// mercredi 28 janvier 2009
Bad Hair Day
Par Yvonne, mercredi 28 janvier 2009 à 19:01 :: > Théàtre musical
J'ai toujours aimé l'expression "bad hair day".
Comment les anglophones ont-ils pu résumer en trois mots, ce qui nécessite une longue phrase aux francophones ?
Un "bad hair day", c'est au départ (selon mes sources) une journée où il est impossible de coiffer ses cheveux.
Bref, une journée où on ne ressemble à rien.
Et par extension, une journée où tout va mal.
Donc, au final, c'est une expression que tout le monde peut utiliser, y compris les chauves et les asiatiques.
Car croyez-moi, ce n'est pas parce qu'on est asiatique avec de longs cheveux lisses d'un noir ébène que l'on peut échapper au "bad hair day". Une frange étrangement arrangée, une queue de cheval mal positionnée, un épi récalcitrant, un cheveu blanc particulièrement voyant : tout est possible pour foutre en l'air une journée.
Il suffit de faire quelques recherches sur le web pour se rendre compte qu'un "bad hair day" est une préoccupation cruciale et universelle.
Jugez plutôt :
"Que celles qui n’ont jamais eu un épi nous jettent la première brosse. Car, un « bad hair day » peut vraiment nous gâcher la vie."
"La fin d'un "Bad hair day"! : Est-ce qu'il y a quelque chose de plus merveilleux que d'avoir une amie coiffeuse qui offre le service à domicile?"
"Sure, there are worse things in life, but let's face it, having a bad hair day can make you downright cranky."
Mais comme dirait ma copine Alexia, qui a l'art de casser l'ambiance : "Et pendant ce temps, des milliers de gosses meurent au Rwanda, alors faut relativiser."

Relativisons donc, et en voyant la nouvelle production de l'opéra rock Hair, actuellement au Trianon, on apprendra en effet qu'on peut vraiment avoir des coiffures de merde, sourire à pleines dents et chanter à plein poumons.
Bon, c'est vrai, c'est pas une nouveauté.
Mireille Matthieu et Nana Mouskouri font ça depuis cinquante ans.
Mais quand même ça fait du bien de se le remémorer un peu de temps en temps.
La prochaine fois que j'aurai une mèche qui rebique ou les cheveux fatigués, plutôt que de chougner "Rhooo, faut que j'aille me faire les pointes !", je me mettrai à gueuler "Laissons laissons entrer le soleil, laissons laissons".

