// lundi 27 octobre 2008

Entre les murs

La scène a dû déja vous arriver.
Vous êtes à un dîner entre amis.
Vous faites un crêpe party ou une méga raclette, histoire d'emmagasiner quelques calories avant l'hiver.
La discussion arrive sur Entre les murs, la fameuse Palme d'Or du Festival de Cannes 2008.
Que l'on ait vu ou non le film, tout le monde a un avis sur la question.
"Docu ? Fiction ? Docu-fiction ?"
"Quelle est la place de l'enseignement dans la société d'aujourd'hui ?"
"Le film n'est-il pas caricatural ?"
"Est-il démagogique ?"
"Etes-vous une pétasse si vous n'avez jamais lu Platon ?"

N'ayant vu que la bande annonce du film (mais de nos jours, c'est un peu comme si on avait vu le film en entier, non ?), je n'ai pas pu participer au débat aussi intensément que je l'aurais voulu.
Ce qui m'arrangeait bien, puisque j'étais pas mal occupée à me concocter une crêpe oignons, jambons, champignons, crème fraîche, emmental, mozzarella.
Mais une fois ingurgitée cette délicieuse composition, je dois avouer que j'ai fait mon petit effet quand j'ai annoncé : "La vraie réflexion sur le système scolaire, elle est dans Grease, pas dans Entre les murs."
C'est vrai quoi, un lycée où la moyenne d'âge des élèves est de 30 ans est digne d'étude et d'être sujet à débat.
Soit l'échec scolaire est très élevé, soit les élèves se sentent tellement bien dans ce lycée qu'ils n'ont pas envie de le quitter.
Pour ma part, je penche pour la deuxième solution.
C'est vrai, pourquoi vouloir quitter un établissement où il n'y a jamais cours mais où il y a des concours de hand-jive ?
Pourquoi vouloir faire des études supérieures et bosser comme une forcenée quand on peut faire des pyjama parties avec ses copines ?
Moi, mes années lycée étaient loin d'être aussi fun.

J'étais une élève sérieuse et appliquée, un peu comme la Sandy incarnée par la délicieuse Cecilia Cara. J'étais privée de nems quand ma moyenne descendait sous 17, donc j'étudiais avec ferveur.
Cependant, j'étais quand même parfois facétieuse et rebelle, telle une Pink Lady.
Par exemple, je faisais des blagues super drôles avec mes copines, genre on appelait les filles qu'on n'aimait pas avec des noms de bactéries qu'on apprenait en sciences nat'. ("Hey, salut, Escherichia Coli !")
Quand la prof de physique parlait de ohm (l'unité de resistance électrique), je chantais "Om" comme si c'était un mantra.
Ou alors, je me retournais vers ma copine Sarah et je lui disais : "J'adore les ohms !".
Ah ah ah ah ah ah ah.
Oui, bon, c'est vrai, OK, j'étais carrément une nerd.
Le seul truc fun qui me soit arrivé durant cette période, c'est quand je suis entrée par hasard dans le vestiaire des garçons à la gym.
Mais je m'égare.

Si Grease ouvre le débat sur l'éducation, il donne aussi une furieuse envie de s'amuser avec ses cheveux.
Il y a d'abord David Bàn dont la coiffure est visiblement inspirée de Johnny époque 80, perfecto compris.


Pour Caroline Roëlands, on appréciera le style inspiré de Maria Pacôme époque Sous-doués.


Pour Olivier Ruidavet, c'est plus difficile...

Une de mes amies m'a suggéré Dracula.

J'aurais plutôt dit quelque chose de beaucoup plus glamour, comme Princesse Leïa.

ou Björk.

Mais qu'importe, de toute façon, Mr Ruidavet n'a jamais eu beaucoup de chance en terme de création capillaire.

Alors oui, c'est vrai que au cours d'un dîner bobo, vous ferez plus d'effet si vous donnez votre avis sur Entre les murs que sur Grease. Mais, au moins, avec Grease et sa multitude de coiffures, vous saurez ce qu'il faut faire avec ses cheveux.
Et surtout ce qu'il ne faut pas faire.
Ce qui est certain, c'est que je préfère avoir l'air d'une cruche stylée, que d'une intello ayant lu Platon mais coiffée comme une merde.

