Objet : Chaussures portées par Judy Garland dans Le Magicien d'Oz. Valeur : 666.000 $ lors d'une vente aux enchères chez Christie's East, le 24 mai 2000.
C'est toujours avec une certaine appréhension mêlée d'un sentiment de culpabilité, mais également d'excitation non rationnelle que je me rends au Palais des Sports pour voir un spectacle.
Tout d'abord, il y a le voyage qui fait d'une soirée au Palais des Sports une véritable expérience en soi. Rive gauche ! Le quinzième ! Les abord du périphérique ! So exotic ! Et pour peu que le métro soit perturbé et que vous soyez obligés de descendre quelques stations avant, l'exploration et la découverte sont encore plus totales : ces petites rues calmes, ces échoppes tellement charmantes... Je me serais crue dans un quartier de Brooklyn, avec juste ce qu'il faut de jetlag.
L'autre chose très excitante lorsqu'on se rend au Palais des Sports réside dans le spectacle que l'on va voir. Que de souvenirs émus sont associés à ce lieu : danseurs quasi nus, abdos d'acier, cuisses de fer. Ah, memories.
C'est donc avec beaucoup de curiosité que je suis allée découvrir Le Roi Soleil, avec ses extravagantes crinolines, ses fabuleuses perruques et ses menuets. Enfin, je peux approfondir mes connaissances sur la vie à la cour de Versailles puisqu'au collège, durant les cours d'histoire, je préférais dessiner des coeurs dans la marge de mes cahiers en regardant Arnaud D. ou Fouad F. plutôt que d'écouter Mme G.
J'interromps brusquement la rédaction de ce billet puisque mon amie Mawie (avec qui je discute parallèlement sur msn - oui, je suis une femme, je peux faire plusieurs choses en même temps) qui m'accompagnait au spectacle, m'informe que nous sommes allées voir Mozart, l'opéra rock.
J'avoue que je tombe des nues.
Je lui écris alors : "Mais comment tu sais que c'était un spectacle sur Mozart, il n'y a rien qui le montre vraiment !".
Elle me répond : "La nana qui vendait des programmes criait 'Mozart, demandez le programme !'"
Je réponds "lol" (c'est vraiment quand je ne sais pas quoi dire et que je me trouve conne que j'écris "lol").
Okay ! loooooooooooooool ! Maintenant je comprends mieux pourquoi il n'y avait pas Emmanuel Moire.
Alors, c'est vrai, vous me direz que "Etre à la hauteur" et les titres du Roi Soleil sont sortis il y a déjà un sacré bout de temps, mais en même temps, à force de faire la promo ultra à l'avance, on finit par s'y perdre.
On me signale même que j'ai déjà vu Le Roi Soleil et que j'ai déjà écrit dessus. C'est fou comme on oublie vite certaines choses.
Je recommence donc : je suis allée voir Mozart, l'opéra rock.
Comme vous le savez sans doute le Palais des Sports et grand mais ce qui est bien, c'est qu'il y a des tentatives de l'aménager pour qu'on s'y sente comme à la maison : il y a des écrans télés avec de la pub. Malheureusement, la télécommande n'est pas livrée avec : impossible de couper l'image et encore moins le son.
Justement, parlons du son. Certains de mes amis qui sont allés voir Mozart ont trouvé le son un peu fort, mais merde, quoi, les amis, vous êtes au Palais des Sports, pas au Point Virgule.
Et puis, il y a un équilibre tout à fait délicieux entre le volume sonore des chansons et l'adorable douceur de Miccelli Ponto Micaelo Leconte Miccio Mitchi Mikaelangelo Lokonte. Le parti pris de lui faire jouer ses scènes tout en délicatesse est absolument merveilleux. C'est un peu comme si un Etienne Daho sous Prozac déclamait La Voix Humaine de Cocteau en version soft. C'est un concept ultra intéressant. J'adore la douceur.
A bien y réfléchir, il y a des tonnes de trucs que j'ai adorées dans ce spectacle.
Par exemple, il y a des anachronismes ici et là. Un photographe au mariage ? Mais oui, c'est une idée fabuleuse ! Le vérité historique est une valeur totalement bourgeoise. J'adore les partis pris rebelles.