Donc, oui, les protagonistes de Hair ont des coiffures totalement insensées pour bien nous faire comprendre qu'il s'agit de Hair (au cas où on n'aurait pas compris), pas de Cléopâtre (sinon il y aurait des pagnes)
, ni de Grease (sinon il y aurait eu des bananes).
L'histoire a été plus ou moins réactualisée et inclut donc des références à Obama et la Star Ac (nos plus grandes préoccupations, of course).
Du coup, on ne sait plus très bien si le spectacle a toujours un rapport avec la guerre du Vietnam.
Parce que moi, je n'attendais que ça.
En tant que représentante potentielle du Vietnam, j'étais prête à accueillir les membres masculins de la tribu dans le pays de mes ancêtres. Et plutôt que de sortir les armes, j'aurais ouvert les bras et scandé "Make love not war", surtout si l'armée est composée de Laurent Ban, Fabian Richard et Yoni Amar.
Je n'ai pas retenu grand chose des précédentes versions de Hair que j'ai vues mais "Make love not war" me semble bien résumer l'état d'esprit du spectacle, non ?
Dans cette production, je n'étais pas totalement sûre de la devise choisie.
"Stu stu stu studio Line" peut-être ?
A vous de me dire.
Alors, ok, si vous êtes là, c'est que vous avez envie de savoir ce qu'il se passe au niveau nudité, hein ?
J'ai bien compris que la plupart de mes lecteurs arrivaient ici en googlant "nu nudité sexe mimie mathy à poil" plutôt que "sondheim théâtre musical broadway", à mon grand désespoir.
Mais je n'ai pas envie de m'adonner à une conversation triviale et commenter les parties intimes de ces artistes.
("Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !")
Je préfère donc rapporter quelques conversations qui ont eu lieu autour de moi juste après le spectacle :
"Les abdos de Fabian sont hyper bien dessinés mais c'est peut-être parce qu'il est plus petit." (M., membre de l'équipe de Regard en Coulisse, experte en anatomie, 28 ans)
"Le torse de Laurent est pas mal quand même."(S., journaliste, 32 ans)
"Mais j'ai l'impression que Yoni a tout rasé !" (C.,auteur-compositeur-interprète de théâtre musical, 39 ans)
"Evidemment ma chérie, parce que quand tu rases, ça paraît plus gros !" (R., gérant de portefeuille, 44 ans)
"C'est quoi les chansons phares de Hair déjà ?" (A., actrice renommée de théâtre musical, âge incertain)
"La blondasse là, elle m'a caché la vue du cul de Fabian, putain, j'ai la haine !" (L., prof de fitness, 22 ans)
"En tout cas, ils ont dû faire vachement de cours d'abdos fessiers parce que ça paraît carrément ferme, on pourrait s'en servir pour casser des noix." (O., vendeuse dans un magasin bio, 27 ans officiellement)
****ATTENTION SPOILER NE PAS LIRE CI DESSOUS SI VOUS AIMEZ LE SUSPENSE****
Et bien sûr, comme une délicieuse cerise sur un gâteau Pierre Hermé, les fesses de Fabian arrivent en toute fin de spectacle, sur "Laissons entrer le soleil".
Carrément que j'ai envie de laisser entrer le soleil quand je vois ça.
Vous savez, j'encourage à aller voir des spectacles vivants.
C'est toujours mieux en vrai, hein ?
Mais, pour ceux qui habitent vraiment loin, je pense par exemple à tous ceux qui habitent rive gauche (ainsi qu'à mon lecteur du Burkina Faso) qui n'auront pas forcément les moyens de venir jusqu'au Trianon, voici une vidéo où vous pourrez voir les fesses de Fabian.
La vidéo est déjà culte, mais on ne sait pas vraiment si elle est culte à cause de la nudité ou à cause des questions du journaliste.
Mais, non, je ne me moque pas.
Si comme lui, j'avais fait l'interview juste après avoir vuces magnifiques fesses ce magnifique finale, j'aurais également perdu tous mes moyens.
En revoyant ça, je pense avoir trouvé la formule qui résume le mieux l'esprit de cette production de Hair 2009.
Il s'agit d'un extrait de Hamlet, cité dans le spectacle.
"What a piece of work is man" (généralement traduit par : "Quel chef d'Å“uvre que l'homme").
What a piece, indeed.
Pour ceux qui ne peuvent pas regarder la vidéo au bureau, voici une capture d'images faite par un des mes collègues de Regard en Coulisse (ça bosse dur).
Ne faites pas attention aux flèches, mon collègue voulait juste me signifier que lors du reportage, Fabian portait un string.
Ce qui n'est pas le cas lors des vraies représentations.
Si, si, j'ai vérifié. Je me suis un peu tordu le cou mais il n'y avait pas de démarcation.

(Et ça ne sert à rien de cliquer comme un(e) forcené(e) sur l'image, c'est juste une capture, pas un vrai lecteur.)
Comment les anglophones ont-ils pu résumer en trois mots, ce qui nécessite une longue phrase aux francophones ?
Un "bad hair day", c'est au départ (selon mes sources) une journée où il est impossible de coiffer ses cheveux.
Bref, une journée où on ne ressemble à rien.
Et par extension, une journée où tout va mal.
Donc, au final, c'est une expression que tout le monde peut utiliser, y compris les chauves et les asiatiques.
Car croyez-moi, ce n'est pas parce qu'on est asiatique avec de longs cheveux lisses d'un noir ébène que l'on peut échapper au "bad hair day". Une frange étrangement arrangée, une queue de cheval mal positionnée, un épi récalcitrant, un cheveu blanc particulièrement voyant : tout est possible pour foutre en l'air une journée.
Il suffit de faire quelques recherches sur le web pour se rendre compte qu'un "bad hair day" est une préoccupation cruciale et universelle.
Jugez plutôt :
"Que celles qui n’ont jamais eu un épi nous jettent la première brosse. Car, un « bad hair day » peut vraiment nous gâcher la vie."
"La fin d'un "Bad hair day"! : Est-ce qu'il y a quelque chose de plus merveilleux que d'avoir une amie coiffeuse qui offre le service à domicile?"
"Sure, there are worse things in life, but let's face it, having a bad hair day can make you downright cranky."
Mais comme dirait ma copine Alexia, qui a l'art de casser l'ambiance : "Et pendant ce temps, des milliers de gosses meurent au Rwanda, alors faut relativiser."

Relativisons donc, et en voyant la nouvelle production de l'opéra rock Hair, actuellement au Trianon, on apprendra en effet qu'on peut vraiment avoir des coiffures de merde, sourire à pleines dents et chanter à plein poumons.
Bon, c'est vrai, c'est pas une nouveauté.
Mireille Matthieu et Nana Mouskouri font ça depuis cinquante ans.
Mais quand même ça fait du bien de se le remémorer un peu de temps en temps.
La prochaine fois que j'aurai une mèche qui rebique ou les cheveux fatigués, plutôt que de chougner "Rhooo, faut que j'aille me faire les pointes !", je me mettrai à gueuler "Laissons laissons entrer le soleil, laissons laissons".

