// samedi 14 février 2009

Aimer

Et une Saint-Valentin de plus...
Lorsque on pense aux amoureux mythiques, on pense (presque) tout de suite à Roméo et Juliette.
Il est curieux de se dire qu'un couple aussi tragique symbolise autant l'Amour avec un grand A.
Après tout, combien de temps Roméo et Juliette ont-il réellement passé ensemble avant de mourir ?
Leur passion aurait-elle résisté à l'épreuve des poignées d'amour et des doubles mentons ?

A bien y réfléchir, je me demande si le couple (de théâtre musical, tant qu'à faire) qui symbolise le plus l'amour ne serait pas Edna et Wilbur de Hairspray : deux personnes qui ont résisté aux années, à la routine, aux kilos, à l'éducation d'un enfant et à Michelle Pfeiffer.
Un couple où chacun accepte les défauts de l'autre, son caractère, ses faiblesses, ses manies...
Un couple qui parvient à exprimer sa complicité, sa confiance et son indéfectibilité même dans les moments les plus triviaux de la vie quotidienne (tendre le linge par exemple).



N'est-ce pas à ça que ressemble l'amour au bout d'un certain temps ?

Pour en revenir à Roméo et Juliette, version Presgurvic, je dois vous avouer que lorsque je l'ai vu pour la première fois, il y a presque dix ans (j'étais en sixième), je n'avais pas prêté attention à Damien Sargue qui jouait Roméo.



Les cheveux longs me faisaient trop penser à Fabio.



Mais je dois dire que maintenant... Humm, maintenant, c'est différent avec les cheveux courts.



Comme quoi, il suffit parfois de quelques centimètres en plus moins pour rendre une femme heureuse.

// mardi 10 février 2009

Tu aimes les comédies musicales de gladiateurs ?

Ca, c'est fait.
Oui, hier soir, j'ai bravé l'avis de tempête pour me rendre :
- à l'autre bout de Paris
- en métro
- dans le froid
- pour voir Cléopâtre.
Et je ne sais lequel de tous ces facteurs était le plus difficile à surmonter.

Je dois préciser que j'étais accompagnée de Dimitri, un des mes amis gays.
Alors, oui, je sais, à mon âge, théoriquement, on est censé être sortie de sa période "fille à pédés". Genre : "Je sors qu'avec des gays parce qu'au moins ils ne me jugent pas et ils ne me renvoient pas sans cesse à la face la solitude abyssale qu'est ma vie contrairement à mes copines déjà casées et mères de familles (et avec des poches sous les yeux, by the way, et pas à cause de leurs folles nuits de sexe)."
Mais bon, bref, en attendant, j'ai pas trouvé mieux et Dimitri m'invite toujours au restau après. Et ça j'adore.

Je ne sais pas pourquoi, mais Dimitri était hyper motivé pour aller au Palais des Sports et délaisser son mari qui lui avait pourtant préparé une soupe de légumes bios.
Ce soir-là, il faut croire que, pour lui, la vie de Cléopâtre en version pop avait quelque chose d'irrésistiblement attirant.
Il faut préciser que Dimitri est un gay "tout court". Pas un gay folle de comédies musicales.
La différence entre les deux, c'est que si vous emmenez un gay folle de comédies musicales à un spectacle de Kamel Ouali, il va vous emmerder toute la soirée à faire des commentaires :
"Aucune dramaturgie... Aucune chanson en situation... C'est ni fait, ni à faire, c'est inepte [NDY : certains adorent utiliser des adjectifs un peu originaux]... Hellooo ? Z'avez entendu parler de Sondheim, Mister Ouali ?[NDY : Les plus méchants disent même "Miss", voire "Girlfriend", mais pour ma part, je trouve ça inconvenant et déplacé]... Same old shit, different show [NDY : certains adorent faire des commentaires en anglais bien qu'ils soient aussi français que vous... et moi]... Je vais offrir une place à mon ex pour le faire souffrir..."
Bref, les gays folles de comédies musicales sont juste terriblement chiants. C'est pour ça que je ne sors plus avec mes chefs par exemple.
Un gay tout court va juste apprécier le spectacle des mâles quasi nus, sans demander son reste.

Et autant vous le dire tout de suite, c'était la fête à Dimitri !
Dès le départ, les danseurs ne portent rien d'autre qu'un petit pagne (les Egyptiens) ou des jupettes de cuir rouge (les Romains).
Les pectoraux semblent durs, les abdos sont dessinés et les tétons pointent.
Déjà, je sentais mon camarade frémir sur son siège, sans mot dire.
Rien.
Pas de commentaire perfide sur le livret ou la musique.
Dimitri était juste hypnotisé.
Et juste quand on pensait que ça ne pouvait pas devenir plus gay évocateur que ça, voilà que l'on a droit à une séquence de combat... entre gladiateurs... avec des harnais... et des slips de cuir rouge... des corps-à-corps testostéronés... et deux hommes qui s'agrippent sur un filet suspendu...
Là, c'en était trop.
Dimitri, des larmes plein les yeux, se retourne vers moi et me dit : "Oh, c'est comme dans le Girlie Show de Madonna, le tableau 'The Beast Within'."
(Illustration)



Puis, Dimitri a cessé de faire des comparaisons et s'est replongé dans la contemplation de ces masses musculaires en mouvement.

Ce qui est bien avec Kamel, c'est qu'on sait toujours quels spectacles il a aimés car il leur rend toujours hommage d'une façon ou d'une autre. Et là, visiblement, il a bien aimé Le Roi Lion. Il y a des marionnettes (mais en plus grand, parce que c'est TF1). Il y a des végétaux et des animaux (mais en doré, parce que c'est TF1).