// samedi 18 octobre 2008

Isn't it rich ?

Les fans de Sondheim sont ravis d'apprendre que A Little Night Music, un des ses nombreux chefs d'oeuvre, va être joué au Roundabout, à New York, lors d'une soirée de gala unique.
La cast annoncé est tout à fait impressionnant : Natasha Richardson (Cabaret), Christine Baranski (Mamma Mia ! Le film), Laura Benanti (Gypsy) et la grande Vanessa Redgrave, parmi d'autres.
Les tarifs sont également tout à fait exceptionnels puisqu'ils vont de 150 à 2.500 dollars.
Oui, oui, j'ai bien dit "dollars", pas "tolars", l'ancienne monnaie slovène.
Ceci dit, pour 2.500 dollars, vous avez accès au cocktail qui suit le spectacle.
Pour ce prix-là, on a peut-être le droit de repartir avec un doggy bag.

// jeudi 16 octobre 2008

Merci la vie

Mardi dernier, ma copine Isabelle m'a invitée à aller voir Je m'voyais déjà, une comédie musicale construite autour des chansons de Charles Aznavour.
Elle avait eu des invitations par sa gardienne, qui elle-même les avait eues par son coiffeur, qui lui-même les avait eues par sa voisine.

Pour ceux qui pensent que Je m'voyais déjà est une comédie musicale avec une histoire abracadabrante vite ficelée afin de pouvoir caser des chansons aussi différentes que "Comme ils disent", "La Bohême" ou "La plus belle pour aller danser", je les rassure tout de suite : ce n'est pas le cas. Ici, pas d'intrigue farfelue à la Mamma Mia.
Non, non, non.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Le concept de Je m'voyais déjà est d'une rare évidence : des jeunes se retrouvent chez Diane Tell avec le projet de monter une comédie musicale autour des chansons de Charles Aznavour.
Du coup, ils chantent tout ce qu'ils connaissent, genre "ah ouais, moi, je connais celle-là", "ah ouais, et moi celle-là !".
Un peu comme lors de ma dernière soirée avec mes copines de la danse.
On est parties sur un trip Desireless et on s'est mises à chanter ses trois chansons ("Voyage voyage", bien sûr, ainsi que "John" et "Qui sommes nous ?").
C'est intéressant aussi comme projet de spectacle, non ? C'est moins porteur que Aznavour mais ça a la mérite d'être moins long.
On appellerait ça Chez les blacks chez les Sikhs chez les jaunes (extrait des paroles de "Voyage voyage" of course).
Félicité ferait la black, Nandita la Sikh et moi, bien sûr, la Jaune.

(Le macaron jaune en haut à droite prouve que les chansons citées ci-dessus ont bien existé.)

Bon, j'exagère un peu quand je dis qu'ils enchaînent des chansons comme ça. Certaines sont mises en situation. Par exemple, dans le spectacle, Diane Tell s'appelle Francesca Lavi (et non pas Lévy, ça, c'est dans Rabbi Jacob). Ce qui tombe sacrément bien. Ainsi, les protagonistes peuvent lui chanter "Merci Mme La Vie", genre, quand elle leur apporte un café.

Alors, il paraît qu'au départ, Marie-Paule Belle était prévue sur le spectacle. Mais pourquoi donc s'est-elle désistée ?
Est-ce quand elle a appris qu'elle devrait porter la chemise de Patrick Rocca dans La Cage aux Folles ?

(Nota : que tout le monde se rassure, si le créateur de cette chemise est - contre toute attente - bien en liberté, en revanche, le maquilleur de Patrick Rocca est toujours en prison à l'heure actuelle.)

En ce qui concerne la distribution, je ne connaissais aucun des petits jeunes. Apparemment, ils viennent tous de la télé-réalité (bon, ok, j'avais entendu parler de Jonatan Cerrada).
Le fait est que je ne regarde plus d'émissions de télé-réalité, à part les premières de L'Ile de la Tentation, parce que j'adore voir comment les tentatrices se présentent.
"Salut, moi, c'est Pamela. On dit que je suis mi-ange, mi-démon. Messieurs, avec moi vous allez monter au septième cielllll. Mesdames, je vais vous faire connaître l'enferrrrrr."
Je me suis présentée comme ça récemment, à une crémaillère d'amis d'amis, mais ça a jeté un froid. Ca marche mieux à la télé.
Ceci dit, Diane Tell, bien que n'apparaissant jamais en bikini, parvient néanmoins à avoir des répliques de tentatrice.
"Je vais m'occuper de ton noeud" dit-elle à son partenaire.
Ca, comme phrase d'approche, je n'ai encore jamais essayé.