Trop hype aussi la première apparition de Aloysia Weber, interprétée par Melissa Mars, accompagnée par des danseuses qui manipulent des boules disco. J'adore le disco.
A un autre moment, il y a une scène un peu SM chic édulcoré (à l'opéra tout de même) où les femmes se servent des hommes comme de chaises. Pas plus tard que l'autre soir, je disais à un des mes amants amis connaissances qu'il ferait une merveilleuse table basse. J'adore le concept de meubles humains.
Il y a également une chanson qui s'appelle "Tatoue-moi" (un tube me dit-on, "Tatoue-moi sur tes seins"... ça doit faire mal ?) qui se passe à Paris où des jeunes gens avec des longs bâtons font une simulation de ski de randonnée. J'adore le ski de randonnée (mais, mon Dieu, que de courbatures !).
Mais ce qui compte, c'est que ce spectacle soulève aussi des questions existentielles. Et ça, j'adore plus que tout.
En effet, Mozart m'a fait réfléchir à la vie, et surtout à la mort, non pas que je voulais me tuer (quoique l'idée puisse paraître séduisante au bout d'un moment...) mais il y a une scène très poignante où le père de Mozart est sur son lit de mort et où sa fille lui chante une chanson.
Cette scène m'a inspiré trois réflexions existentielles :
1 - Si je suis en train de mourir et que ma fille me parle de mon "oeil qui s'enrhume", je la raye de mon testament.
2 - Si en plus, elle ramène toutes ses copines salopes danseuses échappées d'un hommage à la "Salsa du démon" (jupettes courtes et cornes), j'utilise mes dernières forces pour la tuer.
3 - En même temps, je n'ai pas de fille, ce qui simplifie les choses.
A propos de mort :
****ATTENTION : SPOILER****
Quand Mozart meurt à la toute fin, il y a deux femmes toutes droit sorties du défilé Azzaro 1983 qui l'entraînent vers la lumière, mais une lumière disco. Genre : "Viens, on t'emmène au paradis et ça s'appelle le Studio 54."
Et ça aussi, j'ai adoré.
Mais, à dire vrai, et là, ça me tue de devoir écrire ça, je n'ai pas autant adoré que Cléopâtre, ou Les Dix Commandements ou Autant en emporte le vent.
Je crois que quelque part la patte Ouali me manque profondément. Où sont les pagnes des égyptiens torses nus, où sont les haillons des esclaves noirs torses nus, où sont les jupettes des soldats romains torses nus ?
Bref, où sont les torses nus ?
Pour me changer les idées, je vais écouter Kimera, tiens. Elle aussi, elle rend hommage à Mozart (et ça ne dure que cinq minutes).
Pour me remettre du cocktail sangria-mojito-champagne de Zorro, il me fallait de l'eau.
Beaucoup d'eau.
Une baignoire d'eau.
Avec un homme dedans par exemple.
Un homme qui s'appellerait David O'Mer et qui serait beau, musclé et qui réaliserait des tours de force impressionnants avec son corps. La Clique, quoi.
J'avais beaucoup entendu parler de La Clique, mais j'étais un peu réticente au départ.
Depuis que j'ai vu la revue de Dita Von Teese, quand on me parle d'un spectacle associé aux mots "cabaret", "burlesque", "revue", j'ai peur de me retrouver nez à nez avec des vieilles peaux fripées over-maquillées se trémoussant toutes nues devant moi.
Et pour ça, les vestiaires de ma gym me suffisent amplement. Julie Pietri fréquente le même club que moi.
De plus, les échos - pourtant très positifs - que j'en avais eus n'étaient pas pour moi des arguments vendeurs.
Mon ami Bernard a été particulièrement fasciné par le numéro d'une magicienne qui fait disparaître des mouchoirs, et qui finit entièrement nue, pour bien prouver qu'elle ne cache
rien dans ses manches...
Notons tout de même que son dernier mouchoir sort de son string et qu'elle le passe sous le nez d'un spectateur.
Mouais, ce n'est pas forcément mon idée d'un spectacle. Mais je dois reconnaître, que c'était plutôt amusant.
Au final, le seul point un peu négatif de ce numéro, c'est que je me suis sentie très vieille en me disant que la magie avait bien évolué depuis mes derniers souvenirs... datant de Garcimore.
