Monstrueux

shrek paris

Figurez-vous que je suis allée voir Shrek, le soir de la Saint-Valentin.
Quitte à être célibataire, autant passer la soirée avec un monstre (et mes autres copines célibataires, accessoirement), ça ne me changera pas tellement des 23 hommes que j'ai rencontrés la semaine dernière.

Shrek (je parle bien du personnage, pas du spectacle) est censé faire peur.
Et il fait peur.
Surtout autour de la bouche, qui n'est pas complètement verte. Elle m'a fait penser à cet épisode des X-Files où une douve du foie prend une forme semi-humaine, semi-monstrueuse suite à des radiations nucléaires.
Ca donnait ça.

douve foie
(Attention : ne pas confondre avec un Voca People fatigué)

Quand j'ai évoqué cet épisode à l'entracte, le petit frère de mon amie Mawie a dit : "Ah oui, je l'ai vu quand j'étais petit, je devais avoir 6 ans. Ca m'a fait tellement peur !"
Plutôt que de sourire en lui disant "Tu es mignon", j'ai très vite répliqué : "Ah oui, moi, j'étais en CE 2, qu'est-ce que j'ai eu peur aussi !"
Note to myself : ne jamais évoquer de séries télés des années 90 si on ne veut pas donner des indications sur son âge. (Et pourquoi pas parler de Twin Peaks pendant qu'on y est ?)

Puisque l'on parle des années 90, Shrek vous fait retomber en enfance (notamment à cause du public) mais aussi parce qu'il fait appel à un imaginaire que seuls les enfants peuvent comprendre. Enfin, je crois.
Il y a des apiculteurs en noir qui font voler des papillons.
Il y a des apiculteurs en noir qui animent un dragon.
Il y a des apiculteurs en noir qui portent des branches d'arbre.
Il y a un concours de rots et de pets en guise de duo d'amour renvoyant "Aimer, c'est ce qu'il y a de plus beau" au rang de... au rang de quoi d'ailleurs ?
Et puis il y a cet objectif : Fiona souhaite briser la malédiction afin que son visage retrouve pour de bon la forme de l'amour.
Pour ma part, je ne voudrais jamais qu'un tel vœu se réalise.
J'aurais trop peur que ma tête devienne un iPhone.

Après deux heures trente de spectacle, mes amies Shangri-La (oui, elle a été conçue dans un hôtel Shangri-La et ses parents lui ont donné ce prénom, thank God it wasn't in a Formule 1) et Mawie ont fait leur debrief autour d'une tisane, au 71 rue de Clichy.
Un debrief bref.
"Ah, vous avez entendu à la fin de sa chanson, quand Lord Farquaad fait la vibe d'Elphaba, de "Defying Gravity", les quatre notes de fin... ? Ah - ah - ah - ah ? "
"Et vous avez remarqué la citation de "Rose's Turn" de Gypsy dans la chanson des personnages de contes de fées ?"
(Que pouvez-vous répondre à part "Evidemment, banane ! Maintenant, donne-moi ton speculoos si tu le manges pas.")
C'est ça le problème quand on va voir des comédies musicales avec des fans, ils ne s'intéressent qu'aux détails.
Mais Dieu n'est-il pas dans les détails ?

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Ajouter un rétrolien

URL de rétrolien : http://www.regardencoulisse.com/blog/index.php?trackback/371

Haut de page