// vendredi 05 octobre 2007

Halalela

Que les choses soient claires : il n'y avait pas de fontaine de chocolat hier, à la première de gala du Roi Lion. Le chocolat n'était pourtant pas la denrée la plus rare en cette soirée : tablettes de chocolat des magnifiques danseurs, couleur cacao de leur peau suave, carrés de foie gras enrobés de chocolat noir (surprenant, mais pas mauvais, ma foi), bref, le chocolat se déclinait sur tous les thèmes sauf en fontaine.
Mais qui a envie de fontaine de chocolat quand le champagne coule à flots ? Si mes calculs sont bons, le champagne est largement moins calorique que le chocolat... et pour quel effet !

C'est donc totalement ivre que je me suis installée dans mon fauteuil (puisque le champagne coulait à flots dès 18 h 45, heure d'ouverture des portes et de mon arrivée). Si votre position dans la salle est révélatrice de votre position dans le milieu mondain parisien, il faut croire que je me situe juste derrière les comiques ethniques (asiate, beur) du Jamel Comedy Club, mais juste avant un comique black de Canal Plus (dont j'ai oublié le nom, too bad). A croire que je suis considérée comme une comique colorée. Bon, tout de même, j'étais dans la même section que Tim Rice et puis j'avoue, être assise derrière Frédéric Chau était loin d'être désagréable. Ce jeune homme devra me dire quel délicieux parfum il utilise afin que je l'offre à tous mes prochains amants amoureux.
En dehors de l'ivresse du parfum, il y avait surtout l'ivresse dans ma tête et toutes ces petites bulles qui s'entrechoquaient dans tous les sens. Même ceux qui n'ont jamais vu Le Roi Lion ont forcément entendu parler du magnifique numéro d'ouverture. Autant vous dire que "Le cercle de la vie", avec quatre grammes dans le sang, c'est une expérience quasi mystique.
Ce "Cercle" est une ouverture d'une rare beauté, mais je suis encore plus émue quand je vois quelques minutes plus tard, la "naissance" de l'herbe dans la jungle. Qui aurait cru qu'une citadine comme moi pourrait être bouleversée par quelques petites herbes folles. Le fait que ces herbes soient incarnées par de jeunes hommes au torse nu et musclé y est peut-être pour quelque chose.
Conversation entendue dans ma rangée durant le premier acte : "C'est des écureuils volants ?" "Non, c'est des lionnes style Alvin Ailey."


(Les fameuses herbes : c'est encore mieux en vrai)


Entracte. Champagne et sushis à gogo. Que peut-on demander de plus ? Pouvoir les déguster dans les loges des danseurs pendant qu'ils prennent une douche ? Et comment regagner son siège quand des plateaux entiers de sushis saumon semblent vous implorer en criant : "Mange-moi, Yvonne, je ne suis pas (trop) calorique." Big dilemme but ze show must go on.
Phrase entendue lors de l'entracte : "Pffff ! Dans les cocktails, y a jamais rien de sympa pour les végétariennes."

Deuxième acte. More black dancers, more growing plants. Standing ovation. Vite, on a soif.

Mon habitude des cocktails me donne un sens inné pour répérer les meilleurs spots à squatter. Telle la femme bionique, mon regard scanne les lieux en faisant '"tiiiin tiiin tiiin tiiiin" avec un "tiiiiiiiiin" plus long quand le spot contient soit du champagne, soit de bons petits fours, soit un beau mec à proximité. Si les trois sont réunis, je ne vous raconte pas le bruit que ça fait dans ma tête. Pire que des acouphènes.
Mon sixième sens m'a donc tout de suite indiqué l'absence de fontaine de chocolat. Damned. En revanche, côté beaux mecs et champagne, c'était l'opulence. "Yowzaaa !" comme disent certains de mes amis américains. Mais j'avoue m'être tellement focalisée sur les fontaines de chocolat avant ma venue que ma motivation s'est dégonglée un peu comme les phallus verts dans le numéro de Pumbaa et Timon. J'ai donc boudé en trempant mes lèvres dans une coupette de Mumm tandis que mes collègues de Regard en Coulisse se goinfraient de verrines aux trois chocolats et de macarons vanille. Je suis rentrée seule, comme une âme en peine, pendant que les danseurs du Roi Lion se déhanchaient sur des airs de samba en faisant "na na na na na na na na na" (vous avez reconnu ? C'était "Samba do Brasil").
Ce matin, en ouvrant ma boite mail, j'ai reçu des messages de mes collègues datés de 3 h 46, 3 h 52 et 4 h 12 (ça c'est pour ma collègue qui habite en banlieue) :
"Ouah, t'aurais dû rester, tout le monde se demandait où t'étais !"
"Hey, Dan Menasche, il est trop mignon !"
"Je suis trop fracassée !"

