// mardi 25 décembre 2007

Joyeux Noël

Joyeux Noël à tous !
Si vous avez été sage, vous aurez peut-être reçu un CD rare de Sondheim (A Little Night Music avec Judi Dench par exemple).
Si vous n'avez pas été sage, vous aurez sans doute reçu le DVD "Danse avec Kamel Ouali".
Si vous n'avez pas du tout été sage, vous aurez certainement reçu le DVD "Danse avec Mia Frye", ou une place pour La Petite Sirène.
Quoiqu'il en soit.... Enjoy !

// mercredi 19 décembre 2007

Marie-Rose

J'ai toujours l'air conne quand dans un dîner intello, je glisse que j'ai commencé à m'intéresser au théâtre musical par le biais de Chantal Goya. Déjà "théâtre musical", ça ne passe pas toujours... mais "Chantal Goya" encore moins. Même le côté décalé-kidult-adulescent(e)-régression-totale a du mal à passer quand on discute avec des metteurs en scène qui font du théâtre expérimental (genre des pièces sensorielles dans le noir au Théâtre de l'Opprimé dans le 12e) et des vidéastes qui font des installations dans des galeries éphémères.

C'est vrai, je préfèrerais dire que j'ai commencé à m'initier au théâtre musical par le biais de Stephen Sondheim, qu'à dix ans, Company n'avait aucun secret pour moi ou que je jouais à incarner Mamma Rose dans mon salon.
Mais ce n'est pas vrai. Mon premier contact avec une "certaine" forme de "théâtre musical" (une histoire racontée avec des chansons) était avec La forêt magique de Chantal Goya. Après maintes négociations, maints chantages, maints pleurs, maints cris, une de mes soeurs m'avait emmenée voir ce spectacle à l'Olympia, comme cadeau de Noël.

Je ne dirais pas que ce fut une "révélation", mais ce fut certainement un grand moment de magie pour mes yeux de (toute) petite fille. Pour une raison que j'ignore encore et qui fait désormais partie de ces douloureux secrets de famille (au même titre que des adultères ou des demi-frères cachés), je n'ai jamais su pourquoi personne ne m'avait jamais emmenée voir le spectacle suivant : Le soulier qui vole. Pourtant, Dieu sait que je m'étais appliquée, que j'avais aligné les "très bien" en classe, que je n'avais pas répondu impoliment à mes parents et que j'avais fait le lit de ma soeur pendant trois mois d'affilée. Aujourd'hui, je peux dire que ce sont ces promesses non tenues, ces espoirs vains qui m'ont petit à petit fait passer dans l'âge adulte (non, non, je ne suis pas over dramatic).

Un mal peut parfois être un bien comme me disent souvent mes amis du club privé le Triangle de Sade (dans le 8e). En fantasmant un spectacle que je n'avais pas vu, et en écoutant en boucle l'album, je me suis mise à interpréter l'histoire de A à Z dans notre petit salon de banlieue, laissant ainsi libre cours à mon imagination quant à l'incarnation de ces chansons. Tour à tour, j'étais Marie-Rose (le prénom du personnage interprété par Chantal Goya), les enfants du village ou la cigogne Francette.
Très vite, il me semblait naturel d'accueillir les gens en chantant "Bienvenue mademoiselle ! (...) Comment vous dire que l'on vous aime ? Nous aussi on vous attendaiiiit...."
Malgré mon pragmatisme grandissant, je n'avais aucun mal à croire qu'il puisse exister un château en nougatine, ou une ville qui s'appelle Animauville. Du moins, pendant le temps que durait la chanson.

Mais le plus important, je crois, est que je me suis à mise à croire intimement, que dans une histoire, qu'elle soit sur scène ou à l'écran, les rêves les plus fous sont toujours réalisables quand on y croit très fort. Si on se met dans une chaussure géante et qu'on lève les bras au ciel en pensant très fort que cette chaussure PEUT voler, et bien, elle volera.
Depuis, j'ai développé une addiction aux chaussures.
Ainsi qu'un penchant certain pour la fiction et le rêve, tout en continuant à croire que parfois, et malgré tout ce qu'il peut nous arriver de triste, la réalité est plus belle que la fiction.

"Les enfants, levez tous les bras au ciel comme moi !"

// vendredi 07 décembre 2007

Sex !

