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Bodyguard, le Musical (Critique)

Le lundi 12 février 2018 à 14 h 30 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Palais des Sports - 1 place de la Porte de Versailles - 75015 Paris - M° Porte de Versailles.
Dates : Du 2 février au 18 mars 2018
Horaires : Du mardi au vendredi à 20h. Le samedi à 15h et à 20h30. Le dimanche à 14h30.
Tarifs : De 37€ à 94€.

Avec Valérie Daure (Rachel Marron)
Benoît Maréchal (Frank Farmer)
Cylia (Nicki Marron)
Sofia Mountassir (alternante Rachel Marron)
Alain Azérot (Bill Devaney)
Enzo Ambrosini (Le harceleur)
Adaptation du livret: Nicolas Nebot et Ludovic-Alexandre Vidal
David Eguren : Metteur en scène résident
David Aubaile: Directeur musical résident

Ancien agent de l’US Secret Service reconverti en garde du corps d’élite, Frank Farmer est engagé pour protéger contre son gré la superstar Rachel Marron d’un harceleur anonyme. La diva n’est prête à aucun compromis, pas plus que le très professionnel «bodyguard» qui accepte la mission à contrecœur. Chacun pense qu’il va mener le jeu, jusqu’à ce que la belle et son protecteur se laissent surprendre par la naissance d’une histoire d’amour passionnée…

Notre avis:
Et si un garde du corps avait sauvé le Palais des Sports ? Dans la vaste arène du 15ème arrondissement, haut-lieu des spectacles « à la française », il était, jusqu’à présent, bien souvent difficile de sortir indemne des fresques musicales et autres shows tricolores. Frank Farmer vient peut-être de réconcilier le public avec la salle. Le plus célèbre bodyguard du monde semble, en tout cas, avoir rempli sa mission, avec cette comédie musicale venue tout droit d’outre-Manche, fidèlement transposée pour notre pays et présentée depuis le 2 février.
L’adaptation scénique du film américain, dont Whitney Houston a fait un mythe  –avec son « I Will Always Love you » entré dans la légende–, a vu le jour en décembre 2012 à Londres, signée Alexander Dinelaris (Oscar du meilleur scénario pour Birdman). Intégrant les hits incontournables de la chanteuse et une pincée de modernité, c’est ce show que le Palais des Sports accueille cet hiver. Un spectacle de qualité, entre romance et thriller, où le jeu, la musique et la mise en scène sont en tout point convaincantes pour suivre les tribulations de la star Rachel Marron, poursuivie par un mystérieux harceleur et qui joue au chat et à la souris avec son garde du corps. Soignée et réussie, c’est (enfin !) une offre digne dans ce temple des haut-le-cœur musicaux. Saluons d’abord les équipes françaises qui ont compris que la succession de tubes recelée dans l’œuvre se devait d’être respectée : Un très bon orchestre live de huit musiciens, –évènement s’il en est– est ainsi présent chaque soir pour accompagner tous les titres en version originale (les traduire eut été une hérésie). Servi par une acoustique impeccable, rarement vue dans cette salle, on ne peut que savourer « How Will I Know », « One Moment In Time », « The Greatest Love of All » ou « I Wanna Dance With Somebody ». Mais ces hits ne font pas tout. Dynamique et fluide, la mise en scène est efficace. C’est rapide, sans temps mort et assez captivant. Décors mobiles et effets de lumières, quasi en fondu enchainé, permettent, comme au cinéma, de passer instantanément d’une scène à l’autre. Une performance appréciable pour suivre au mieux l’héroïne, de la chambre de son fils à son studio d’enregistrement, en passant par le refuge forestier où la tension est à son comble, ou encore ses concerts déchainés. Malgré forces flammes, on déplorera cependant la difficulté d’en restituer l’ambiance et la frénésie, ainsi que les effets totalement ratés de certaines séquences au ralenti… éléments d’autant plus regrettables qu’ils apportent des pièces majeures à l’intrigue. Nul doute qu’ils seront corrigés au fil du temps.
Restaient les voix, LA voix pourrait-on dire tant le film est indissociable de son interprète phare. Totalement inconnue du public, la québécoise Valérie Daure (Rachel) campe une star plus humaine et apporte au rôle simplicité et fraicheur. Manquant parfois de souffle (dans son interprétation comme dans sa voix), elle se fait clairement voler la vedette par Cylia, (Nicki Marron, sa sœur sur scène). Celle qui fut en 2016, Sephora la femme de Moïse dans le retour des Dix Commandements est remarquable vocalement. Elle est incontestablement la révélation du show, éclipsant, sans difficultés, l’autre rôle principal, mais non chantant, Benoît Maréchal (Frank Farmer). « I Will Run », duo des deux sœurs, offre un vrai moment d’émotion dans un spectacle fait d’amour, de suspense et de strass.

Finement modernisée, propre, bien rodée, et musicalement magique, Bodyguard est une agréable surprise et une belle réussite. D’autant plus qu’elle ne repose sur aucune tête d’affiche, mais sur son simple titre, ce bodyguard qui décidément porte sur ses épaules une sacrée responsabilité. Rachel est sauvée, le spectacle aussi. Mission accomplie.

 

Informations et réservations: https://www.the-bodyguard.fr/

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