Pour me convaincre un peu plus, Bernard m'a dit qu'il y avait aussi des hommes sexys. Mais moi, désormais, je suis méfiante, cet argument ne me suffit plus. Par exemple, toujours dans le spectacle de Dita, il y avait un numéro de "boylesque" (non, non, non, pas Susan Boyle, boylesque = boy + burlesque) pour au final se retrouver avec un homme à peine torse nu avec les tétons cachés par des trucs avec des fils qui pendouillent. Pour moins cher, je peux toujours voir mon ami Jean-Edouard imiter Madonna dans le Girlie Show (le concert dans lequel elle a justement des fils qui pendouillent au bout des seins) après une soirée arrosée.
Beaucoup plus fun et moins prétentieux.
Non, ce qui a fini par me convaincre, c'est lorsque Bernard m'a dit qu'il y avait un numéro avec un homme dans une baignoire.
Et ça tombe bien, j'adore les hommes et j'adore les baignoires.
Les douches, c'est politiquement correct, c'est pratique, c'est écologique mais les bains, c'est mieux, ça permet de passer plus de temps ensemble.
La Clique propose donc un numéro durant lequel David O'Mer (injustement surnommé "l'homme-baignoire" donnant l'impression qu'il est en émail et qu'il va falloir le récurer avec du Cif), tantôt immergé dans sa baignoire, tantôt suspendu dans les airs, et vêtu d'un simple jean, fait des prouesses acrobatiques.
Alors forcément, ça éclabousse et les spectateurs du premier rang ont droit à un plastique pour se protéger.
En plus de ça, David, petit malin, s'amuse à recracher de l'eau de sa bouche en direction d'une spectatrice du premier rang.
Le soir où j'y étais, celle-ci poussait des petits cris dégoûtés en se cachant derrière son plastique.
Stupid bitch.
Maintenant, comme mon ami Bernard, j'ai envie de vous conseiller d'y aller. Si vous avez envie de renifler les foulards sortant du string d'Ursula, prenez la catégorie VIP, si vous voulez être éclaboussés par David, prenez la catégorie 1.
Personnellement, mon choix est fait.
Sur ce, je vous laisse avec David O'Mer et moi, je vais me faire couler un bain.
Oui, je le reconnais, j'ai mis un peu de temps avant d'écrire un billet sur la Première de Gala de Zorro qui a eu lieu le 5 novembre dernier.
En même temps, il m'a fallu du temps pour m'en remettre.
Je devrais écouter plus souvent mon amie Nono. Avant chaque soirée, elle me dit toujours : "Ne fais jamais de mélange, c'est fatal !". Et bien, je crois que j'aurais dû suivre ses conseils pour éviter d'avoir la tête à l'envers.
En même temps, vous reconnaîtrez qu'il y avait de quoi céder à la tentation. Dès l'ouverture des Folies Bergère, les invités étaient accueillis par un verre de sangria. Comment refuser une boisson gratuite offerte par des charmants jeunes gens ? C'est affreusement impoli de dire non dans certaines circonstances.
Ensuite, à l'entracte, il y avait des mojitos et autres boissons avec des noms exotiques et des compositions curieuses (liqueur de café...) servies dans des mini-bouteilles individuelles. So chic. Mais bon, sangria, liqueur de café, rhum, au bout d'un moment, ça tape un peu sur la tête. Sans compter qu'après le spectacle, il y avait du champagne et du vin.
Ceci dit, être ivre ne m'a jamais empêchée d'apprécier un spectacle et j'ai des souvenirs extrêmement précis de cette soirée.
Il s'agissait donc de la Première de CabaretZorro, comédie musicale revenant aux origines du mythe, à savoir comment Don Diego de la Vega, jeune homme fougueux est devenu un justicier masqué.
****ATTENTION SPOILER****
Ben, euh... tout simplement en prenant ce qui traînait dans la malle à costumes.
"Ah, tiens, y'a une cape ! Et si j'essayais !"
"Rhoooo, regardez-moi ça! Un masque ! C'est rigolo comme tout !"
Heureusement qu'il n'a pas ouvert par erreur la malle de sous-vêtements d'Inez.
