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Cabaret : première rencontre avec le cast ! – C’est la rentrée !

Le lundi 4 septembre 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Zoom

Catherine Arditi, Fabian Richard, Claire Pérot, le trio de tête de Cabaret © Reuters / Philippe Wojazer

Catherine Arditi, Fabian Richard, Claire Pérot, le trio de tête de Cabaret © Reuters / Philippe Wojazer

Rentrée des classes en uniforme
C’est une rentrée bien particulière au studio de répétions du musical Cabaret. Comme dans les cours d’école, ça papote, ça s’embrasse et ça s’agite. Mais ici, les (grands) écoliers arborent un dress code peu scolaire. Artistes et membres de l’équipe technique ou administrative sont tous vêtus de noir, perpétuant ainsi l’esprit classe et sexy du cabaret : il est alors facile de différencier les artistes et la presse, invitée ce jour là à découvrir le cast complet du spectacle.

Stéphane Huard, directeur général de Stage Entertainment France, accueille artistes et staff dans une ambiance conviviale : c’est l’occasion pour toutes les personnes impliquées sur le spectacle à différents niveaux de se rencontrer avant de démarrer les répétitions. Stéphane Huard annonce sa fierté d’amener à Paris « un des joyaux de Broadway » et révèle qu’au moment où il nous parle « il se vend un billet de Cabaret toutes les six minutes ! »

BT Mc Nicholl, le metteur en scène (qui va recréer la mise en scène originale de Sam Mendes), explique ensuite l’esprit de cette production vue par le prisme Mendes. « Il faut trois ingrédients majeurs pour cette production : un lieu (le cabaret), les Kit Kat Klub boys and girls qui assurent aussi un rôle de musiciens et enfin de très bons comédiens. Dans la configuration de cette production, les comédiens sont très exposés. Ce spectacle est une célébration du comédien et des spectateurs. Il était important de trouver des comédiens authentiques, vrais : ce spectacle est tout sauf mécanique, il doit avoir du coeur. Le résultat est humain, coloré, très drôle et très beau ! »

Avant de présenter la distribution au complet, Rijk Brouwer, producteur exécutif, rappelle quelques règles aux artistes de la troupe : fonctionnement des plannings, des listes de présence, ponctualité, etc, histoire de rappeler qu’un spectacle de cette envergure ne peut se faire sans un minimum de discipline.

Rencontre avec les artistes
Enfin, les journalistes découvrent le cast de façon officielle. Claire Pérot, remarquée dans Concha Bonita, incarnera Sally Bowles. Fabian Richard, vu notamment dans Les Dix Commandements, Titanic ou encore Belles belles belles sera le MC, le maître de cérémonies.
L’ensemble nous donne l’occasion de retrouver quelques noms familiers aux amateurs de théâtre musical comme Julie Victor, Catherine Arondel (Chance) ou encore Virginie Perrier (Frou Frou les Bains). Applaudissements, gâteau, séance de photos et les artistes enchaînent avec des interviews.

Fraîche et pétillante, Claire Pérot a obtenu le rôle très convoité de Sally Bowles pour lequel de nombreuses comédiennes (connues et moins connues) ont postulé. « Quand j’ai appris que j’étais choisie, ça a été une explosion de joie pendant deux ou trois jours, puis j’ai réalisé cette chance énorme que j’avais d’avoir obtenu ce rôle grandiose. Sally est une cinglée, mais une belle cinglée. Elle est en démonstration perpétuelle, elle se prend pour une actrice, pour une chanteuse, mais tout cela cache une grande fragilité, une profonde tristesse de ‘paraître’ plutôt que d’être’. De mon côté, j’essaie de rester très terre-à-terre par rapport à ce personnage pour ne pas me laisser grignoter par sa psychologie dans ma vie de tous les jours ! » La jeune femme a néanmoins pu rencontrer Liza Minnelli qui a immortalisé le rôle à l’écran. « Nous avons beaucoup parlé de Sally. Liza Minnelli est quelqu’un de passionné : par son métier, par ses rôles, par sa vie. Elle m’a fait partager sa passion en toute humilité. Elle n’est pas un grand nom pour rien ! »

Autre rôle majeur, celui du MC, incarné dans cette production par Fabian Richard. « J’ai rarement cru autant en mes chances d’obtenir ce rôle, confie-t-il. Plus j’avançais dans les auditions, plus je me disais que ce rôle était pour moi ! Le MC est un personnage extravagant, joyeux et en même temps, profondément meurtri, à l’image du Berlin de l’époque. C’est un personnage dans lequel je peux exprimer toutes les facettes de ma personnalité, y compris certaines qui n’ont jamais été exploitées, comme le côté extraverti ou à l’inverse, le côté sombre. »

