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Camille Turlot présente ses Indifférents

Le lundi 1 mars 2010 à 19 h 09 min | Par | Rubrique : Rencontre

Camille Turlot

Camille Turlot

Pouvez-nous présenter le spectacle ?
Les indifférents, ce sont cinq personnages (une grosse, un bègue, une black, un fumeur et un monsieur-dame) qui se sentent discriminés et cinq non-personnages, le chœur des indifférents, qui les jugent et narrent l’histoire. On va suivre tout ce petit monde sur six mois, le temps de comprendre ce qui les relie, ce qu’ils cachent et de transformer les clichés de départ en êtres humains.

Pourquoi avoir choisi ce thème ?
La différence ? Ouh là, vaste question ! Philosophiquement, il y aurait pas mal de choses à dire sur l’importance du rapport à l’autre, du droit à la différence… En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’à une époque où on nous parle d’identité nationale, il y a d’autant plus urgence à parler de différence.

Comment est né le projet ?
Après Epouse-moi !, Eric et moi avions très envie d’écrire autre chose ensemble sans pour autant faire un Epouse-moi ! 2 qui n’aurait pas eu de sens. Alex et Mathilde avait été ce couple « glamour » classique de comédie musicale et nous voulions quelque chose d’aussi beau, mais avec des personnages plus visiblement cassés par la vie. C’est en voyant Jerry Springer, The Opera que nous avons commencé à fantasmer sur une jeune première « grosse » ou sur une belle histoire d’amour positive entre deux hommes. Le film Collision de Paul Haggis (sur le racisme à Los Angeles) nous a influencés quant à la forme chorale du récit. Le tout, bien frappé et en chansons, donne Les indifférents.

Présentez-nous l’équipe.
Alors, sur scène, il y a Virginie Bracq (qui jouait dans Epouse-moi !) – notre jeune première grosse – Nelly Célérine (du Roi Lion) – la « black » – Emmanuel Curtil (une des voix de doublage françaises les plus connues) qui paradoxalement joue le bègue, Fabrice Fara en fumeur. J’interprète un monsieur-dame et Eric Szerman est au piano. De l’autre côté, Stéphane Cottin (Qui est Monsieur Schmitt ? à la Madeleine) nous met en scène.

Comment s’est déroulé le processus de création « à 4 mains » ?
En bonne intelligence ! Nous avons pensé et construit l’histoire ensemble, en brainstormant à l’aide de fiches bristol (véridique !). Ensuite Eric s’est intéressé à toute la partie musicale et moi au livret et paroles des chansons, sans pour autant avoir peur d’empiéter sur le terrain de l’autre, dans l’intérêt général du projet.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la scénographie et sur ces fameuses boîtes ?
Ah, les boîtes ! Alors ça, c’est l’idée de Stéphane Cottin, le metteur en scène. Prenant sciemment au pied de la lettre l’idée que nos cinq personnages sont, au départ, enfermés dans des carcans, des boîtes, il a basé toute la scénographie sur cinq boîtes en plexi sur roulettes dans lesquelles les personnages peuvent évidemment entrer et que chacun manipule au fil de la pièce pour former les différents décors, l’impact étant renforcé par le système de vidéo-projection directe sur les boîtes. Il en parlerait beaucoup mieux que nous mais tout ce qu’on peut vous dire, c’est que ça marche et que c’est assez bluffant.

Au-delà de l’aspect artistique, le spectacle est associé à un projet pédagogique de sensibilisation au droit à la différence. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le projet s’appelle « Nous ne sommes pas indifférents ». Au départ, nous avons répondu à un appel à projets de la Région Ile-de-France concernant la lutte contre la discrimination. Il s’agissait d’organiser des « représentations-débats » autour de la pièce à l’attention d’associations et de centres sociaux de la région. L’action s’est déroulée dans le courant de l’année 2009 avec un bel accueil de la part des publics visés.

Quelques mots de conclusion à quelques jours de la première ?
Ca y est, on y est. La pression monte, forcément. J’aurais évidemment du mal à être objectif quant au contenu de la pièce, mais tout ce que je peux dire c’est qu’avec tout l’aspect technologique de la scénographie, les chants en chœur, l’histoire chorale, je pense pouvoir affirmer que Les indifférents est une pièce assez unique en son genre. A vous de juger, bien entendu !

Pour en savoir plus :

Le site du spectacle

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