// vendredi 30 juillet 2010

Resistiré

Vous savez peut-être que mes grandes passions dans la vie sont la comédie musicale et l'Amérique du Sud.
Par exemple, j'adore l'Argentine, si réputée pour la saveur et la tendresse de sa viande.
C'est en me promettant un sandwich à la viande argentine (valeur : 6 €) qu'un ami a réussi à me convaincre d'aller voir Se dice de mi en Buenos Aires, un spectacle musical dont l'action se passe à Buenos Aires.

Se dice de mi, c'est un peu un Mamma Mia! (toutes proportions gardées) trash et argentin.
Imaginez une pension, tenue par Patti LuPone plutôt que Meryl Streep, et où Donna finirait avec Tanya.
Ca vous donne envie ?
Non ?
Pas du tout ?
Les musicaux lesbiens et argentins, c'est pas votre truc ?
Bon, et si je vous dis qu'on y voit un certain Salem Sobihi torse nu ?
Comment ai-je pu vivre tant d'années sans le connaître moi qui pensais connaître tous les jeunes espoirs du théâtre musical français ?
Alors, si je lis sa bio, je vois qu'il a travaillé sur Les dix commandements, Autant en emporte le vent, Le Roi Soleil, Cléopâtre, la Star Ac et Sous le soleil.
Et là, soudain, je me dis que j'ai comme une furieuse envie de résilier mon abonnement à Télérama, de revendre ma bio de Stephen Sondheim et de m'abonner à Fan 2 ou un magazine de ce genre pour être tenue informée de l'actualité de Salem.
Même si cela implique de devoir (re)voir un spectacle de Kamel Ouali.
Ou de m'humilier en mettant le coffret Sous le soleil sur ma liste de cadeaux d'anniversaire.


fin 1er épisode de sous le soleil avec Salem
envoyé par Nadia__00. - Regardez la dernière sélection musicale.

Mon Dieu, j'ai tellement honte qu'il va falloir que j'aille boire un cocktail pour oublier mon embarras.
Un "sex on the beach" par exemple.
Ou un "blow job".

Pour ne pas finir ce billet sur un extrait de Sous le soleil (j'ai encore quelques principes), je vous laisse avec cet extrait de Attache-moi (message subliminal ?) avec le magnifique Antonio Banderas pre-Griffith, pour une adorable chanson kitchounette qui est reprise dans Se dice de mi.

// lundi 26 juillet 2010

Weak in the presence of beauty

Toutes les choses ont une fin et après trois belles saisons, Le Roi Lion a tiré sa révérence le 25 juillet : une fin de règne plus qu'honorable puisque ce spectacle détient désormais le record du nombre de représentations pour un musical à Paris, détrônant... euh, détrônant on ne sait quoi, mais certainement pas Cindy 2002.

Dès l'ouverture (le toujours magnifique "Cercle de la vie"), des larmes ont commencé à perler dans mes yeux. Un de mes co-rédacteurs en chef de Regard en Coulisse s'est alors retourné vers moi et m'a demandé : "Tu es émue par la beauté de ce numéro ou parce que tu n'as jamais vu le torse nu de Thierry Picaut d'aussi près ?"
J'ai décidé de ne pas répondre à cette mesquine réflexion. La beauté peut s'exprimer sous différentes formes : des éléphants en papier mâché... des girafes sur échasses... des torses parfaits.
Surtout des torses parfaits, en fait.
Et la beauté émeut.

Ensuite, j'ai (encore) été émue par ce splendide tableau où l'herbe pousse et se transforme en hommes musclés portant des jupes de paille. Je crois que si je n'avais pas peur des moustiques et de la dysenterie, je partirai dans la savane africaine observer la flore et voir si l'herbe pousse vraiment comme ça.

Autre moment d'émotion qui marche à tous les coups : le torse de Jérémy Fontanet dont j'avais déjà parlé précédemment. Ce billet, quasiment sans texte, a été un des plus lus de l'histoire de ce blog. A méditer.
Je disais dans ce billet que ce torse semblait être l'oreiller idéal. Mieux que les oreillers ergonomiques que j'ai achetés la semaine dernière chez Ikea ?
A méditer lors de ma prochaine sieste (tout à l'heure, après le repas).

Je n'avais pas vu Le Roi Lion depuis près de deux ans et je dois dire que j'ai même redécouvert certains numéros.
J'avais complètement oublié ce passage de la danse des hyènes où des danseurs quasi nus, à peine revêtus d'un masque de hyène se déhanchent sur un rythme qui n'est pas sans rappeler la chanson de Miquel Brown, "So many men, so little time". Ce passage est un délicieux croisement entre les Chippendales et une choré de Dalida, circa "Monday Tuesday".
Julie Taymor devait vraiment être pressée de rentrer chez elle le jour où elle a validé ce numéro.
Cependant, je pense que si les danseurs n'avaient pas ce masque sur la tête, ce tableau pourrait arriver directement en position numéro 3 dans le Top 5 de mes fantasmes sexuels.

Je n'ai pas versé de larmes en voyant les enfants pleurer lors des saluts, en revanche, j'ai failli pleurer réellement lors du cocktail suivant la représentation :
"Whaaaaat ? Le champagne et les petits fours ne seront servis qu'à l'arrivée du cast ? Est-ce que quelqu'un peut leur dire de se démaquiller plus vite que ça ? J'ai faim, moi !"
Quel soulagement quand j'ai pu oublier toutes les larmes que j'avais versées durant cette dernière en buvant une coupe de champagne et en grignotant un sushi aux légumes !
Le jus de pomme bio, aussi bon soit-il, ça reste un jus de pomme.