Si Catherine Arditi est une figure incontournable des scènes françaises, c’est néanmoins la première fois qu’elle se frottera à l’univers du théâtre musical. Elle incarnera Fraulein Schneider, la logeuse. « Quand Ashley Haussman, la directrice de casting, a appelé mon agent pour me proposer de passer l’audition j’ai tout de suite dit non, se souvient-elle. Je ne voulais pas me couvrir de ridicule avec les Américains sur le terrain de la comédie musicale. Je suis trop perfectionniste pour ça. Ils m’ont alors proposé de travaillé un mois avec le directeur musical pour passer l’audition. J’ai donc beaucoup travaillé, c’était dur ! Même si j’ai pris des cours de chant pour un projet, il y a dix ans, là, j’étais confrontée à des choses que je ne connaissais pas. Ensuite, j’ai passé l’audition, et j’ai été engagée. Pour moi, la comédie musicale, c’est un rêve. Et là, je suis dans la réalité du rêve ! Je dois me pincer quand je me réveille le matin ! Je n’avais jamais pensé que je me retrouverais là un jour. »

L’équipe artistique américaine, BT McNicholl, metteur en scène, Susan Taylor, chargée de l’adaptation de la chorégraphie originale, et Fred Lassen, directeur musical de la production originale, semblent ravis de leur distribution. « Nous n’étions pas sûrs de trouver des artistes qui puissent à la fois jouer la comédie, chanter, danser et jouer d’un instrument, déclare Lassen. Et finalement, nous avons une distribution fantastique. »
« Le processus des auditions a été plus long que prévu car nous avions placé la barre très haut et nous ne voulions pas nous contenter de peu, admet McNicholl. Nous avons été très étonnés par la qualité du jeu d’acteur, supérieur à tous les autres pays où nous avons monté le spectacle. Quand Claire a auditionné pour Sally, j’avais l’impression de n’avoir jamais entendu la chanson auparavant, et Dieu sait si je l’ai entendue ! »
« De façon générale, il y avait beaucoup d’âme dans les interprétations, ajoute Taylor. »

Immersion complète

Les Folies Bergère relookées en Kit Kat Klub © Stéphane Kerrad

Les Folies Bergère relookées en Kit Kat Klub © Stéphane Kerrad

Pour accueillir ce spectacle, il fallait un lieu adéquat. Les Folies Bergère seront cet écrin. Cet été, la célèbre salle parisienne s’est transformée en Kit Kat Klub : ambiance tamisée, petites tables et abats jours rouges à l’orchestre, tout est fait pour immerger complètement le spectateur dans l’ambiance d’un cabaret interlope. Et alors que les travaux sont en cours de finition, le résultat est déjà stupéfiant. Les Folies Bergère ont un nouveau visage, tout en gardant ce style si particulier de grandeur et de sophistication délicieusement surannée.

« Ce qui est excitant dans ce concept, explique Taylor, c’est que le public participe au spectacle. Il a l’opportunité d’être complètement impliqué dans cette atmosphère décadente. »
« Cette différence est notoire avec le film, souligne McNicholl. Quand on regarde le film, on reste en dehors. Ici, le spectateur fait partie intégrante de l’oeuvre. Il peut d’ailleurs venir plus tôt et prendre un bon verre de vin avant d’apprécier le spectacle ! C’est tout l’esprit du cabaret. »

En attendant d’intégrer les lieux, la troupe se prépare à répéter dans le studio. Mais au milieu de l’agitation, deux personnes semblent plus sereines, et pour cause : leur travail est déjà fini. Jacques Collard et Eric Taraud ont adapté respectivement le texte et les lyrics. Pour eux, le plus dur est fait. « La difficulté a été de retrouver les couleurs, l’atmosphère, les mots des années 20, raconte Collard. Mais une fois cet obstacle contourné, tout est venu naturellement. »
« Il faut aimer rester huit heures sur une rime, ajoute Taraud, sinon ce n’est pas la peine de faire ce métier ! Mais parfois, le fait de trouver un mot peut faire ma journée ! Cependant, le fait d’avoir vu deux fois la mise en scène de Sam Mendes à New York m’a aidé à trouver certains mots. Maintenant, je vais pouvoir aller voir les répétitions, voir les autres prendre le relais. J’aime bien entendre les mots, en discuter avec les chanteurs qui peuvent avoir une difficulté sur telle ou telle voyelle, ou avec Daniel Glet, le directeur musical, afin de faire des ajustements éventuels. »

C’est la fin de la matinée. Pour la troupe, direction la « cantine » d’en face. Les présentations d’usage sont terminées. A 14 heures commenceront les vraies répétitions. Comme l’a signalé Stéphane Huard, il reste 52 jours avant la « première de gala » du 26 octobre. Bon courage !

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