N'allez pas croire que Je m'voyais déjà est un spectacle nostalgique tourné vers le passé.
Au contraire, il est très actuel puisqu'on y voit des Velib.
D'ailleurs, c'est là qu'on voit que Bertrand Delanoë a bien fait son boulot de communication.
La maison de retraite "Le temps qui court", de Chinon, qui occupait le rang derrière moi, s'est écriée comme un seul homme : "Oh, un Vélib !", dès la première apparition du moyen de transport en question.
Chapeau, Bertrand.

("Oh, un Vélib !")

En tout cas, Je m'voyais déjà a le mérite d'être original. En général, dans une comédie musicale, le deuxième acte est plus court que le premier.
Et bien là, pas du tout. Le deuxième acte est quasiment aussi long qu'un week-end de Téléthon, mais sans les dons.
Remarquez, après, vous êtes prêts à aller voir un spectacle d'Olivier Py, par exemple.

ICI : ATTENTION SPOILER !!!
NE PAS LIRE CE QUI SUIT SI VOUS AVEZ L'INTENTION DE VOIR LE SPECTACLE !!!

Je m'voyais déjà a également une fin sacrément culottée. Non, ils ne meurent pas tous comme dans Les Misérables, mais ils finissent quasiment tous en couple. Et merci de ne pas dire que c'est la même chose. Il y a encore quelques personnes parmi mes lecteurs qui croient encore à l'amour (hein Alexia ?).
Ils sont donc tous en couple... sauf le personnage gay. Ce qui, à mon avis, est loin d'être conforme à la réalité. Actuellement, autour de moi, tous mes amis hétérosexuels sont en train de divorcer après trois ans de mariage, tandis que mes amis gays sont tous en couples (de longue durée) et consolident leur union en adoptant des minous (je parle bien entendu du félin, pas d'un organe féminin ou d'un petit mec mignon).
Malheureusement, je n'ai pas d'exemple lesbien à vous donner. Je suis sans nouvelles de mon amie Béatrice depuis qu'elle s'est retirée dans le Lot afin de produire des fromages de chèvres bio.

Enfin, pour conclure, je dois dire que c'est tout à fait rafraichissant de voir des comédies musicales où il n'y a pas des danseurs magnifiques à moitié nus, comme dans les spectacles de Kamel Ouali.
Ou des excitants éphèbes blacks bien musclés, comme dans Le Roi Lion.
Ou bien des moines shaolin sexys et athlétiques comme dans Tristan et Yseult.
Au moins, là, on n'essaie pas de nous distraire avec du eye candy et on peut se concentrer sur le spectacle en lui-même.
C'est agréable tout de même d'être pris pour des spectateurs adultes et concernés.

// mercredi 15 octobre 2008

Shit !

Dans mon billet sur Rabbi Jacob, je vous parlais du côlon géant du Roi Soleil, mais c'est vrai que c'est difficile à imaginer quand on n'a pas vu le spectacle.
Voici donc une vidéo de la scène intestinale, qui démarre par ailleurs avec un danseur quasi nu.
God bless Kamel Ouali.

// samedi 11 octobre 2008

Combien ?

La production parisienne du Roi Lion fête aujourd'hui son premier anniversaire avec une soirée "people" incluant Catherine Lara, Dany Brillant et Basile Boli.
Et je précise que sur le communiqué de presse, le mot "people" est déjà entre guillemets.
Ce n'est pas moi qui cherche à faire du mauvais esprit, je me contente de reproduire.

Le communiqué donne aussi quelques chiffres. Je vous en cite quelques uns :
1 demi million de spectateurs en 395 représentations depuis 1 an.
Le spectacle représente 12% des entrées des salles privées à Paris.
Le public adulte représente 92% des spectateurs et les femmes sont au rendez-vous à 60%.
Chaque soir, 40 artistes, 17 musiciens et 50 techniciens travaillent sur le spectacle.
Sur scène, pendant 2h40, pas moins de 400 costumes et 200 masques transforment les artistes en 25 espèces d’animaux différents devant les yeux ébahis des spectateurs.
27kg d’herbes hautes sont utilisés pour les coiffes de la prairie.

