Grande fête du théâtre musical, le 9 mai 2011, au Comédia.
Pendant que je tartinais des toasts de tarama, mes amiescamarades collègues allaient s'éclater en coulisses pour faire des vidéogags interviews avec Laurent Ban, Jérôme Pradon, Alexandre Bonstein, Sinan Bertrand...
Life is not fair.
Voilà, ça m'apprendra à ne pas être là quand les tâches sont attribuées.
Remarquez, ça aurait pu être pire, j'aurais pu me retrouver au vestiaire ou derrière le bar !
Ce matin, je me sens heureuse et légère.
Est-ce parce que c'est la Grande Fête du Théâtre Musical ce soir ?
Est-ce parce qu'il fait beau ?
Ou est-ce parce que je regarde cette vidéo en boucle ?
(Cette vidéo est dédiée à mes amies tartineuses, et un merci à mon ami Max B. pour me l'avoir transmise.)
Alors, maintenant chères lectirices (et lecteurs), prouvons que la vidéo qui fait le buzz cette semaine, ce n'est pas un minou qui veut se faire épiler, mais de jolis garçons qui se laissent pousser les... cheveux.
Je crois avoir déjà raconté cette histoire mais je la trouve tellement mignonne que je prends le risque de me répéter.
Je me souviens de la première fois que j'ai découvert le site Regard en Coulisse, il y a douze ans, peu de temps après sa création. J'étais en classe d'informatique, atelier "découvert d'Internet", en 6e, et je tapais "comédie musicale" sur Yahoo (à l'époque, on utilisait plus Yahoo). Je me souviens que le site couvrait toute l'actualité du théâtre musical parisien : Notre Dame de Paris au Palais des Congrès et L'Auberge du Cheval Blanc à Mogador. C'était ça TOUTE l'actualité du théâtre musical parisien à la fin des années 90.
Comme dit Patti dans Anything Goes : times have changed.
Et il me semble assez incroyable de pouvoir me dire que Sweeney Todd et Hairspray viennent de démarrer, que Mamma Mia! continue son succès, que cette saison a aussi été celle de She Loves Me (rendez-Vous) et Footloose pour les adaptations, de Chienne, Elliot Fall ou encore Padam Padam pour les créations, ou encore Mike... J'espère que ceux que j'ai oubliés ne m'en voudront pas. En même temps, je ne suis pas aux Molières, je cite qui je veux.
Bien sûr, on n'est pas obligé d'être fan de tout et d'ailleurs, personne ne nous le demande. Mais, pour une fois, essayons d'être un peu positifs et de reconnaître que le théâtre musical exsite sous des formes tout à fait diverses et espérons que la lancée continue... que l'on ait encore l'occasion d'avoir du Sondheim (Sunday ! Sunday !), des créations de qualité, des adaptations enthousiasmantes, des OVNI inclassables...
Oui, times have changed. En allant voir la rafraichissante production parisienne de Hairspray (je vous épargne les adjectifs "ébouriffant", "décoiffant", "défrisant", ils ont déjà été suffisamment utilisés pour Grease et Hairspray), je me suis moins identifiée à Tracy, qui est pourtant plus proche de mon âge (c-à-d jeune), qu'à Edna, qui est pourtant plus proche de l'âge de ma mère ou d'Arielle Dombasle (c-à-d vieille).
Par exemple, j'ai beaucoup apprécié le duo d'Edna avec son mari Wilbur "Timeless To Me", alors que généralement, ce numéro me laisse de marbre. Soit je vieillis (pas possible), soit l'alchimie entre Vincent (Edna) et Vajou (Wilbur) fonctionne mieux que celle entre Fierstein et Latessa ou Travolta et Walken (possible).
Je crois que si j'avais un mari, ça se passerait comme ça : on danserait comme Fred Astaire et Ginger Rogers et on se traiterait de vieux camembert pour se dire que l'on s'aime.
C'est aussi ça la comédie musicale, et c'est souvent plus proche de la vie réelle qu'on ne le croit.
