J'Ă©tais mardi soir (comme beaucoup d'entre vous, chers lecteurs) à la gĂ©nĂ©rale de presse de
Créatures, la comédie musicale d'Alexandre Bonstein et Lee Maddeford.
Pour ceux d'entre vous qui n'en auraient jamais entendu parler,
Créatures nous plonge dans l'imaginaire de William, un homme a priori normal, mais qui chaque soir libÚre les monstres qui sommeillent en lui.
S'ensuit donc un dĂ©filĂ© apocalyptique oĂč se croisent la Mort, le Diable, Dieu, une femme araignĂ©e, un vampire, une sorciĂšre, un loup-garou... You name it...
Comme dirait ma copine Pamela : "Eeeek, scary !" (Pamela est Américaine).
Il est vrai que nous avons tous en nous des nĂ©vroses, des angoisses, des peurs qui ne demandent qu'à se libĂ©rer.
J'avais, il y a quelque temps, commencé un travail d'analyse pour, justement, mieux connaßtre mes traumatismes afin de pouvoir ensuite les confronter.
Mais, j'ai vite arrĂȘtĂ©.
D'abord, parce que mon psy Ă©tait trop loin, et d'autre part, parce qu'il y avait une superbe pĂątisserie juste à cĂŽtĂ© du cabinet.
Je n'ai jamais été aussi grosse.
Et puis, ai-je vraiment envie de connaßtre mes monstres intérieurs ?
Je n'ai pas besoin d'un psy pour les identifier, je les connais finalement trĂšs bien.
Je vous ai dĂ©jà dit que mon cerveau Ă©tait totalement "musical-theatre-oriented" et bien mes monstres aussi.
A l'intĂ©rieur de ma petite tĂȘte cohabitent les crĂ©atures les plus effrayantes qui soient.
Il y a d'abord la Mona Lisa de la comédie musicale
Da Vinci, une sorte de fantĂŽme en patins à roulettes qui chante trĂšs fort avec beaucoup de vibes.
Il y a toute la troupe des
Demoiselles de Rochefort.
Il y a les moines shaolin de
Tristan et Yseut.
Il y a Lùùm dans
Cindy 2002.
Il y a la scĂšne des
Dix Commandements avec MoĂÂŻse chantant "Celui qui va" puis les femmes chantant "Et tu t'en vas". Le truc interminable que les soldats amĂ©ricains doivent faire Ă©couter aux prisonniers de Guantanamo pour les faire parler.
Il y a le dentier géant de
Rabbi Jacob.
Il y a le colon géant du
Roi Soleil.
Il y a
L'Ombre d'un géant.
Il y a Patrick Fiori.
Et quand tout ce petit monde se rebelle, ça fait un sacré barouf dans mon crùne.
Si j'en faisais une comédie musicale, ce n'est pas le Casino de Paris qu'il me faudrait. C'est le Zénith.
Comme on parle de "crĂ©atures", on peut extrapoler et avoir aussi des "crĂ©atures de rĂȘve".
Dans mon cast, je prendrais Hugh Jackman, Gael Garcia Bernal, Antonio Banderas jeune et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
Et
Eddie Cibrian.
(Ce sera un spectacle onirique, il a donc le droit d'ĂȘtre clonĂ©).
Mais revenons-en à
Eddie Cibrian Créatures.
La reprĂ©sentation a Ă©tĂ© suivie d'un cocktail auquel on accĂ©dait grĂące à un bracelet orange.
Je dois avouer que j'ai vraiment eu mal au cĂ
âur à passer le cordon qui menait au bar tandis que la plupart de mes amis Ă©taient contraints par un Ă©norme black à rester de l'autre cĂŽtĂ©.
Mais comme vous le savez dĂ©sormais, il y a beaucoup de monde qui vit à l'intĂ©rieur de moi. Et si mon cĂ
âur me disait de rester avec mes pauvres amis de l'autre cĂŽtĂ© du cordon, mes mille et une crĂ©atures criaient comme un seul homme : "Il y a du saucisson à l'ail !!!".
C'est bien là la morale de cette soirĂ©e et de ce spectacle : il est difficile de lutter contre ses dĂ©mons.
Pour finir, je vous livre mes deux pires cauchemars.
1 : "Elle nous casse les oreilles !" (Tu m'étonnes !)
2 : "Dur dur dur de vivre contre un mur" (Tu m'étonnes !)
"Eeeek ! very very very scary !" comme dirait Pamela.