Ok, ok, ok. Bla bla bla, halalela...
En attendant, ça ne nous dit pas combien il y a d'hommes célibataires hétérosexuels dans la troupe.
Je pense que les 60 % de spectatrices seraient tout à fait intéressées par ce chiffre.
Et si je ressortais mon costume de Fantomette pour mener l'enquête ?

// mercredi 01 octobre 2008

...de cheval

Si on m'invite à voir une pièce où il y a de la nudité masculine sur scène, il est fort possible que j'accepte. Parce que j'adore le théâtre.
C'est donc avec une certaine curiosité que je me suis rendue à la générale de presse de Equus, lundi dernier.
Equus, c'est précisément la pièce qui se joue actuellement à Broadway avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), et qui défraie la chronique parce que le jeune comédien apparaît nu. La presse en a fait de gorges chaudes. Pour ma part, je vous épargnerai les diverses allusions aux baguettes magiques, d'autant plus que dans la version parisienne, il n'y a ni Gérard Majax, ni Garcimore dans la distribution.

La pièce débute quand Alan, un adolescent perturbé, commence des séances avec un psychiatre spécialisé. Refusant de communiquer au départ, il se contente de chanter (ou de hurler) un slogan publicitaire pour Coca Cola.
Pour ma part, si je devais ne m'exprimer qu'avec des rengaines publicitaires, ma palette serait bien plus grande. Je chanterai par exemple :
"La langouste de Cuba, on en mange tout là bas."
"Il y a des fruits, il y a de l'eau."
"Qui rend ma machine si simple à utiliser ?"
Et enfin : "En espadrille, on fait du vélo, on danse disco."
Ce qui suffirait amplement car cela me permettrait déjà d'exprimer les quatre activités les plus importantes de ma vie : la nourriture, la boisson, le ménage et le sport.

Mais je m'égare.
Si Alan est obligé de voir un psy, c'est parce qu'il a crevé les yeux de six chevaux. Pas pour une broutille du style, il est déprimé parce que la vie est dure. Les chevaux sont ici incarnés par des danseurs.
Alors, oui, je vous épargnerai aussi les blagues à deux balles sur les étalons et sur mes copines de cheval. Promis.
L'avantage d'avoir un homme à la place d'un cheval, c'est qu'on ne prend pas le risque qu'il fasse caca sur scène.
Et puis, ça prend moins de place.
Et puis, ça peut vous apporter votre petit déjeuner au lit.
Enfin, vous l'aurez compris : pour mon anniversaire, je veux un homme pas un cheval.

Alors, venons en aux faits. Oui, il y a de la nudité dans Equus, et plutôt deux fois qu'une.
Ce n'est pas dans mon habitude, mais là, j'aimerais faire ma baronne de Rothschild.
Quand un homme apparaît nu sur scène, aussi parfaite que soit son anatomie, aussi délicieux que puisse paraître le grain de sa peau, on ne laisse pas échapper un : "Ooooh !"... de bonheur... de satisfaction... d'envie... de convoitise... de whatever.
On se tait, du moins, on essaie.
Franchement, si j'étais le monsieur assis en premier de rang de corbeille côté cour, j'aurais eu trop honte de me faire remarquer ainsi un soir de générale.
Bah, au moins, il y a des gens qui expriment leurs sentiments. Pour ma part, j'étais bien trop cramponnée à mes jumelles pour laisser échapper un quelconque son.

Sinon, on apprend beaucoup de choses sur les chevaux : le brossage du poil, les outils qu'on utilise pour les sabots, etc.
C'est passionnant.
Un peu comme quand ma nièce me raconte sa série préférée "de tous les temps" "Grand Galop" qu'elle regarde sur Gulli.
Equus, ça vaut au moins le coup pour ça. Vous pourrez toujours frimer plus tard en parlant de cure-pieds avec votre nièce.
Car, rassurez-moi, vous n'êtes pas désespéré(e)s au point d'aller au théâtre pour juste quelques minutes de nudité artsy ?
Si ?

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