Depuis que les productions françaises ont découvert le système des artistes stagiaires (on emploie pour une somme modique - pour utiliser un terme pudique - des danseurs en formation pour compléter l'ensemble), chaque nouveau spectacle est l'occasion de découvrir de nouveaux jeunes talents.
Comme Maxime Bernard par exemple: un délicieux petit rouquin qui rembourre son slip... ce qui lui vaut le doux surnom de pare-chocs (je vous rassure, c'est le personnage qui est ainsi, dans la vraie vie, je ne sais pas, du moins, pas encore).
Là, il est tout au fond, but you get the idea.
Je prie Dieu (ou Stephen Sondheim, ce qui revient au même) pour qu'il ne me transforme pas en cougar quand j'aurai 40 ans.
Dans 17 ans.
Alors, voilà, c'était ma petite note de bonne humeur du jour. Est-ce que je vieillis (pas possible) et deviens moins cynique (pas possible) ? Ou est-ce tout simplement lié au fait qu'aujourdhui, j'ai été pokée par mon amant virtuel sur Facebook ?
Oui, décidément, les temps ont bien changé.
Comme je vous l'ai dit récemment, je n'étais pas invitée au Châtelet pour la présentation presse de Dracula, mais je l'étais pour celle de Sweeney Todd.
A chacun son karma.
A moins que vous ne soyez arrivés sur ce blog en faisant une recherche sur "Jenna Jameson Mimie Mathy Clara Morgane à poil" (oui, il paraît que j'apparais parfois dans ce type de recherches), il y a de fortes chances que vous sachiez ce qu'est Sweeney Todd et qui en est l'auteur (Stephen Sondheim, plus communément appelé God par certains éclairés).
Donc, en théorie, je n'ai pas besoin d'avoir à vous convaincre d'aller voir ce musical.
Aucun de mes lecteurs n'est suffisamment snob pour se dire : "Pfff, du Sondheim à Paris, n'importe quoi, de toute façon, je préfère aller à New York." Et tous, vous êtes conscients de la chance que vous avez de pouvoir voir du Sondheim en plein centre de Paris (station Châtelet, on peut pas faire plus central !) et de l'entendre, magnifiquement dirigé.
Non ?
Et puis, ne nous voilons pas la face. Il y a quelque chose d'assez fascinant à pouvoir se mêler à un public parisien, pas forcément connaisseur, et d'y observer les commentaires et les réactions.
Alors, d'abord, il y a les spectateurs qui viennent avec leurs enfants, et quand je dis "enfants" je ne dis pas "ados", des enfants entre 3 et 5 ans...
Mais peut-être les parents ont-ils confondu, Sweeney Todd, thriller musical avec Mr Toad, the musical ? Oh yeah. Maybe.
Et puis, il y a les commentaires d'après spectacle : "Ah, en fait, c'était mieux que La mélodie du bonheur."
C'est délicieusement charmant d'entendre des néophytes.
C'est vrai quoi, j'ai des amis avec qui je peux parfois avoir des conversations surréalistes durant lesquelles on compare les différences entre la titulaire du rôle de Mimi et sa troisième doublure, dans la troisième tournée US de Rent ... alors, de temps en temps, des discussions un peu basiques, ça repose.
C'est un peu comme si j'allais voir le rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma en m'écriant : "Waouh, Citizen Kane, c'est vachement mieux que Camping 3 !".
Je passerais pour une conne, mais en même temps, ce serait tellement frais.
Enfin, il y a quelque chose d'unique, à voir, deux saisons de suite, Dieu (Sondheim, donc, pour ceux qui ne suivent pas) lui-même venir saluer à la fin de la première.
Ca permet ensuite de briller dans les diners mondains en glissant : "Dieu existe, il était à Paris la semaine dernière. Je l'ai vu."
Je vous laisse avec le chef d'orchestre, David Charles Abell, avec ses très intéressantes explications, et son délicieux accent.
Alors, non, je n'ai pas regardé les Molières. D'ailleurs, je crois que je n'ai jamais regardé les Molières.