La soirée s'est terminée dans un club à proximité du théâtre.
Je n'ai plus l'habitude de sortir après une certaine heure.
Passé un cap dans la vie, il faut savoir se préserver et avoir une dose quotidienne de "beauty sleep", mais pour une raison que je n'analyse pas encore complètement la simple mention "open bar" sur un carton agit comme un charme sur moi.

Au cours de la soirée, l'alcool aidant, des danseuses de la troupe sont montées sur des tables pour se trémousser.
Ok, why not.
Les choses sont devenues un peu plus intéressantes (du moins pour moi), quand des garçons les ont remplacées sur les tables.
Et en termes de "je remue mon bassin et je vous allume", ils y allaient beaucoup plus franco que les filles.
J'ai promis (en échange d'un verre) de ne pas citer les noms de ces danseurs d'un soir mais j'ai tout de même été très surprise de pouvoir admirer un de mes partenaires de scène.
Qui a dit que les Asiatiques étaient pudiques et réservés ?
Certainement pas moi.
Alors qu'une larme perlait au coin de mon oeil droit (comme quoi je ne suis pas si pudique que ça), un des mes co-rédacteurs en chef de Regard en Coulisse m'a demandé : "Tu es émue parce que tu repenses au travail magistral de Julie Taymor ou parce que tu n'as jamais vu le torse nu de - - d'aussi près ?" Heu... Sorry... Julie who ?
En tout cas, les plus beaux spectacles ne viennent pas forcément de Broadway.
Et qui s'intéresse réellement aux marionnettes indonésiennes et aux masques africains ? Hein ? Qui ?
Et maintenant, je vais me flageller pour avoir écrit ça.

En tout cas, je ne sais pas si c'est l'alcool ou l'émotion, mais des tonnes de question se bousculaient dans ma tête.
Les étoiles sont-elles réellement les âmes des grands rois du passé ou bien ne sont-elles que des vulgaires boules de gaz qui brûlent à des milliers d'années lumières ?
Les hommes sont-ils plus salopes que les femmes ?
Que ressentirais-je si j'étais au bas de la chaîne alimentaire ?
Pourquoi les batteries de vos appareils photos vous lâchent-elles au moment où vous en avez le plus besoin ?
Quel est mon animal préféré de la jungle ?
Comment vais-je rentrer chez moi ?

Plus tard, endormie profondément dans mon lit, j'ai rêvé de beauté.

// samedi 24 juillet 2010

(Painful) memories

Alors que demain prendra fin le règne du Roi Lion à Paris après trois saisons, de l'autre côté de la planète vient d'ouvrir une nouvelle production de l'autre musical félin, à savoir Cats, et plus précisément à Manille, avec Lea Salonga.
Et ça faisait bien deux jours que je n'avais pas parlé d'elle.
Alors, oui, j'aime Lea Salonga, mais je n'ai jamais aimé Cats. Même si j'aime les chats.
L'autre jour, j'essayais d'analyser les raisons pour lesquelles je n'aimais pas ce spectacle qui a pourtant triomphé dans le monde entier.
Est-ce la musique d'Andrew Lloyd Webber qui ne me touche pas ?
L'aspect visuel kitchissime qui, déjà à l'époque, était too much ?
Et puis, je me suis souvenue d'un été, à la fin des années 80, durant lequel j'ai travaillé quelque temps dans le McDo de ma petite ville de banlieue.
Comme je n'étais pas assez souriante, on évitait de me mettre à la caisse et j'avais donc été affectée au "lobby", une façon élégante de dire que je devais faire le ménage dans la salle.
Et à chaque fois, c'était le même cauchemar. Toute la journée durant, la même bande son passait et repassait en boucle, avec des versions instrumentales de "The Sound of Silence", "Strangers In The Night" et... "Memory".
Passer la serpillère dans les toilettes, ok. Ecouter "Memory" vingt fois dans la journée, pas possible.
J'ai démissionné.
Désormais, chaque fois que j'entends "Memory", même par Barbra Streisand ou Lea Salonga, je repense à l'odeur des produits ménagers et de la friture, aux sundae chocolats renversés et aux poubelles à sortir.



Donc, non, je n'irai pas spécialement à Manille pour voir des chats sautiller autour d'un pneu.
En revanche, je peux lire les passionnantes interviews de Lea Salonga parues dans la presse philippine à cette occasion.
Lea a souvent été un modèle en tant qu'artiste mais là, je crois, qu'elle va être aussi un modèle en tant que mère, pour le jour où j'aurai des enfants.
Sa petite fille de trois ans veut mettre du rouge à lèvres ?
"Tiens, ma chérie, mets du baume protecteur 'Barbie' plutôt."
Elle va aussi devenir mon modèle en tant que nutritionniste : "J'aime le gibier", en tant que bricoleuse : "J'ai une boîte à outils, j'ai un super marteau, j'ai plein de sortes de tournevis, je sais utiliser une perceuse"...
En revanche, en ce qui concerne ses secrets de beauté, je suis encore dubitative.
Hydrater sa peau, boire de l'eau, se protéger du soleil, ok.
Connaître les produits qui vous correspondent, ok.
Mais conclure par "Soyez simplement vous-même. La beauté est intérieure" alors qu'on est ambassadrice du nouveau produit Avon pour rendre la peau plus blanche, je trouve ça un peu paradoxal.
Oh well, nous autres femmes, et particulièrement femmes asiatiques, ne sommes-nous pas toutes paradoxales ?
Là, par exemple, lors du lancement de ce produit blanchissant Avon, Lea chante une chanson sur le soleil...



Sur ce, je file chez Séphora en me répétant mille fois dans la tête "La beauté est intérieure... La beauté est intérieure... La beauté est intérieure... La beauté est intérieure..." et finalement, c'est peut-être pire que d'écouter "Memory".

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