// mardi 27 mai 2008

Fête des voisins

Ce soir a eu lieu la traditionnelle fête des voisins que nous célébrons dans mon immeuble avec un enthousiasme non dissimulé.
Pour ma part, j'aime beaucoup ces petites sauteries qui nous permettent de faire plus ample connaissance avec les gens qui vivent à quelques mètres de nous. C'est vrai quoi, s'il n'y avait pas cette fête, on vivrait comme dans une chanson de Starmania. Ca craint.

La fête des voisins, c'est donc l'occasion de :

- Faire des civilités avec des voisins dont on partage, parfois de façon troublante, l'intimité. Quand on voit son voisin d'en face sortir à poil de sa douche tous les matins à 8 h 17, c'est sympa de lui dire bonjour au moins une fois l'an.

- Découvrir les cuisines du monde sans sortir de son immeuble : le couscous de Mme Benhamou, les croquetas de Mme Garcia, la salade de soja de Mme Wu...
Et gratos en plus.

- Vérifier que Mlle Leproux est encore en vie. ("Regardez, elle a bougé, elle s'est resservie de la quiche !")

- Rencontrer les nouveaux voisins mignons ("Hellooooo, le 4e droite !").

- Et, parfois, avoir de passionnantes conversations sur le théâtre musical.

Extrait :
"Mlle Nguyen, vous avez acheté un hélicoptère ?"
"C'est quoi cette question à deux balles, connasse, ça te pose un problème si j'écoute en boucle l'ouverture de Miss Saigon ? Tu veux qu'on parle de ta mioche qui chiale toutes les nuits ?"

Mon dieu, faites que ça ne se finisse pas en règlement de comptes dans une émission de Julien Courbet.
Je crois que je préfère voir Fame dix fois plutôt que de passer chez Julien Courbet.

// samedi 17 mai 2008

Senteurs


Pour ceux qui ne sont pas au courant, j'adore les bougies parfumées. Notamment les Diptyque.
Celles-ci sont tellement chères que mes amis ne me les offrent que lorsque je fête un anniversaire rond.
Et comme ce sont des amis, ils font semblant de ne pas remarquer que ça fait plusieurs années que je fête mes vingt ans.

Il y a quelques années, on devait se contenter de banales bougies au jasmin ou à la vanille.
Aujourd'hui, les concepteurs rivalisent d'originalité et d'inventivité : "Fleur de guimauve", "Soirée au coin du feu", "Sieste sous les tilleuls", "Souvenirs de ma grand-mère", "Nutella à respirer, garanti zéro calorie", "Herbe mouillée après une pluie d'été dans la campagne ardéchoise"...
Bref, on trouve les senteurs les plus inouïes.

Cependant, personne n'a encore lancé la bougie "Théâtre".
Non, je ne parle pas d'une bougie "Vestiaire masculin du Roi Lion" bien qu'une telle création ferait un carton dans la collection Senteurs du Monde, chez Nature et Découvertes, ainsi que dans les boutiques branchées du Marais.
Je parle de cette sensation olfactive unique qui naît quand le rideau se lève.
Vous êtes assis à l'orchestre (si vous avez de la chance, ou que vous êtes pistonné) et lentement, le décor se dévoile.
Puis, quelques secondes plus tard, le parfum du plateau vient titiller vos narines.
Bois, peinture, poudre, maquillage et poussière se mélangent pour former une senteur discrète et néanmoins évocatrice.
Parfois, au théâtre, le voyage commence avant même que l'action ne commence.

// jeudi 15 mai 2008

Pathologie

On peut dire, sans s'embarquer dans des considérations trop philosophiquement compliquées, que l'art en général, et la comédie musicale en particulier, sont une certaine façon de voir la vie, n'est-ce-pas ?
Dans la comédie musicale, les chansons et la danse amènent leur part de magie à des situations qui dans la vie quotidienne seraient purement banales.

Peut-on dire que les amateurs de comédie musicale voient la vie sous un prisme différent ?

Tout à l'heure, j'étais assise dans le bus face à une jeune femme atteinte de troubles du comportement. Elle parlait seule et s'énervait contre une personne imaginaire ("Ta gueule ! Tu vas me lâcher maintenant ! Casse-toi ! Combien de fois je vais te le répéter ! Dégage, ordure !").
Le spectacle était suffisamment fascinant pour que je retire les écouteurs de mon iPod et me consacre à l'observation de cette jeune femme.