Personnellement, je trouve que ça casse un peu le mythe plutôt que de le construire, mais passons, car ce qui compte, c'est quand Zorro n'a PAS de costumes. Encore une fois, Laurent Ban (qui incarne le rôle-titre) est torse nu pendant un tableau, comme dans tous ses spectacles (à part Le Petit Prince parce qu'apparemment, les héritiers de Saint-Exupéry n'étaient pas d'accord).
Mais, là, que diable ! Il fait chaud en Espagne, c'est tout à fait logique et cohérent de danser du flamenco torse nu.
Torse nu ou pas, l'homme reste toujours mystérieux. (Ca, c'est de moi, pas de Simone de Beauvoir, juste au cas où vous vous demandez)
A un tel point que Luisa, le jeune première amoureuse de Zorro, n'arrive pas à reconnaître Diego, son ami d'enfance, derrière le masque, alors qu'elle n'est qu'à quelques centimètres de lui. Pourtant, ces pectoraux et ces biceps sont reconnaissables à plusieurs mètres.
De plus, pour ma part, il m'est déjà arrivé de fréquenter des hommes qui portaient des masques ou des cagoules et de très bien savoir à qui j'avais affaire. Mais bon, j'ai peut-être plus de compétences en ce domaine qu'une jeune vierge espagnole du 19e siècle.
Ceux qui me connaissent ou qui me lisent depuis longtemps, ont sans doute remarqué que j'étais très attirée par la culture latine.
Alors, bon, je vous entends d'ici me dire que je ne suis attirée que par les HOMMES latins.
Mais non, pas du tout !
Enfin, pas uniquement.
J'adore aussi Picasso, Goya, Barcelone, Gaudi, le salsichon de Vic (il s'agit d'une ville), les quesadillas, les burritos, les films d'Almodovar, la chanson "Porque te vas" et les oeuvres de Frida Kahlo.
Bon, maintenant, je rajoute Juan Carlos Sanchez Quesada à ma liste.
JCSQ est un des danseurs de flamenco dans le spectacle et en faisant quelques recherches sur son nom, j'ai failli avoir une attaque en apprenant qu'il avait joué dans un spectacle s'intitulant Flamenco al desnudo.
Ay ay ay ! Quééééé ? Un spectacle de flamenco nu ? Mais, il porte quand même des chaussures pour faire du bruit ?
Ouais, bon, en fait, en lisant le descriptif du spectacle, il s'agit de "l'âme" qui est dénudée.
Comment on dit "Big fucking deal" en espagnol ?
Du coup, je vous mets une petite vidéo de JCSQ.
Parfois, je me dis que quelqu'un entend mes prières.
Je disais dans un billet précédent que j'adorais les croquetas de jamon et que j'espérais qu'il y en aurait au cocktail. Et bien ma prière a été à moitié exaucée puisqu'il y avait des croquetas de pimientos !
Quoi ? Vous y étiez et vous ne les avez pas vues ? Normal, il n'y en avait qu'un plat et j'ai tout mangé !
Enfin, je vous épargnerai les blagues sur le jamon et sur Ramon, le nom du frère de Zorro.
Now, what's next ? Mamma Mia ?
J'ai hâte (si je ne suis pas radiée des listes) de savourer le buffet grec !
J'adore les feuilletés au fromage (j'ai oublié le nom) !
Pour conclure, je vous laisse avec Brigitte Bardot chantant "Ay que viva la sangria".
J'ai longtemps hésité à mettre une vidéo d'elle car j'ai tendance à la boycotter, mais j'ai néanmoins décidé de la mettre pour les raisons suivantes :
1 - La chanson résume parfaitement mon état d'esprit (Ay que viva la sangria... Ay que viva la sangria... Ay que viva la sangria... Ay que viva la sangria...)
2 - La vidéo résume parfaitement mon état d'esprit. Ben quoi, y'a juste des fruits qui tournent dans un verre ? Et alors, ça s'appelle du cinéma vérité ou de l'art vidéo. J'étais un peu comme ça l'autre soir, je regardais les fruits tourner dans ma sangria.
Sauf qu'il n'y avait pas de fruits.
3 - C'est Bardot qui a révélé les Gipsy Kings au monde, donc si vous estimez qu'elle aurait mieux fait de s'abstenir ce jour-là, ça vous donnera une raison de plus de la boycotter.