// dimanche 16 novembre 2008

It's in your head



Certains d'entre vous ont peut-ĂȘtre vu cette image (postĂ©e notamment sur le forum de Regard en Coulisse) de la version cinĂ©matographique de Nine actuellement en production. RĂ©alisĂ© par Rob Marshall, à qui l'on doit dĂ©jà Chicago, Nine s'annonce comme une des comĂ©dies musicales les plus attendues de l'annĂ©e prochaine, avec un cast impressionnant : Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Nicole Kidman, Penelope Cruz, Judi Dench et Sophia Loren.
Nine faisant partie de mes comédies musicales préférées, autant vous dire que je suis trÚs impatiente.
J'en ai d'ailleurs dĂ©jà parlĂ© et .

Cependant, aussi impatiente que je puisse ĂȘtre, je dois bien vous avouer qu'il y a des petites choses qui me chiffonnent dĂ©jà.
D'abord, ils ont (selon ce que j'ai lu) supprimé deux de mes chansons préférées : "Be On Your Own" et "Simple".
Bon, passe encore.
Mais ce qui me chiffonne le plus, c'est que tous les numĂ©ros musicaux sont censĂ©s se passer "dans la tĂȘte" de Daniel Day-Lewis.
Un peu comme Renée Zellweger dans Chicago, quoi.
Un peu style "je fais une comĂ©die musicale mais c'est pas vraiment une comĂ©die musicale parce que c'est dans la tĂȘte de mon personnage donc ça compte pas"...
Un peu "j'assume pas vraiment que mes personnages se chantent leurs dialogues ou expriment leurs sentiments extérieurs en danse et en musique".
Mais moi, des comĂ©dies musicales "intĂ©rieures dans ma tĂȘte", j'en vis tous les jours.
Si je vais en voir au cinéma ou sur scÚne, c'est justement pour voir des personnages exprimer leurs émotions en musique, parce que, précisément, je ne peux pas le faire dans la vraie vie.
J'ai envie de les voir chanter dans la rue, au travail, à l'Ă©cole, sur une montagne, sous la pluie, dans un train, dans un tram, sur un pont, à leur fenĂȘtre...
Pas dans leur tĂȘte.

Pour la peine, je vais écouter Les parapluies de Cherbourg, tiens.
"Je devrais me maquiller, tu ne trouves pas ?"
"Non, tu es trÚs jolie comme ça..."
"Un peu, ici..."
"OĂč ça ?"
"Là."

(Bon, et puis quand vous voyez la photo au-dessus, là, vous avez pas l'impression que c'est une photo de... Chicago ?)

// jeudi 13 novembre 2008

Prom Night

zac efron

Cherchant un bon prĂ©texte pour aller voir High School Musical 3, j'ai dĂ©cidĂ© de jouer à la gentille tata en emmenant ma niĂšce ChloĂ©, huit ans, et mon neveu Mathieu, six ans, voir le dernier opus des aventures de Zac et Vanessa.

AprÚs Grease (sur scÚne), je me suis donc replongée dans l'univers des high schools.
Ce qui est bien avec les films américains qui se passent dans des lycées, c'est que c'est plutÎt léger.
On s'y amuse beaucoup (sauf dans Elephant, oĂč là, c'est un autre genre de distraction), on parle de "prom nights", de spectacles de fin d'annĂ©e, de "dates", d'Ă©lĂšves "popular", de "nerds", de "losers", on flirte, on fait les cheerleaders, on a le droit de porter du rose. En rĂ©sumĂ©, la vie est un peu comme une petite bulle de savon. C'est mignon et c'est creux, c'est fun et c'est joli à voir.

En ce qui concerne les films français, c'est une autre paire de manches.
On parle beaucoup (Entre les murs), on couche avec son prof (Noce Blanche), on se prend pas mal la tĂȘte (tous les films avec GrĂ©goire Leprince-Ringuet dans le rĂŽle d'un lycĂ©en) : hors de question de se rĂ©pandre en futilitĂ©s sur ce qu'on va porter à la prom night et avec qui on va y aller.

En mĂȘme temps, c'est un peu normal.
En France, il n'y a pas de prom night. Ce n'est pas dans notre tradition.
En revanche, dans mon lycée de banlieue, il y avait une tradition assez improbable, mais plutÎt amusante.
En effet, chaque année était organisé un "bal folk".
Pas un bal oĂč Keren Ann viendrait chanter avec sa guitare, mais un bal sur des airs folkloriques traditionnels.
Et oui, that's what you get quand on grandit dans un lycée au management soixante-huitard.
Malgré ma dégaine d'asiate, j'étais une pro du cercle circassien par exemple.

Nous n'avions pas non plus de spectacle de fin d'annĂ©e oĂč on jouerait Bye Bye Birdie ou Oklahoma!.
Chez moi, il y avait un "gala du lycĂ©e" mais les diffĂ©rents numĂ©ros prĂ©sentĂ©s n'avaient rien à voir avec la lĂ©gĂšretĂ© d'une comĂ©die musicale : de la danse contemporaine sur un air de Klaus Nomi, un groupe de rock alternatif chantant une chanson sur la grĂšve, Les Fourberies de Scapin en langue des signes, et un extrait de Huis Clos de Sartre, entiĂšrement jouĂ© par les filles de la section G3...
La seule fois oĂč le gala a osĂ© frĂŽlĂ© le "divertissement", c'est quand Blandine Goncalves a fait un extrait de Cabaret.
Et mĂȘme là, il y avait quelque chose d'expĂ©rimental, de revendicatif, de militant.
Surtout quand on arbore avec autant de fierté une décoloration trÚs blonde avec des racines trÚs noires.

Bref, mes annĂ©es lycĂ©e (dont j'ai aussi parlĂ© à l'occasion de Grease), n'ont pas grand-chose à voir avec les annĂ©es lycĂ©e de Zac Efron. Question de gĂ©nĂ©ration, certes, mais aussi de pays et de culture.
Et puis finalement, ce n'est pas plus mal.
Si les prom nights avaient existĂ©, j'aurais sûrement eu du mal à trouver un cavalier, effacĂ©e comme j'Ă©tais.
Ou pire encore, ma mĂšre m'aurait forcĂ© à y aller vĂȘtue d'une robe traditionnelle vietnamienne.

Bon, voilà ce que m'a inspirĂ© HSM3.
En mĂȘme temps, mon avis, tout le monde s'en fout.
Il serait plus intĂ©ressant de savoir ce qu'en a pensĂ© le cÅ“ur de cible concernĂ©.
Et bien, Chloé a adoré Zac Efron.
Et Mathieu a aaaaaaaaadoré Zac Efron.

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