// mardi 30 décembre 2008

Ma vie en rose

Traditionnellement, les fêtes de fin d'année sont l'occasion idéale pour emmèner les enfants voir des spectacles musicaux.
Quand j'étais petite, le must était d'aller au Palais des Congrès voir Chantal Goya, évoluer dans un décor de forêt magique, avec ses personnages enchantés et ses animaux facétieux...
Aujourd'hui, on va au Palais des Congrès voir un musical qui se passe dans un grand magasin, avec un héros qui ressemble un peu à une très longue bite un long cylindre rose.
Les temps ont changé.

Vous l'aurez compris : j'ai emmené mes neveux Chloé et Mathieu voir Le Soldat Rose.
Ils l'avaient bien mérité. Récemment, ils m'ont dit bonjour et fait la bise sans s'essuyer la bouche après.
Ca valait bien un cadeau.

Nous voilà donc dans ce mythique Palais des Congrès, où nous allons faire la connaissance, pendant 1 h 56 plus l'entracte soit 2 h 17 environ, d'une galerie de personnages hauts en couleurs.
Il y a par exemple un super héros en combinaison moulante jaune qui n'est pas sans rappeler le sketch des Inconnus (Force Jaune, ça vous dit quelque chose ?).

Il y a aussi le Cousin Puzzle, le personnage gay du spectacle, qui est complètement obsédé par le rangement.
Et là, je dis non.
Il faut mettre fin à ces clichés ridicules comme quoi les gays ont toujours un environnement bien joli et bien ordonné.
C'est complètement faux !
Tenez, par exemple, la semaine dernière, je suis allée dîner chez Jean-Louis. Et quand j'ai voulu écouter "People" (oui, je suis un peu guimauve parfois), impossible de trouver son CD de Barbra Streisand ! Il n'était pas à la lettre S ! Hallucinant !
J'aurais dû deviner qu'il l'avait rangé à la lettre B ?
Pfffff.

Dans les personnages, il y a aussi Made in Asia, une charmante petite poupée fabriquée en Asie, comme son nom l'indique.
Et cette poupée mérite bien qu'on s'y attarde.
Personnellement, j'aime quand les spectacles jeune public véhiculent des messages forts.
Comme dans Emilie Jolie : "Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve".
Ou Le soulier qui vole : "Partir en emportant pour tout bagage, son rêve et beaucoup de courage, la force d'y croire vraiment."
Ou, even better, Sol en Cirque : "Si c'est réussi, faites avec moi Youpi !".
Là, il faut dire que la barre a été placée un peu plus haut puisque Made in Asia nous sensibilise à l'exploitation des enfants de par le monde.
Jugez par vous mêmes :
"J'ai été cousue par une petite fille
Qui n'a que la rue pour famille
A l'âge où l'on est porcelaine
Elle ne pleure même plus
Malgré ses doigts qui saignent..."
Non, non, non, ça ne casse pas du tout l'ambiance, ça soulève même un débat tout à fait intéressant...
Mais maintenant, je fais quoi de ma veste H & M, made in Bangladesh ?

Ce que j'aime aussi dans ce type de spectacles pour enfants, c'est quand il y a un double niveau de lecture qui permette aux adultes de s'amuser tout autant que les enfants.
Quand la reine dit au roi : "C'est vrai qu'elle est jolie ta tour de Pise !", les enfants pensent à leur leçon de géographie, et les adultes à une bite un week-end romantique en Italie.
Quand un des personnages, dans le noir, dit : "Y'a un truc velu qui m'a frôlé !", les enfants pensent à un monstre, et les adultes à des parties génitales dont la pilosité à été laissée à l'état sauvage un manteau en fourrure.
Et quand ce Soldat Rose défile inlassablement dans les rayons, les enfants voient un soldat rose, et les adultes...
Euh oui, ils voient aussi un soldat rose.
Si,si,si.



Une chose est sûre, je vais aussi offrir le CD et le livre du Soldat Rose à Chloé et Matthieu (et à leurs parents).
Je pense que c'est une histoire idéale à leur raconter le soir dans leur lit.
Pour être sûr qu'ils s'endorment.

