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Bond Symphonique (Critique)

Le dimanche 16 février 2020 à 14 h 24 min | Par | Rubrique : Critique, Nos coups de coeurs, Récitals, Concerts

Les 14 et 15 février 2020.
Le Grand Rex – 1, boulevard Poissonnière – 75002 Paris.

Bond Symphonique est le premier concert symphonique d’après les thèmes musicaux et les chansons des films de James Bond, interprété par 50 musiciens des orchestres Colonne et Musidrama et 2 chanteurs.

Notre avis : En assistant à ces deux soirées exceptionnelles, le public — des bondophiles avertis mais aussi des fans de musique de film, des nostalgiques du cinéma d’espionnage, des amoureux du concert… — ne cachait pas sa gourmandise. Celle de venir entendre de près et d’en frissonner— magie du spectacle vivant oblige —,  le fameux thème d’ouverture et les indémodables génériques immortalisés par Shirley Bassey, Tina Turner, Duran Duran, A-Ha, Paul McCartney…

On pouvait compter sur Prisca Demarez et Damien Sargue pour insuffler de nouveaux et puissants accents à ces chansons que tout le monde a dans l’oreille. Lui finit par prendre la pleine mesure de sa rock attitude en livrant un « You Know My Name » fulgurant. Elle convoque les icônes aux voix rauques qui l’ont précédée pour se révéler rugissante dans « GoldenEye », envoûtante dans « Diamonds Are Forever » et absolument irrésistible dans « Skyfall ».

À cette petite dizaine d’incontournables s’entremêlent d’intenses et somptueuses pages orchestrales, moins connues, mais qui savent recréer, sans l’aide des images, ces ambiances si typiques de l’univers de James Bond. Celles qui nous tiennent en haleine : les poursuites à ski, les ballets de capsules spatiales, les combats aquatiques, cet inquiétant pétrolier qui absorbe des bateaux… on s’y croirait ! Mais aussi le charme et la sensualité avec « We Have All the Time in the World », « Licence to Kill », « Mr. Kiss Kiss Bang Bang ».

Surtout que Samuel Sené — grand triomphateur de la soirée — se montre impeccable en maître de cérémonie qui sait charmer son public. À la tête de cinquante musiciens — un orchestre symphonique complété par une section rythmique — visiblement enjoués, il redonne vie à toute la diversité de la franchise 007. Passionnant, un peu à la façon d’un Bernstein dans les Young People’s Concerts, il explique quelques secrets ingrédients de la composition musicale. Passionné, il prend un plaisir manifeste, non sans humour et à travers de truculentes anecdotes, à raconter la genèse des morceaux présentés et à faire le lien entre les différents compositeurs qui ont mis la main à la pâte. John Barry en tête, mais aussi d’autres venus du monde de la comédie musicale, comme Lionel Bart (« From Russia with Love ») et Marvin Hamlisch (« Nobody Does It Better »), respectivement connus pour Oliver! et A Chorus Line.

Après les ovations nourries du public, le chef confie avec malice qu’il a déniché dans l’après-midi la partition de la chanson du prochain opus, No Time to Die, dévoilée seulement la veille au monde entier, et, généreusement, il s’installe au piano pour, accompagné de deux collègues musiciens, l’offrir en bis quasi improvisé, mettant ainsi en transe les spectateurs. Un événement triomphal.

Plus d’informations à propos de la tournée de Bond symphonique (hiver 2020-2021) sur la page Facebook de Bond symphonique.

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