Je me promenais ce week-end à la brocante qui avait lieu en bas de chez moi, flânant sans intention particulière, juste histoire de prendre un peu l'air.
J'achète rarement quoi que ce soit mais j'adore regarder, particulièrement les vide-greniers où chacun expose ses souvenirs les plus intimes... et bien souvent, les plus hideux, ceux dont on est prêt à se débarrasser pour un prix dérisoire, quelques euros, parfois quelques centimes.

En voyant ces dessous de plats en rafia, ces peluches éborgnées, ces livres de la Bibliothèque Rose jaunis, ces cendriers en coquillages, je ne peux m'empêcher d'être amusée, et parfois touchée.
Certes, la plupart de ces objets auraient tout à fait leur place dans un musée des horreurs mais ils laissent deviner un petit bout d'histoire : un souvenir d'un Noël en famille, un piteux cadeau de Fête des Mères, un anniversaire d'autrefois, un amour de jeunesse...
Parfois, on aimerait que les objets, même les plus communs, puissent nous raconter leurs passé.

Hier, sur un stand, un carton de vinyles, avec le concept album des Misérables en première place, a attiré mon attention : cette silhouette tenant un balai gigantesque, ce visage apeuré, cette typo reconnaissable entre toutes... Impossible de les louper.
Malgré moi, alors que j'ai déjà l'album en CD, je me suis approchée pour regarder les autres albums qui traînaient dans le carton, et je fus très surprise de voir, au milieu des Claude François et des Julio Iglesias, la B.O. de Camelot et de Yentl, le Broadway cast recording de A Little Night Music et quelques autres titres de comédie musicale.
Je me suis demandée comment ces disques avaient atterri là. Le stand semblait tenu par un professionnel et non un particulier, impossible d'essayer d'imaginer une histoire, un parcours, une anecdote...
Quelque part, même si ces disques étaient bradés pour trois fois rien, ça m'a fait chaud au cÅ“ur de les voir là, comme des visages familiers que l'on aperçoit au milieu d'une foule inconnue.
Quelqu'un, peut-être dans mon quartier, a eu ces disques, les a écoutés, aimés sans doute mais n'en veut plus aujourd'hui.
Oui, parfois, j'aimerais vraiment que certains objets me racontent leur passé.