// mercredi 24 décembre 2008

Some other time

Depuis que On The Town a démarré au Châtelet il y a quelques semaines, je ne peux m'empêcher de me dire, quand je vais faire mon shopping de Noël dans la rue de Rivoli, que je peux à tout moment tomber nez à nez avec Mr Henshall, et que, comme dans Les Demoiselles de Rochefort, il fasse tomber mes sacs et tombe amoureux de moi au premier regard.
Malheureusement, Mr Henshall est déjà pris.
En fait, Mr Henshall, c'est Tim Howar, qui joue Ozzie dans le classique de Bernstein, Comden et Green.
Et c'est aussi le mari de Ruthie Henshall, la diva du West End (et parfois de Broadway).
La preuve par l'image.

Ruthie, Ruthie, ma chérie...
Pourquoi souris-tu comme ça ?
T'es trop contente d'avoir réussi à piquer le costume de Cosette ?

Hmmm, bad, bad girl !

Bon, ce n'est pas pour voir ce que Ruthie a dans son lit tous les soirs que je suis allée voir On The Town, mais bel et bien parce que j'aime la comédie musicale américaine... ainsi que les matelots portant des pantalons de toile blanche mettant parfaitement en valeur leurs atouts.
Un peu comme ici :

Sauf que là, on ne voit pas très bien parce qu'il y a un K sur le cul.

Bon, évacuons tout de suite ce problème : je ne voudrais pas que vous pensiez que je fais une fixation.... mais... que faisait Valérie Damidot dans ce spectacle ?

Et pourquoi n'a-t-elle pas rendu son dashiki à la production du Roi Lion ?
Et pourquoi a-t-elle plumé Zazu ?
And what's next for her ?
Sally Bowles dans le tournée de Cabaret ?
Bref.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire de On The Town, il s'agit des aventures de trois marins en goguette à New York, en quête de la "Miss Métro" dont l'un d'eux est tombé amoureux. Oui, un peu comme si moi, je me mettais à rechercher activement tous les rugbymen du Stade Français affichés sur mon mur. Et comme il y en a un par quinzaine, ce serait un peu du taf à plein temps.
Mais je m'égare.
Bref, ces personnages se perdent dans New York et font des rencontres insolites et improbables. Comme cette Claire DeLoone définie comme une personne exubérante et un peu fofolle. Si l'action se passait aujourd'hui, on dirait juste que c'est une folle du cul femme libérée.

Voilà où réside le charme de On The Town : on utilise des expressions surannées, on va à la fête foraine, on se fait des petites blagues. Oui, ça peut paraître un peu vieillot, daté... mais paradoxalement, n'y-a-t-il pas quelque chose de rafraichissant dans ces personnages qui remuent ciel et terre pour retrouver un amour sublimé... avec qui ils n'ont même pas couché ?
Alors qu'ils se connaissent quand même depuis... plusieurs heures ?
N'y a-t-il pas quelque chose de déchirant quand ils se disent avec douceur, nostalgie, regret et tendresse qu'ils rattraperont tout ça une autre fois ("some other time") ?
Oh, how I miss the 1940's.

Je vous laisse en compagnie de Blossom Dearie et de sa ravissante version de "Some Other Time".

Découvrez Blossom Dearie!

// mercredi 10 décembre 2008

And now, back to la déco

La sympathique Valérie Damidot a donc partagé la scène avec la troupe du Roi Lion en interprétant "One By One", en ouverture du deuxième acte.
Non, je n'y étais pas, mais Télé Loisirs, oui, visiblement.
Ce qui nous vaut cette petite interview avec la Damidot en Rafiki dashiki, le costume traditionnel africain.



Alors maintenant qu'elle parle couramment le zoulou, va-t-il falloir uniquement s'adresser à elle dans cette langue ?
Comment dit-on "On en a ras-le-bol des stickers muraux géants, tu peux nous trouver autre chose steuplaît ?" en zoulou ?

// mardi 02 décembre 2008

Avant l'amour

Hier, je suis sortie avec mes copines de Regard en Coulisse pour assister à une représentation spéciale de Hedwig and The Angry Inch (qui se jouera à partir du 13 décembre prochain au Sentier des Halles) dans un studio de répétitions du 11e arrondissement.

