Je déteste véhiculer des clichés car je déteste que les autres en véhiculent.
Par exemple, ça me hérisse qu'on me dise : "Vous, les filles Asiates, vous avez l'air hyper froides et timides au premier abord, mais au lit vous foutez le feu."
C'est terriblement réducteur.
Même si c'est vrai.

Pour ma part, je ne dis jamais lors des dîners en ville : "Les lesbiennes adorent faire des grandes balades dans la forêt, manger des légumes bios et se coucher tôt."
Ou encore : "Les gays adorent voir des spectacles avec des travestis et boire des cocktails avec des noms ridicules."
C'est terriblement réducteur... même si c'est vrai.

Par exemple, il y a quelques semaines, mon ami Jean-Pierre m'a emmenée coup sur coup à deux spectacles de travestis et comme il m'a promis les deux fois de m'inviter à boire un Mangotini (Absolut, Cointreau, mangue) après, alors forcément, j'ai accepté sans trop poser de questions.

Tout d'abord, don't get me wrong, je suis allée voir des spectacles de qualité, pas un vulgaire cabaret de bas étage. Et quand je dis "spectacles de travestis", n'allez pas imaginer un rade de Pigalle avec un tromblon portant des lunettes pour imiter Nana Mouskouri.
Non, là il s'agissait de Charlene Duval et de Mme Raymonde, de vrai(e)s artistes qui s'avèrent être travestis sur scène.

Mme Raymonde aime le vin rouge, l'accordéon, les chansons populaires et porte une robe très très simple.
Charlene Duval aime l'exotisme, Broadway, les plumes et les robes classes et sexys.
Je pense que Charlene et Raymonde offrent deux visions très différentes - pour ne pas dire extrêmes - de la femme.
Pour ma part, je pense me situer entre les deux. C'est à dire que j'aime le rouge ET les robes classes et sexy. Ce n'est pas forcément incompatible.

Après le spectacle, autour d'un Mangotini, Jean-Pierre et moi discutions du fait qu'il y avait de plus en plus d'hommes interprétant des rôles de femmes ces jours-ci.
A Paris, il y a eu Le Cabaret des hommes perdus, Perthus, d'une certaine manière L'Opéra de Sarah et donc Mme Raymonde et Charlene Duval.
A Londres actuellement, il y a La Cage Aux Folles, Priscilla Queen of The Desert ou encore Hairspray.

Et si la tendance s'étendait à des rôles qui n'étaient pas forcément écrit pour des hommes devant interpréter des femmes ?
Est-ce que Mme Raymonde ne ferait pas une bonne Fraulein Schneider dans Cabaret (voire Kost) ?
Et la Lullaby du Cabaret des hommes perdus une bonne Tanya dans Mamma Mia ! ?
Hmm, well, why not.

En attendant, si la tendance peut marcher dans l'autre sens, est-ce que je peux jouer dans Pacific Overtures et incarner un homme qui incarne... une femme ?
Hmm, je crois qu'il faut que j'arrête toute discussion / réflexion après trois Mangotinis.