Donc, oui, les protagonistes de Hair ont des coiffures totalement insensées pour bien nous faire comprendre qu'il s'agit de Hair (au cas où on n'aurait pas compris), pas de Cléopâtre (sinon il y aurait des pagnes)
, ni de Grease (sinon il y aurait eu des bananes).
L'histoire a été plus ou moins réactualisée et inclut donc des références à Obama et la Star Ac (nos plus grandes préoccupations, of course).
Du coup, on ne sait plus très bien si le spectacle a toujours un rapport avec la guerre du Vietnam.
Parce que moi, je n'attendais que ça.
En tant que représentante potentielle du Vietnam, j'étais prête à accueillir les membres masculins de la tribu dans le pays de mes ancêtres. Et plutôt que de sortir les armes, j'aurais ouvert les bras et scandé "Make love not war", surtout si l'armée est composée de Laurent Ban, Fabian Richard et Yoni Amar.
Je n'ai pas retenu grand chose des précédentes versions de Hair que j'ai vues mais "Make love not war" me semble bien résumer l'état d'esprit du spectacle, non ?
Dans cette production, je n'étais pas totalement sûre de la devise choisie.
"Stu stu stu studio Line" peut-être ?
A vous de me dire.
Alors, ok, si vous êtes là, c'est que vous avez envie de savoir ce qu'il se passe au niveau nudité, hein ?
J'ai bien compris que la plupart de mes lecteurs arrivaient ici en googlant "nu nudité sexe mimie mathy à poil" plutôt que "sondheim théâtre musical broadway", à mon grand désespoir.
Mais je n'ai pas envie de m'adonner à une conversation triviale et commenter les parties intimes de ces artistes.
Je préfère donc rapporter quelques conversations qui ont eu lieu autour de moi juste après le spectacle :
"Les abdos de Fabian sont hyper bien dessinés mais c'est peut-être parce qu'il est plus petit." (M., membre de l'équipe de Regard en Coulisse, experte en anatomie, 28 ans)
"Le torse de Laurent est pas mal quand même."(S., journaliste, 32 ans)
"Mais j'ai l'impression que Yoni a tout rasé !" (C.,auteur-compositeur-interprète de théâtre musical, 39 ans)
"Evidemment ma chérie, parce que quand tu rases, ça paraît plus gros !" (R., gérant de portefeuille, 44 ans)
"C'est quoi les chansons phares de Hair déjà ?" (A., actrice renommée de théâtre musical, âge incertain)
"La blondasse là, elle m'a caché la vue du cul de Fabian, putain, j'ai la haine !" (L., prof de fitness, 22 ans)
"En tout cas, ils ont dû faire vachement de cours d'abdos fessiers parce que ça paraît carrément ferme, on pourrait s'en servir pour casser des noix." (O., vendeuse dans un magasin bio, 27 ans officiellement)
****ATTENTION SPOILER NE PAS LIRE CI DESSOUS SI VOUS AIMEZ LE SUSPENSE****
Et bien sûr, comme une délicieuse cerise sur un gâteau Pierre Hermé, les fesses de Fabian arrivent en toute fin de spectacle, sur "Laissons entrer le soleil".
Carrément que j'ai envie de laisser entrer le soleil quand je vois ça.
Vous savez, j'encourage à aller voir des spectacles vivants.
C'est toujours mieux en vrai, hein ?
Mais, pour ceux qui habitent vraiment loin, je pense par exemple à tous ceux qui habitent rive gauche (ainsi qu'à mon lecteur du Burkina Faso) qui n'auront pas forcément les moyens de venir jusqu'au Trianon, voici une vidéo où vous pourrez voir les fesses de Fabian.
La vidéo est déjà culte, mais on ne sait pas vraiment si elle est culte à cause de la nudité ou à cause des questions du journaliste.
Mais, non, je ne me moque pas.
Si comme lui, j'avais fait l'interview juste après avoir vu
En revoyant ça, je pense avoir trouvé la formule qui résume le mieux l'esprit de cette production de Hair 2009.
Il s'agit d'un extrait de Hamlet, cité dans le spectacle.
"What a piece of work is man" (généralement traduit par : "Quel chef d'Å“uvre que l'homme").
What a piece, indeed.
Pour ceux qui ne peuvent pas regarder la vidéo au bureau, voici une capture d'images faite par un des mes collègues de Regard en Coulisse (ça bosse dur).
Ne faites pas attention aux flèches, mon collègue voulait juste me signifier que lors du reportage, Fabian portait un string.
Ce qui n'est pas le cas lors des vraies représentations.
Si, si, j'ai vérifié. Je me suis un peu tordu le cou mais il n'y avait pas de démarcation.

(Et ça ne sert à rien de cliquer comme un(e) forcené(e) sur l'image, c'est juste une capture, pas un vrai lecteur.)



