Recherchez

Bruno Pelletier – Dracula plante ses crocs à Montréal

Le mercredi 1 mars 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Bruno Pelletier ©DR

Bruno Pelletier ©DR

Vous tenez actuellement le rôle-titre du spectacle musical Dracula, que vous avez monté avec Richard Ouzounian. Comment est née votre collaboration ?
Je caressais l’idée de réaliser un Dracula depuis plusieurs années déjà. Après l’expérience de Notre-Dame de Paris à Londres, j’ai eu besoin de reprendre ma carrière solo et, en 2003, pendant ma tournée au Québec, le producteur de Zone 3, Paul Dupont-Hébert m’a contacté, pour savoir si j’étais encore intéressé par les spectacles musicaux. En effet, j’avais refusé de participer à plusieurs d’entre eux. Peu de choses m’intéressaient. En revanche, j’avais un projet que je souhaitais réaliser et qui était Dracula. Monsieur Hébert connaissait Richard Ouzounian, de Toronto, qui avait déjà travaillé sur un Dracula dans le passé et voulait refaire une nouvelle mouture. Nous nous sommes rencontrés pour voir si nos personnalités allaient concorder et, ensuite, on s’est mis à bâtir un script. A partir du printemps 2004, je me suis mis à chercher les créateurs et la première annonce médiatique a été faite en octobre de la même année.

 

Vous vous êtes impliqué aussi dans la direction artistique du spectacle. Pourquoi ?
Si l’on prend ma carrière solo, j’ai toujours été mon propre directeur artistique ; j’ai toujours fait les mises en scène de mes spectacles. C’est un milieu de l’ombre. Les metteurs en scène, les directeurs artistiques et les auteurs sont des gens qui travaillent dans les coulisses et c’est un milieu qui m’intéresse beaucoup. Donc je voulais m’y impliquer. A l’origine, je souhaitais presque faire Dracula en tant que directeur artistique et à la mise en scène uniquement. Mais une des conditions des producteurs était que je sois le personnage principal, alors ils m’ont laissé la direction et le contrôle du navire.

Après Montréal et une tournée au Québec, quels sont vos projets avec Dracula ? Est-ce qu’une tournée en France, voire en Europe, est envisageable ?
Pour le moment, nous venons tout juste de débuter nos représentations à Montréal, et on tente d’intéresser des investisseurs et des producteurs étrangers pour qu’ils viennent voir le spectacle et qu’ils acceptent de le produire en Europe, en Asie et en Europe de l’Est peut-être. On parle du Canada anglophone aussi. Nous avons beaucoup de beaux projets mais, pour le moment, c’est encore à l’état embryonnaire. Nous sommes en train de réserver des billets d’avion pour les investisseurs et les producteurs.

La sortie de l’intégrale sur CD est-elle envisagée ?
En ce moment, on jongle avec l’idée d’une intégrale en CD ou bien en DVD. J’aimerais mieux faire un DVD. Ce sont des décisions qui vont se prendre, dans les prochaines semaines.

Croyez vous que le Québec va connaître un boom de la comédie musicale, comme ce fut le cas en France, au début des années 2000 ?
Je ne sais pas. Dracula est un des rares spectacles entièrement produits par des Québécois. La plupart des productions viennent d’ailleurs ou ont des investisseurs étrangers qui viennent au Québec car les coûts sont moindres même s’ils mettent beaucoup d’argent. Dracula est vraiment un spectacle québécois, produit par des Québécois, ce qui fait que les enjeux pour nous sont extrêmement importants. On se rend compte à quel point le marché du musical au Québec est fragile. Nous avons essayé de faire un spectacle solide qui, je pense, n’est pas juste un projet commercial, comme ce fut le cas d’autres spectacles. Donc nous avons pris un risque. Si les critiques sont mitigées ou si les billets ne se vendent pas, ça meurt rapidement et ce sont des sommes d’argent énormes qui seront perdues. De fait, il n’y a pas beaucoup de producteurs au Québec qui sont prêts à s’investir dans des spectacles de cette envergure.

Vous en êtes à votre quatrième comédie musicale : est-ce que c’est la direction que vous voulez donner à votre carrière ?
En fait, c’est la sixième, deux sont beaucoup moins connues : il y a eu les trois avec Plamondon, puis Dracula, mais il y a eu aussi, en début de carrière, deux autres musicals qui ont été beaucoup moins médiatisés mais qui étaient quand même des créations auxquelles j’ai participé. C’est arrivé par hasard, il n’y a rien qui me destinait au musical. Dans ma vie, je n’ai pas fait d’école du musical, je ne viens pas du tout du style « Broadway ». J’ai pris des cours de danse, plus jeune, fait du théâtre à l’adolescence, chanté dans les bars. Ensuite, j’ai démarré ma carrière en solo et, dans la foulée, sont arrivés des spectacles musicaux. Je me suis embarqué dans ces aventures et j’ai adoré ça. C’est une plénitude pour moi parce que c’est un mariage de plusieurs genres et moi, j’ai l’impression de m’exploiter totalement lorsque je fais du musical. Ceci dit, j’y suis arrivé par hasard, contrairement à d’autres qui veulent faire ce genre de spectacles. En ce qui concerne Dracula, être le directeur artistique et l’interprète d’un show que j’ai conceptualisé, c’est pratiquement l’un de mes plus gros projets de vie, et un grand défi personnel.

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : , ,

Laisser un commentaire