C'est vrai, je suis censée ne vous parler que de théâtre musical. Alors comment pourrais-je introduire la toute nouvelle bande annonce de la version film de Sex & The City ?
En vous disant que Sarah Jessica Parker a fait ses débuts à Broadway dans Annie (elle jouait une des orphelines et doublait le rôle titre) ?
Que Jennifer Hudson (Dreamgirls) va jouer son assistante et qu'on meurt d'envie de voir la Hudson post-Dreamgirls ?
Que Steve (l'ami de Miranda) a récemment fait la joie des spectateurs de Broadway en jouant nu nu nu sur scène dans Take Me Out ? (Je l'ai toujours trouvé attachant, pas vous ?)

Ou tout simplement en vous disant : ""je fais ce que je veux sur ce blog" ?

Voici donc une première bande annonce en attendant le film prévu pour une sortie US en mai 2008.

// mercredi 05 décembre 2007

Moments de gratitude

Alors, certes, j'ai parlé un peu plus bas de ces moments de solitude où on a l'impression d'être seul(e) au monde avec sa passion de la comédie musicale.
A l'inverse, vous remarquerez depuis ces dernières années, le succès phénoménal des séries américaines. Qui n'en regarde pas ?
Pas un dîner en ville où on ne parle de la problématique de Heroes ("Mais si on retourne dans l'espace temps plusieurs fois, on pourrait faire une méga soirée avec que des versions de soi-même ?" "Oui, mais ce serait chiant."), du générique de Dexter ("Depuis que je regarde Dexter, je n'oublie jamais de me passer du fil dentaire" "Pas aujourd'hui visiblement, tu as de la salade coincée, là.") ou des exploits de Jack Bauer dans 24 ("Mais il mange et il fait pipi juste pendant les pauses publicitaires ?" "Ah, je ne sais pas, j'ai arrêté à la saison 3.").

Et bien curieusement, ce sont dans ces exemples de culture "populaire" que notre goût si spécifique de la comédie musicale peut parfois s'épanouir. Certes, ces séries sont écrites par des scénaristes américains pour qui la comédie musicale fait justement partie de la culture populaire. Mais pour une fois, personne ne songera à se plaindre de ce type d'impérialisme.

Exemples :
N'éprouvez-vous pas un étrange jouissance intérieure quand vous vous rendez compte que vous reconnaissez parfaitement de quelles comédies musicales de Stephen Sondheim sont extraites les chansons qui donnent leur titre aux épisodes de Desperate Housewives ?

Ne vous dites-vous pas "Yeees !" (voire "Mazel Tov !") quand Bree et Lynette font des références au Violon sur le Toit plusieurs fois dans la même saison ?

Ne ressentez-vous pas une certaine supériorité quand les personnages de Sex & The City glissent (glissaient) ici et là des références à Broadway qui sont quasiment des private jokes ("I love Betty Buckley, she is sooooo intense !") ("Oh, you're still in Miss Saigon ?") et que vous comprenez tout de suite... et que votre copine à côté vous demande "Mais pourquoi c'est drôle ?" ?

Ne jubilez-vous pas quand le neveu d'Ugly Betty chante "Good Morning Baltimore" dans le métro (qui n'a pas rêvé de faire ça ?) ou que son père parle de Chita Rivera sans que personne ne lui dise "Cheetah ? de Tarzan ?".

Bon, ok, on n'a pas encore entendu Scoffield et Lincoln de Prison Break avoir une conversation sur Cats ou La Cage aux Folles ("Mais puisque je te dis que La Cage a gagné le Tony au détriment de Sunday In The Park !" "Tais-toi et creuse.") mais avec la grève des scénaristes à Hollywood, ça ne saurait tarder.

Bref, c'est dans ces moments là qu'on a la certitude, au cas où on avait le moindre doute, que nos goûts parfois un peu différents, sont finalement une précieuse richesse.

// samedi 01 décembre 2007

Autre moment de solitude

L'autre soir, je regardais un épisode de la série Ugly Betty avec ma copine Nathalie. Dans l'épisode en question, Betty va voir la comédie musicale Wicked. Encore une fois, j'ai dû tout expliquer et répondre à une série de questions stupides.

"Pourquoi elle est verte ?"
"C'est une extra-terrestre ?"
"Elle est verte de devoir porter des lunettes de farces et attrapes ?"
"Elle est à Poudlard ?"
"Pourquoi elle chante aussi fort ?"

"Mais non, elle est verte parce que sa mère a bu de la liqueur fluorescente... C'est elle qui va devenir la méchante sorcière de l'Ouest dans Le Magicien d'Oz... Tu vois ?"

"Non, je vois pas."

"La prochaine fois, on regardera Plus belle la vie, peut-être que tu comprendras mieux. Tais-toi maintenant."

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