Toutes les choses ont une fin et après trois belles saisons, Le Roi Lion a tiré sa révérence le 25 juillet : une fin de règne plus qu'honorable puisque ce spectacle détient désormais le record du nombre de représentations pour un musical à Paris, détrônant... euh, détrônant on ne sait quoi, mais certainement pas Cindy 2002.

Dès l'ouverture (le toujours magnifique "Cercle de la vie"), des larmes ont commencé à perler dans mes yeux. Un de mes co-rédacteurs en chef de Regard en Coulisse s'est alors retourné vers moi et m'a demandé : "Tu es émue par la beauté de ce numéro ou parce que tu n'as jamais vu le torse nu de Thierry Picaut d'aussi près ?"
J'ai décidé de ne pas répondre à cette mesquine réflexion. La beauté peut s'exprimer sous différentes formes : des éléphants en papier mâché... des girafes sur échasses... des torses parfaits.
Surtout des torses parfaits, en fait.
Et la beauté émeut.

Ensuite, j'ai (encore) été émue par ce splendide tableau où l'herbe pousse et se transforme en hommes musclés portant des jupes de paille. Je crois que si je n'avais pas peur des moustiques et de la dysenterie, je partirai dans la savane africaine observer la flore et voir si l'herbe pousse vraiment comme ça.

Autre moment d'émotion qui marche à tous les coups : le torse de Jérémy Fontanet dont j'avais déjà parlé précédemment. Ce billet, quasiment sans texte, a été un des plus lus de l'histoire de ce blog. A méditer.
Je disais dans ce billet que ce torse semblait être l'oreiller idéal. Mieux que les oreillers ergonomiques que j'ai achetés la semaine dernière chez Ikea ?
A méditer lors de ma prochaine sieste (tout à l'heure, après le repas).

Je n'avais pas vu Le Roi Lion depuis près de deux ans et je dois dire que j'ai même redécouvert certains numéros.
J'avais complètement oublié ce passage de la danse des hyènes où des danseurs quasi nus, à peine revêtus d'un masque de hyène se déhanchent sur un rythme qui n'est pas sans rappeler la chanson de Miquel Brown, "So many men, so little time". Ce passage est un délicieux croisement entre les Chippendales et une choré de Dalida, circa "Monday Tuesday".
Julie Taymor devait vraiment être pressée de rentrer chez elle le jour où elle a validé ce numéro.
Cependant, je pense que si les danseurs n'avaient pas ce masque sur la tête, ce tableau pourrait arriver directement en position numéro 3 dans le Top 5 de mes fantasmes sexuels.

Je n'ai pas versé de larmes en voyant les enfants pleurer lors des saluts, en revanche, j'ai failli pleurer réellement lors du cocktail suivant la représentation :
"Whaaaaat ? Le champagne et les petits fours ne seront servis qu'à l'arrivée du cast ? Est-ce que quelqu'un peut leur dire de se démaquiller plus vite que ça ? J'ai faim, moi !"
Quel soulagement quand j'ai pu oublier toutes les larmes que j'avais versées durant cette dernière en buvant une coupe de champagne et en grignotant un sushi aux légumes !
Le jus de pomme bio, aussi bon soit-il, ça reste un jus de pomme.

La soirée s'est terminée dans un club à proximité du théâtre.
Je n'ai plus l'habitude de sortir après une certaine heure.
Passé un cap dans la vie, il faut savoir se préserver et avoir une dose quotidienne de "beauty sleep", mais pour une raison que je n'analyse pas encore complètement la simple mention "open bar" sur un carton agit comme un charme sur moi.

Au cours de la soirée, l'alcool aidant, des danseuses de la troupe sont montées sur des tables pour se trémousser.
Ok, why not.
Les choses sont devenues un peu plus intéressantes (du moins pour moi), quand des garçons les ont remplacées sur les tables.
Et en termes de "je remue mon bassin et je vous allume", ils y allaient beaucoup plus franco que les filles.
J'ai promis (en échange d'un verre) de ne pas citer les noms de ces danseurs d'un soir mais j'ai tout de même été très surprise de pouvoir admirer un de mes partenaires de scène.
Qui a dit que les Asiatiques étaient pudiques et réservés ?
Certainement pas moi.
Alors qu'une larme perlait au coin de mon oeil droit (comme quoi je ne suis pas si pudique que ça), un des mes co-rédacteurs en chef de Regard en Coulisse m'a demandé : "Tu es émue parce que tu repenses au travail magistral de Julie Taymor ou parce que tu n'as jamais vu le torse nu de - - d'aussi près ?" Heu... Sorry... Julie who ?
En tout cas, les plus beaux spectacles ne viennent pas forcément de Broadway.
Et qui s'intéresse réellement aux marionnettes indonésiennes et aux masques africains ? Hein ? Qui ?
Et maintenant, je vais me flageller pour avoir écrit ça.

En tout cas, je ne sais pas si c'est l'alcool ou l'émotion, mais des tonnes de question se bousculaient dans ma tête.
Les étoiles sont-elles réellement les âmes des grands rois du passé ou bien ne sont-elles que des vulgaires boules de gaz qui brûlent à des milliers d'années lumières ?
Les hommes sont-ils plus salopes que les femmes ?
Que ressentirais-je si j'étais au bas de la chaîne alimentaire ?
Pourquoi les batteries de vos appareils photos vous lâchent-elles au moment où vous en avez le plus besoin ?
Quel est mon animal préféré de la jungle ?
Comment vais-je rentrer chez moi ?

Plus tard, endormie profondément dans mon lit, j'ai rêvé de beauté.