Mes amis de Regard en Coulisse, hommes et femmes confondus, m'avaient dĂ©jà longuement parlĂ© de Swinging Life dont un extrait avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© lors de la grande fĂȘte du théùtre musical, le 11 mai dernier, sans oublier la toute premiĂšre reprĂ©sentation parisienne complĂšte au Trianon, la semaine suivante.
- Ah, tu verras, c'est super génial.
- Les mecs sont magnifiques.
- Je suis amoureuse !
- Comment ils bougent trop bien leur cul ! Ils ont le rythme dans la peau !
- Now I've tasted chocolate and I'm never coming back !
(Parfois, les conférences de rédaction nécessitent une certaine concentration et quelques notions de décryptage.)

J'ai tout de mĂȘme Ă©tĂ© obligĂ©e de leur dire :
- Ok mes chéries, mais ça parle de quoi, au juste ?
- Ah, euh, ben, c'est des extraits de comédies musicales genre jazz, soul, gospel, tu vois.
- Comme quoi ?
- Euh, La Couleur Pourpre, je crois.
- Des trucs jazz aussi, style "Man I Love".
- Non, "Loverman".
- Ah ouais, c'est vrai. Enfin. Tu vois, quoi ?
- Ouais, ouais. Je vois bien, vous expliquez vachement bien.
(Parfois, les conférences de rédaction nécessitent une certaine dose de diplomatie voire une pratique réguliÚre du mensonge.)

En fait, je ne voyais pas du tout. J'ai donc dĂ©cidĂ© de suivre un groupe d'amis (car je sors rarement seule) pour me faire moi-mĂȘme une idĂ©e.
Munie d'un grand Ă©ventail de tai-chi (on m'avait prĂ©venue qu'il n'y avait pas de clim) et vĂȘtue d'une petite robe d'Ă©tĂ© rĂ©cemment achetĂ©e en soldes, me voilà donc rendue à l'Alhambra pour dĂ©couvrir cette revue swing.
Et je parle bien d'une revue swing dans le sens musical du terme. Pas d'une "revue swing" dans le sens "Swing Magazine".

Pour ĂȘtre honnĂȘte, je dois dire que j'Ă©tais bien contente d'avoir apportĂ© mon Ă©ventail. Certes, il faisait chaud dans la salle mais la vue de ce cast Ă©tait tout à fait troublante et temperature-rising.
Alors, je vous entends dĂ©jà me dire que j'ai la mĂ©moire courte et que j'ai dĂ©jà vu ces artistes, avant, dans Le Roi Lion. Tout d'abord, ce n'est pas complĂštement vrai : certains d'entre eux n'ont rejoint la production que rĂ©cemment (et je n'ai pas Ă©tĂ© invitĂ©e depuis prĂšs d'un an). D'autre part, comment juger de la plastique d'un homme quand il porte un costume de hyĂšne ?
Dans Swinging Life, il y a des costumes élégants qui mettent bien en valeur la beauté masculine (chemises, vestons, gilets... so chic) mais le talentueux costumier (Sami Bedioui, citons-le) a su aussi proposer des tenues moins "couvrantes".

Certes, ce que je regarde en premier, chez un homme, c'est son sourire (ah, le sourire de Mathieu Boldron).
Mais c'est sûr que si on me propose d'admirer des jolis tĂ©tons (Mathieu), des biceps musclĂ©s (Germaine) ou un magnifique... un sublime... un impressionnant... euh... whatever... (Thierry), que voulez-vous que je fasse ? Que je continue à regarder les sourires ?
Sami, merci d'avoir vĂȘtu les anges d'un simple slip blanc.
Dieu, si le paradis est ainsi, merci de me faire mourir sur le champ.
Et merci de m'Ă©pargner la case purgatoire et enfer. J'ai dĂ©jà vu Da Vinci et ClĂ©opĂątre sans broncher. C'est à peu prĂšs Ă©quivalent, non ?

Alors, c'est vrai, Swinging Life suscite quelques (autres) questions.
Pourquoi quand, moi, je prends le métro aux heures de pointe, je me retrouve coincée entre des vieux pervers, plutÎt qu'entre Germaine, Thierry et Mathieu (comme dans leur tableau "métro new yorkais") ? Et dans le tableau "prostitution black", pourquoi Valéry Rodriguez est-il déguisé en Morticia Addams ?

Mais le spectacle rĂ©pond aussi à des interrogations existentielles.
Oui, les anges existent. Ils sont beaux. Ils sont blacks. Et ils sont bien faits.



Il reste encore quatre représentations du spectacle. Le placement est libre. Au premier rang, vous ne devriez pas avoir besoin de jumelles. (Swinging Life sur Myspace)