Peut-être ai-je eu tort car tout le monde s'accorde à penser que Laurent Laffitte (qui, il fut un temps, me lisait, je crois) a été un maître de cérémonies superbe. Depuis le temps que je dis qu'il devrait présenter la Grande Fête du Théâtre Musical un jour...
Anyway, en ce qui concerne la catégorie qui nous intéresse le plus, à savoir le théâtre musical, la liste des nommés était pour le moins... éclectique. Il y avait un mastodonte de Broadway adapté en français (Mamma Mia!), un "biopic" musical (bien que le terme "pic" ne soit pas ici exact puisqu'il ne s'agit pas d'un film) avec principalement de la variété des années 70 et un peu de musique originale (Mike, laisse-nous t'aimer), un classique (très classique puisqu'il s'agit de Mozart) revisité par Peter Brook (Une flûte enchantée), et une seule vraie création (La nuit d'Elliot Fall). Bref, il n'y a qu'en France qu'on peut faire cohabiter sans sourciller Mozart et ABBA.
Et là, il s'agit bien de Mozart, le vrai, le compositeur mort, et non pas Mozart, l'opéra rock. L'écart est donc d'autant plus grand.
Alors, doit-on s'estimer heureux que la catégorie existe toujours ? Elle avait disparu complètement un temps, puis avait même été renommée "Molière du spectacle inattendu" (sic).
Ou bien doit-on râler encore plus pour que créations ne figurent pas dans la même catégorie que reprises et adaptations ?
Ou est-ce encore trop tôt ?
Enfin, une chose sur laquelle on est en droit de protester est le fait que les compositeurs sont rarement mentionnés, comme le signale mon Alyssa sur son blog.
Le Molière a finalement été attribué à Peter Brook et son Mozart : une vraie révélation, une vraie surprise, un vrai risque !
Mon amie Fabienne E. qui aime le spiritisme et tirer le tarot, m'a dit qu'elle avait communiqué avec Mozart et qu'il était très content.
Good for him.
L'autre bonne nouvelle, c'est que ma cousine Michèle Nguyen a gagné un Molière dans la catégorie spectacle jeune public, avec Vy, l'histoire d'une petite fille vietnamienne.
Enfin un Molière dans la famille !
Bon, ok, je dois reconnaître que je ne connais pas cette Michèle, mais comme a un le même nom, on doit bien être de la même famille.
A défaut de récompenser des jeunes, récompensons donc des jaunes !
On se demande parfois où les auteurs vont chercher leur inspiration.
Dans le cas que je vais vous citer, c'est à la sortie de l'anus.
En effet, je viens de lire sur Playbill que ce soir même (merde, je suis coincée à Paris) se donnait une preview du musical The Fartiste (pour ceux qui ne parlent pas anglais "fart" = "pet", admirez le jeu de mots), inspiré de la vie de Joseph Pujol (je ne suis pas sûre qu'il ait un lien avec Annie), plus connu sous le surnom du Pétomane.
Les capacités... artistiques de Joseph Pujol (on lit sur Wikipédia qu'il pouvait jouer du "flûtiau" ou éteindre des lumières de scène avec ses gaz) lui avaient valu de faire carrière au Moulin Rouge au début du XXe siècle.
Quelques questions me viennent (à défaut d'autre chose).
Les places au carré or sont-elles MOINS chères ?
Quelles sont les chansons du spectacle ?
"Farting Here, Farting Now" ?
"Could We Fart Again Please?" ?
"Send In The Farts" ?
"I Could Have Farted All Night" ?
"I Farted A Fart" ?
"Do-Re-Mi" ?
"Love Is In The Air" ?
"Colors of The Wind" ?
Et si le spectacle se monte à Broadway, sera-t-il éligible dans la catégorie Best Sound Design ?
And by the way, Pujol sera inteprété par Kevin Kraft. Des initiales prédisposées.
Je vous laisse avec un vidéo souvenir de Bruno Carette (le regretté Nul) incarnant le pétomane Misou-Mizou. Toute une époque !