'est fun et c'est joli à voir.

En ce qui concerne les films français, c'est une autre paire de manches.
On parle beaucoup (Entre les murs), on couche avec son prof (Noce Blanche), on se prend pas mal la tĂȘte (tous les films avec GrĂ©goire Leprince-Ringuet dans le rĂŽle d'un lycĂ©en) : hors de question de se rĂ©pandre en futilitĂ©s sur ce qu'on va porter à la prom night et avec qui on va y aller.

En mĂȘme temps, c'est un peu normal.
En France, il n'y a pas de prom night. Ce n'est pas dans notre tradition.
En revanche, dans mon lycée de banlieue, il y avait une tradition assez improbable, mais plutÎt amusante.
En effet, chaque année était organisé un "bal folk".
Pas un bal oĂč Keren Ann viendrait chanter avec sa guitare, mais un bal sur des airs folkloriques traditionnels.
Et oui, that's what you get quand on grandit dans un lycée au management soixante-huitard.
Malgré ma dégaine d'asiate, j'étais une pro du cercle circassien par exemple.

Nous n'avions pas non plus de spectacle de fin d'annĂ©e oĂč on jouerait Bye Bye Birdie ou Oklahoma!.
Chez moi, il y avait un "gala du lycĂ©e" mais les diffĂ©rents numĂ©ros prĂ©sentĂ©s n'avaient rien à voir avec la lĂ©gĂšretĂ© d'une comĂ©die musicale : de la danse contemporaine sur un air de Klaus Nomi, un groupe de rock alternatif chantant une chanson sur la grĂšve, Les Fourberies de Scapin en langue des signes, et un extrait de Huis Clos de Sartre, entiĂšrement jouĂ© par les filles de la section G3...
La seule fois oĂč le gala a osĂ© frĂŽlĂ© le "divertissement", c'est quand Blandine Goncalves a fait un extrait de Cabaret.
Et mĂȘme là, il y avait quelque chose d'expĂ©rimental, de revendicatif, de militant.
Surtout quand on arbore avec autant de fierté une décoloration trÚs blonde avec des racines trÚs noires.

Bref, mes annĂ©es lycĂ©e (dont j'ai aussi parlĂ© à l'occasion de Grease), n'ont pas grand-chose à voir avec les annĂ©es lycĂ©e de Zac Efron. Question de gĂ©nĂ©ration, certes, mais aussi de pays et de culture.
Et puis finalement, ce n'est pas plus mal.
Si les prom nights avaient existĂ©, j'aurais sûrement eu du mal à trouver un cavalier, effacĂ©e comme j'Ă©tais.
Ou pire encore, ma mĂšre m'aurait forcĂ© à y aller vĂȘtue d'une robe traditionnelle vietnamienne.

Bon, voilà ce que m'a inspirĂ© HSM3.
En mĂȘme temps, mon avis, tout le monde s'en fout.
Il serait plus intĂ©ressant de savoir ce qu'en a pensĂ© le cÅ“ur de cible concernĂ©.
Et bien, Chloé a adoré Zac Efron.
Et Mathieu a aaaaaaaaadoré Zac Efron.

// mardi 11 novembre 2008

Slam

Il m'arrive parfois d'aller rive gauche.
En prenant bien soin, évidemment, de prendre mon passeport, ma boussole et une gourde (je parle bien entendu d'un objet pour contenir de l'eau, pas d'une de mes copines).
L'autre jour, dans les couloirs de la station Montparnasse, une affiche de la RATP attire mon oeil.
Il s'agissait d'un de ces poÚmes, écrits par des auteurs inconnus (ou du moins inconnus du grand public) et choisis par la RATP pour orner rames et couloirs.
Là, en l'occurrence, il s'agissait d'un slam dont une phrase disait quelque chose comme "J'voudrais que ma vie soit une comĂ©die musicale".
Je n'ai pu m'empĂȘcher de m'arrĂȘter pour lire le slam en entier, de sourire intĂ©rieurement (car vous savez bien que je souris rarement extĂ©rieurement) et de ressentir un petit moment de satisfaction, de reconnaissance, tandis qu'autour de mois, les gens dĂ©filaient, indiffĂ©rents.

Alors, je sais que je ne suis pas la seule à vouloir que ma vie soit une comĂ©die musicale, mais c'est agrĂ©able, de temps en temps, d'avoir la preuve que d'autres personnes pensent comme moi.
Je me dis que je ne suis peut-ĂȘtre pas seule, lorsque la pluie tombe sur le pavĂ© parisien, à garder dans un petit coin de ma tĂȘte une ritournelle qui fait "Doo doo doo doo... I'm singin' in the rain..."
J'espÚre que d'autres comme moi, quand la pluie s'éternise, se disent "The sun will come out... tomorrow", et y croient réellement.
Parfois, quand je suis heureuse, j'ai envie de danser dans la rue et de chanter sur les toits. Quand je n'ose pas avouer mes sentiments amoureux, je me mets à rĂȘver qu'il suffirait que je balbutie : "If I loved you, words wouldn't come in an esay way..." pour qu'on me comprenne.
Oui, la vie est dure pour une rĂȘveuse, mais rĂ©flexion faite, je crois que je ne voudrais changer pour rien au monde.
Quitte à passer pour une cinglĂ©e quand je m'arrĂȘte en plein milieu d'un couloir d'un mĂ©tro pour une misĂ©rable phrase sur une petite affiche.


Découvrez Annie Cordy!

// samedi 08 novembre 2008

La fanfare

Il y a parfois une petite fanfare qui passe dans mon quartier, trois musiciens jouant des cuivres plaintifs, comme échappés d'un ersatz de film de Kusturica.
Ils s'arrĂȘtent au pied d'un immeuble et se mettent à jouer leur chanson.
Ont-ils Ă©tĂ© engagĂ©s par un amoureux romantique qui offre une sĂ©rĂ©nade à sa belle ?
Choisissent-ils de s'arrĂȘter au hasard, au grĂ© des façades, des gens qui s'attardent à leurs fenĂȘtres ?
Leurs tristes mélodies ne cessent d'évoquer des souvenirs nostalgiques, parfois doux, parfois amers.
Les rengaines évoquent des amours perdues, oubliées, lointaines.
"Besame mucho", "Histoire d'un amour", "Quizas quizas quizas"...
Pour un peu, on serait presque tentĂ© d'ouvrir sa fenĂȘtre, de leur jeter quelques piĂšces emballĂ©es dans un papier journal et se laisser aller à la mĂ©lancolie en regardant les nuages au dessus des toits de Paris.

Et puis l'autre jour, ils ont jouĂ© "Belle" de Notre Dame de Paris. Et là j'ai eu envie de balancer par ma fenĂȘtre mon seau rempli de produit nettoyant (Ă©cologique) pour le sol.

© 2007 regardencoulisse.com | Propulsé par DotClear | Design Hito
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.