OK, les chéris, je n'ai aucune photo souvenir mais au moins, ce matin, je n'ai pas la gueule de bois du siècle. Et j'ai les idées claires. De cette soirée, je ne garderai pas de vulgaires anecdotes de petits fours et de concours "cul-sec-la-coupe-de-champagne". Au lieu de ça, je garde des images de la jungle dans le jour naissant, de l'herbe folle caressée par le vent et des magnifiques danseurs à l'anatomie parfaite.
Et tout ça vit en moi. Halalela.

// jeudi 04 octobre 2007

On ne parle que de ça

Ce soir aura lieu la première de gala du Roi Lion.
Une question est sur toutes les lèvres du Tout Paris.
(Non, il ne s'agit pas de savoir quel look aura Mia Frye.)

The question is :
Y-aura-t-il au buffet les fameuses fontaines de chocolat déjà présentes lors de la première de Cabaret ?

Pour les infortunés qui ne savent pas ce qu'est une fontaine de chocolat, voici une photo. Je précise : il ne s'agit pas d'un objet érotique. Quoique.

// lundi 01 octobre 2007

Cocktail à la SACD

Tout le gratin du théâtre musical parisien (sauf toi ma chérie) était réuni hier soir à la SACD pour la remise du Prix Maurice Yvain à Patrick Laviosa. Le talentueux compositeur de Panique à Bord et Cabaret des Hommes Perdus était récompensé à juste titre pour sa "musique légère". Pour l'occasion, on pouvait croiser les casts de Panique à Bord, Cabaret des Hommes Perdus ou encore de Créatures. J'y ai même croisé mon dermatologue qui m'a dit que j'avais bonne mine. Venant d'un dermatologue (probablement gay de surcroît), je prends ça comme le plus beau compliment qu'une femme puisse recevoir.

Après la remise du prix, la soirée s'est poursuivie autour du piano où se sont succédé Christine Bonnard, Vincent Heden, Denis D'Arcangelo, Liza Michael (il faudra un jour que je torture cette jeune femme pour qu'elle me dise comment elle fait pour paraître aussi radieuse) ou encore Alex Bonstein, pour n'en citer que quelques uns, interprétant un florilège de chansons composées par Laviosa.

Tout ça est bien joli, mais quid du buffet ? Et bien j'attribuerai une bonne note globale : pain surprise classique, tartines au jambon de pays, verrines de saumon, noix de pétoncle au curry, mini-éclairs au café. Arrosons tout ça de champagne et la soirée est réussie.
Une fois ivre, j'ai circulé au milieu de la foule en prétendant connaître tout le monde. Oui, je sais, avec du recul, c'est un peu pathétique. Mais je me sentais seule et mes trois autres collègues de Regard en Coulisse présents ont préféré squatter le buffet plutôt que de me parler.
Enfin, mention spéciale à l'organisation. La cérémonie démarrait à 19 h. A 19 h 31, Virginie P. et moi-même entamions notre premier petit four. C'est ce que j'appelle une affaire rondement menée.

Pour conclure, voici quelques phrases glanées au cours de la soirée :
- C'est qui, elle ?
- C'est qui le beau black avec la chorégraphe de Panique à Bord ?
- T'es bronzée, tu reviens d'où ?
- C'est lequel Patrick Laviosa ?
- Je mange un radis, je fais régime.

La palme de la phrase de la soirée revient à Virginie P. : "Il est génial le buffet."