Il n'y avait pas de sièges, donc le public s'asseyait par terre et je dois dire que ça m'a aussitôt rappelé des tonnes de souvenirs...
L'époque lointaine des premières soirées d'étudiants où on se réunissait chez la seule copine qui avait la chance d'avoir une petite chambre de bonne et de ne plus vivre chez papa-maman... On se retrouvait entre amis de la fac pour manger des pâtes avec des saucisses de Strasbourg, boire du vin cheap (sauf moi qui ne buvais pas à l'époque, c'était il y a longtemps), assis par terre autour d'une petite table basse de récup.
Hmmmm. Non, je ne regrette pas cette époque.
M'asseoir par terre hier soir m'a au moins fait réaliser que j'en étais encore capable (en terme de souplesse) et que mes fesses éprouvent encore des sensations (en terme musculaire).

Assister à un musical rock, avec un volume sonore conséquent, m'a également permis de découvrir des facettes inconnues de mes petites camarades.
Qui aurait dit qu'Alexia, douce personne qui ne jure que par Hairspray et La Boum, ne sort jamais sans ses boules Quies par habitude des concerts de heavy metal auxquels elle assiste sans nous en parler ?
(Ceci dit, c'est pratique de toujours avoir des boules Quies sur soi, au cas où on croise une amie qui parle fort ou que Lara Fabian passe à la radio pendant que vous faites vos courses au Franprix.)

Qui aurait dit que la délicate Hélène est une fan de rock musclé et qu'elle bat la mesure avec la tête dès que le batteur démarre ?
Je comprends mieux pourquoi elle a gardé pendant deux ans mon DVD de My Fair Lady sans jamais le regarder.
Not her style.

Et comment se fait-il que la romantique Marie connaisse l'autre sens de l'expression "car wash" (pour ceux qui ne savent pas, c'est ce qui se passe à 1'21" de cette vidéo).
(Bon, ok, elle connaît probablement le film par coeur.)
Du coup, je me demande si elle a déjà entendu parler du teabagging...
Bref, assister à une représentation de Hedwig n'est pas sans conséquences sur l'opinion que vous pouvez avoir de vos amis.

En ce qui concerne la prestation d'Hedwig, je ne peux qu'aimer et admirer une créature qui porte aussi bien les talons, a des jambes parfaitement épilée et répond "Qui m'appelle ?" quand on dit "Salope !".
Moi qui pensais que dans les personnages de comédie musicale, Kim de Miss Saigon était mon modèle, je vais devoir revoir mes positions.
De plus, Hedwig nous offre un petit smoothie de tomate, pressé avec ses propres mains.
Et personnellement, j'adore les smoothies.
(Distribution réservée au tout premier rang, don't miss it, je pense même que les tomates sont bio car elles sont très parfumées).

En terme de eye candy, j'ai remarqué qu'un des guitaristes portait un adorable collier de chien.
Comme en ce moment on voit l'horripilante Natasha St Pier sur tous les murs de Paris nous demandant d'adopter des petits chiens ou des petits chats, je me suis demandée si ça s'appliquait aux petits guitaristes.
Ou du moins à celui-là.
Natasha ? Tu peux me répondre au lieu de chanter du Obispo ?

Parce que c'est bien gentil de distribuer des préservatifs à l'entrée du spectacle pour la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA mais comment on fait quand on a une vie sentimentale aussi plate que la carrière d'Evelyne Thomas ?
Ben, on prend quand même les préservatifs pour le jour où...
Ou alors on les prend pour faire des bombes à eau. Si on ne s'éclate pas au lit, pourquoi ne pas s'amuser un peu du haut de sa fenêtre ?
Ou alors, on réécoute "The Origin of Love" et on se dit que la vie était peut-être plus simple quand l'amour n'existait pas encore et que l'on n'avait pas le besoin irrépressible de rechercher son autre moitié.



(Et la version de Rufus Wainwright pendant qu'on y est...)



(Et la version d'Anthony Rapp pendant qu'on y est, sorry, pas de lecteur intégrable...)

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