De mon côté, j'étais bien perplexe.
Je ne peux pas dire que mon oeil n'était pas attiré par ces magnifiques specimens mais ils avaient tellement l'air de s'éclater entre hommes que, nous, femmes, nous sentions un peu à l'écart.
D'ailleurs quand Brutus César un homme en jupette Octave Néron Caligula a décrété : "La femme ne sera jamais l'égal de l'homme !", nous, les femmes, avons toutes hurlé comme un seul homme.
Histoire de montrer que oui, on existe !

Je me suis donc concentrée sur les costumes, les décors, la musique, l'histoire, les chanteurzzzzzzzzzzzzz....
Quelques tableaux ont attiré mon attention. A un moment, les danseurs ont des sortes de tubes crénelés au bout de leurs bras, rappelant vaguement quelque chose d'organique...
Des intestins ?
Je vous ai déjà parlé du côlon géant dans Le Roi Soleil
Bon, Kamelounet. Je suis désolée de tenir des propos aussi triviaux sur ce blog mais... hum...
As-tu des problèmes intestinaux ?
As-tu entendu parler de la Boldoflorine ?
Ou tout simplement des pruneaux d'Agen ?
Parce que si tu parviens à régler cette obsession des intestins, pour le prochain spectacle, tu pourrais illustrer une autre maladie.
Le psoriasis, par exemple.
Ou les hémorroïdes ?

A un autre moment, il y a quatre hommes qui semblent flotter dans le ciel, comme dans un rêve.
C'est magnifique, je dois bien le reconnaître. Ces hommes sont torse nu et ne portent que des pantalons moulants dans une matière qui a l'air doooooouce et fooooormidable, genre avec des petites plumes.
Oui, oui, oui. C'est très très beau. Ceci dit, dans mes rêves à moi, c'est MOI qui porte des choses avec des plumes, et les hommes ne portent rien. Ou alors des vêtements un peu plus virils.
En tout cas, on sait que depuis Les Demoiselles de Rochefort, les metteurs en scènes chorégraphes aimaient occuper tout le plateau, même pour un solo super intime.
Mais jusqu'à présent, il s'agissait de l'espace au sol.
Désormais, il va falloir compter aussi sur l'espace en l'air.

*****ATTENTION SPOILER - NE PAS LIRE SI VOUS AIMEZ LE SUSPENSE******

Le spectacle s'achève avec un magnifique tableau aquatique.
Enfin, avec de l'eau.
Il y a une sorte de cercle qui se soulève, un peu comme une plaque d'égout géante, pour révéler un petit bassin.
Il y a une mama black et chauve qui nous explique que c'est la fin ("Ooooh ooooh, y-a-t-il une histoire qui se finirait bien ?").
Et tout le monde va marcher et danser dans le pédiluve.
Cléopâtre, reine des mycoses ?

Hummm, en me relisant, je me dois de présenter toutes mes excuses.
Je crois que c'est moi qui suis obsédée par les maladies, l'hygiène et la propreté.

Le spectacle s'achève donc.
Kamel oublie de remercier son producteur.
On file demander une coupe de champagne grâce à notre bracelet magique ("What ? Et rien à manger ????").
Dimitri aimerait rencontrer les danseurs mais se contente de zieuter Arielle Dombasle qui confie à sa copine : "Quelle pêche incroyable !".
Niveau people, je repère seulement Danièle Gilbert et je me demande, inquiète... Mais où est donc Isabelle Charles ?
En même temps, cette fan du total look (all black pour Rabbi Jacob, all pink pour Hair) était peut-être habillée en all blue, et du coup, s'est confondue avec les fauteuils ?
Dimitri et moi filons manger une choucroute dans la brasserie la plus proche.
Il était temps, je mourrais de faim.

En s'enfilant un dernier godet, Dimitri me confie que la dernière blague à la mode dans le Marais, c'est de demander : "Tu aimes les comédies musicales de gladiateurs et le dernier album de Kylie Minogue, Boombox ?" afin de mesurer le degré de "folitude" de quelqu'un.
Il me lâche, avec un petit rire cristallin : "Moi, j'adore !"

// lundi 02 février 2009

Ramer

Je ne sais pas si certains d'entre vous sont abonnés au Club Med Gym, mais ceux qui le sont auront forcément remarqué la bande annonce de Cléopâtre (je parle bien du spectacle musical de Kamel Ouali, pas du film avec Elizabeth Taylor) qui passe en boucle sur les écrans entre la météo en dessous de zéro, les problèmes de circulation et les différentes infos sur les crashes d'avion, les incendies, les offensives militaires, la crise économique et les massacres dans les crèches.
Ma copine Virginie me dit qu'elle met du millepertuis dans son Gatorade pour éviter de trop déprimer quand elle fait du stepper en regardant les écrans.

Pour ma part, pour éviter de déprimer en voyant pour la 58.895e fois la bande annonce de Cléopâtre (hop, le petit mouvement de bras des danseurs, ta-da, Cléo nous montre sa nouvelle coiffe, yeaaah, la big black mama nous fait sa vibe...), j'essaie de transformer mes pensées négatives en pensées positives.
Plutôt que de prendre les poids libres et les fracasser sur les écrans plats, j'imagine sur mon rameur, que plus vite je rame, plus vite ces images vont s'éloigner.
J'imagine que je suis une galérienne sur le Nil m'éloignant à jamais des Pyramides.
J'imagine que César me fouette lui-même, pressé de retourner à Rome pour ne pas louper une orgie.
J'imagine que Cléopâtre va me forcer à écouter son nouveau single si elle réussit à me rattraper.

Le pouvoir de l'esprit est très fort. La motivation emprunte parfois des chemins détournés.
Qu'importe. En attendant, j'ai perdu plusieurs milliers de calories ces dernières semaines.

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