Pas de photos du pain surprise, j'ai oublié de remettre la carte mémoire dans mon appareil. Quelle cruche je fais !

// mardi 25 septembre 2007

Inauguration du Theatre Mogador

Hier soir a eu lieu l'inauguration du Théâtre Mogador, rénové, rajeuni, agrandi, rénové, bref un théâtre ayant subi un lifting presque aussi énorme que celui de Sheila vers les mid-nineties (la période chinoise). Pour l'occasion, pas de tenue de soirée requise, mais tout de même à l'entrée : un tapis rouge, puis un comptoir "Presse" et un comptoir "VIP" (mais QUI donc est passé par le comptoir "VIP", là je ne vois pas). Après le tapis rouge, on continue dans l'ambiance "Champs Elysées" (l'émission de Michel Drucker, pas la marque de chocolats), et les invités se font prendre en photo pour la postérité (oui, oui même moi, mais je soupçonne le photographe d'avoir appuyé sur la touche "delete" après avoir appris que j'étais une VNP - Very Nobody Person). Nous patientons ensuite avec une coupette en main. Attendre comme ça, je pourrai le faire pendant des heures. Glou glou.

Ouverture de la visite : les invités arrivent directement sur scène où Jacques Chalvin, le directeur, évoque la redécoration du théâtre dans un "style parisien chic" ainsi que le création d'une salle de fitness (pour la troupe si j'ai bien compris), avant de déclarer officiellement ouvert le nouveau Théâtre Mogador.
Première question : y-a-t-il au sein du théâtre un petit deux pièces en sous-location ? car "style parisien chic", c'est carrément moi.
Deuxième question : est-il possible de s'inscrire à la salle de fitness juste pour regarder ? Un peu comme les auditeurs libres à la fac ?

Direction le foyer principal où aura lieu le discours de Stéphane Huard, directeur général de Stage Entertainment France puis celui de Joop van Den Ende, président fondateur de Stage Entertainment, qui annonce que le nouveau Mogador aura beaucoup plus de toilettes, notamment pour les femmes. Enfin un homme qui sait parler aux femmes qui aiment le théâtre. Van den Ende s'est ensuite vu remettre par Jacques Weber (qui fit les belles heures de Mogador dans Cyrano) un tableau géant dudit Weber en Cyrano. Moi, à mon prochain Noël, j'offre à tout le monde des agrandissements géants de moi, me, myself and I déguisée en Jeanne Mas, lors de la dernière soirée de "ouf" (oui, oui, j'essaye de parler djeun's) chez ma copine Lola. Ca va faire un carton. Merci pour l'idée, Jacques.

Vite, vite, il fait soif. Juste après un petit numéro choral africain (ces boubous, quelle merveille !), la température monte et tout le monde se précipite à l'étage pour se désaltérer. Du champagne Mumm à portée de chaque main, voilà de quoi me rendre heureuse pendant au moins 57 minutes. Mon collègue Xavier et moi-même rivalisons avec une petite dame en beige à qui repèrera le meilleur plateau de petits fours en premier (Mamy Brown, si tu te reconnais, je t'annonce que tu as gagné). Crème de potiron, mini-millefeuilles de sushis, fraises bordées de chocolat blanc, tartelettes sablées à la framboise, macarons à la rose, je crois que j'ai réussi à goûter à tout.

Photoreportage : Xavier testant tous les blinis au saumon par conscience professionnelle


Xavier au blini : "Tu es content d'être au Roi Lion ?"

Le blini : "J'aurais préféré La petite sirène, mais bon..."

La soirée s'achève et je suis en pleine forme. Le champagne, ça m'euphorise. Au final, cette petite inauguration m'a permis de confirmer que :
1 - Le Théâtre Mogador est, plus que jamais, un des plus beaux théâtres parisiens, voire mondiaux (si, si !)
2 - Malgré les vacances et la molle reprise de mes activités sociales, je ne suis pas si mauvaise que ça dans l'exercice de la "danse autour du buffet".

Vivement le 4 octobre (si je ne suis pas radiée des listes pour mauvais comportement).

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