Passée la première inquiétude (est-elle possédée par le démon et le cas échéant y-a-t-il un exorciste dans le bus ? ou est-elle en train de vivre une rupture difficile et dans ce cas, bienvenue au club, chérie ?), je n'ai pu m'empêcher mon esprit de vagabonder et d'imaginer cette femme en proie à une schizophrénie du type Jekyll & Hyde.
Je me suis mise alors à entendre dans ma tête cette horripilante chanson, "This Is The Moment" de Jekyll & Hyde (pourtant très prisée des jeunes artistes de théâtre musical sur leur pages Myspace).
A tout moment, je m'attendais à ce que cette jeune femme s'amuse avec une lampe de poche pour donner des éclairages différents à son visage (afin de symboliser les deux facettes de sa personnalité, vous l'aurez compris).

A bout de quelques minutes, je me suis demandée laquelle de nous deux avait la pathologie la plus grave.

// samedi 10 mai 2008

Je suis triste et je m'ennuie



- Qu'est-ce que tu as ?
- Je suis triste et je m'ennuie. (...) Et tu sais, à quoi je pense ?
- Oui, à l'homme de ta vie.
- Comment as-tu deviné ?
- Mais mon petit chou, c'est simple. Tu as toujours cet air-là lorsque tu penses à l'homme de ta vie...

Voilà ce qui arrive quand on se retrouve seule à Paris durant un grand pont.
On a beau avoir 52 amis sur Facebook (déjà, c'est pas terrible), on se retrouve à faire des poupouyous à son chat en se demandant ce qu'on va bien pouvoir faire pour tromper sa solitude
Il fait beau, alors on écoute des chansons joyeuses, du jazz qui swingue, des airs qui donnent envie de danser.
Sur son iPod, on joue sa liste de lecture "Songs for a sunny day".
On se retient d'écouter "Il pleut sur Nantes" ou "Téléphone-moi" ou sa liste de lecture "Déprim' music".
On joue la B.O. des Demoiselles de Rochefort parce qu'on garde en tête le souvenir de ces images pimpantes et colorées du film de Jacques Demy, de cette kermesse baignée par le soleil, de ces rues lumineuses où les passants dansent plutôt qu'ils ne marchent.

Et puis, à bien écouter, on se souvient qu'en dépit d'un dénouement a priori heureux, le film est baigné de mélancolie, de regrets des histoires passées ou ratées, d'incertitude et d'appréhension quant au futur.
On repense à cette période de son adolescence (il n'y a pas si longtemps que ça) durant laquelle on a écouté le CD mille fois.
Les années ont passé, les supports ont changé, l'Ipod a remplacé le CD, mais certaines choses restent immuables : on a toujours cet air-là quand on pense à l'homme de sa vie.

Notes additionnelles :

- Oui, dans mon billet précédent, j'ai parlé de mon futur mari. Mais, bon, j'ai un peu extrapolé. C'est un futur mari potentiel et idéal. Et il n'est pas encore au courant.

- Pour ceux qui s'inquièteraient éventuellement de ma santé mentale, je les rassure. Je suis un peu mélancolique, pas suicidaire, ni dépressive. Si c'était le cas, j'écouterais Les Demoiselles de Rochefort, version Palais des Congrès 2003.

// samedi 03 mai 2008

Shoes


Une fois par an, lorsque les beaux jours pointent à nouveau leur nez, je fais le point sur ma collection de chaussures.
Dans ces moments-là, je ne peux m'empêcher de penser à Imelda Marcos, la célèbre femme du dictateur philippin Ferdinand Marcos qui a régné sur l'archipel de 1966 à 1985.
Non, je ne me compare pas une dictatrice (bien que mes amis me trouvent parfois un peu trop autoritaire, mais bon, moi j'aime quand les choses se déroulent comme je le souhaite, compris ?), je pensais juste à la célèbre collection de chaussures d'Imelda, une collection si fournie et légendaire qu'aujourd'hui on en parle encore.
Et je me dis que j'en suis encore bien loin.

Alors que je cherchais à connaître le nombre précis de paires que possédait Imelda, je suis tombée sur quelques informations concernant Here Lies Love, un musical de David Byrne (Talking Heads) et Fatboy Slim relatant sa vie. Certes, un sujet aussi délicat peut donner le meilleur comme le pire. Mais franchement, un musical qui commence sur un air de disco au Studio 54 (qu'Imelda aimait fréquenter) ne peut pas être foncièrement mauvais.

Créé en 2006 à Adelaide en Australie, joué en 2007 au Carnegie Hall de New York (avec Joan Almedilla, une ex Kim de Miss Saigon), Here Lies Love ne demande plus qu'à continuer son chemin.
Maintenant, imaginons qu'une nouvelle production de Here Lies Love voie le jour. A Broadway par exemple. Ou au Théâtre du Châtelet.
Faisons le calcul.
Je suis asiatique (et pour le grand public, vietnamienne ou philippine, c'est pareil).
J'aime le disco.
J'aime les chaussures.
Ne serais-je pas l'interprète idéale ?

Hmmm.
En même temps, je ne suis pas assez ronde.
Bah, offrez le rôle à Lea Salonga.

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