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Chansons sans gêne (Critique)

Le lundi 20 mars 2017 à 8 h 18 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts

Lieu : Théâtre de la Vieille Grille - 9 rue Larrey - 75005 Paris - M° Place Monge ou Censier.
Dates : Du 11 au 27 mars 2017.
Horaires : Samedi à 18h. Dimanche à 17h. Lundi à 20h30.
Informations supplémentaires : 01 47 07 22 11 (répondeur) e-mail : vieillegrille@gmail.com

chansons-sans-geneRésumé : Poursuivant toujours son exploration du parlé chanté, Nathalie Joly présente à la Vieille Grille le troisième volet de sa trilogie sur Yvette Guilbert dans une mise en scène de Simon Abkarian, créé à Marseille puis au Théâtre de la Tempête en mai 2016. Ce nouveau spectacle fait suite à « Je ne sais quoi » (1er épisode d’après la correspondance entre Yvette Guilbert et Freud) et « En v’là une drôle d’affaire  » (2ème épisode sur l’art du parlé chanté). Dans la maturité de sa vie et de son art, Yvette Guilbert, la Reine du café-concert, débute à 61 ans une carrière cinématographique éblouissante sous la direction de Tourneur, L’Herbier, Murnau… Elle puise sa vitalité en continuant à s’opposer, à contre-courant des stars hollywoodiennes, aux lois de la mode et de l’image, et prolonge par l’écrit, les émissions radiophoniques et les conférences son combat en faveur de l’émancipation des femmes. Yvette Guilbert est une femme multiple, exploratrice de la scène et donc de la vie.

 

Notre avis : Retrouver Nathalie Joly explorant l’univers tellement riche d’Yvette Guilbert est toujours gage de qualité, d’exigence. Ce troisième volet, bâti de manière plus lâche que le premier, évoque la disparition, la mort… Le pianiste, telle l’incarnation de la conscience de la chanteuse et tragédienne, la titille, la provoque. Si le discours peut paraître parfois compliqué à suivre, mieux vaut se laisser bercer par l’ambiance qui se dégage de ce cabaret sulfureux, surtout lorsque Nathalie Joly entonne les airs plus ou moins connus de son héroïne : quelque chose se passe instantanément, absorbant le spectateur. Cela est d’autant plus vrai que le chant est épuré, moins lorsque la chanson est illustrée (« les amis de Monsieur », par exemple). Et ce spectacle, qui ne manque pas de force, de se terminer avec la lecture d’une lettre datée de 1938, interpellant le politique sur la fragilité de l’artiste, dont le rôle social important ne trouve pas de compensation dans la manière dont il est considéré. Un appel courageux qui résonne étrangement de nos jours…

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